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 Vagues élucubrations

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The shadow
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MessageSujet: Vagues élucubrations   Sam 15 Oct - 18:37

Voici deux textes écrits dans le même esprit et le même contexte. J'avais dis à Liam que je posterais ça.
Le poème en introduction du deuxième texte n'est pas de moi le reste l'est.

...




Un soupçon de mort



On ne peut retenir la mort éternellement
Il faudra bien un jour que nous l'acceptions
Mais ce serait dommage de la voir venir sans rien tenter.



Les derniers rayons de soleil jouaient entre les tombes, fatigués ils glissaient joyeusement et les ombres s'étiraient, immenses croix plantées en rangées, comme semées par un jardinier lugubre. Un vieil homme vêtu de noir quittait le cimetière, une pelle sur l'épaule. Il rentrait chez lui après une journée au service des morts, il s'en allait dormir, il s'en allait mourir, un peu plus chaque soir. Parfois il avait pensé à quitter cet endroit, renaitre ailleurs, mais il faut bien vivre. Et mieux valait une vie autour de la mort qu'une vie d'errance. Du moins c'est ce qu'il avait toujours pensé.
Sur le chemin qui menait au cimetière une jeune fille, arrivait en sifflotant un air léger. Elle croisa le vieil homme, salua, mais le vieil homme n'avait même pas semblé entendre. Juliette continua son chemin. Elle passa le portail de fer toujours ouvert et entra dans le cimetière. « C'est un peu triste cet endroit » pensa t elle en constatant que peu de tombes étaient fleuries, « pour une dernière demeure ça manque de couleur », «je verrais bien des roses ici, et là... ces croix je la verrais bien en rose... et ce gris, ce marbre, ça manque de vie tout ça ». Elle décida d'aller chercher des fleurs dans les champs aux alentours pour égayer l'endroit.
Elle avait cueillis assez de fleurs pour une dizaine de bouquets quand elle commença à se diriger vers le cimetière. La nuit était tombée et c'est à la lueur de la lune qu'elle se dirigeait. Arrivée en vue du cimetière elle se demanda si elle ne rêvait pas, de la lumière semblait provenir de l'intérieur, comme si quelqu'un avait allumé un feu. Elle avança. Il lui semblait à présent percevoir une mélodie, une guitare et une flûte celtique mêlant leur musique. Ni triste, ni gaie, juste belle. Cette mélodie semblait venue d'ailleurs. Juliette, intriguée passa le portail. Autour d'un feu quatre enfants étaient assis en rond, une fille et trois garçons dont deux jouaient de la musique.

_ Je peux me joindre à vous ?
_ Bien sûr, répondit celui qui jouaient de la guitare.
_ C'est beau cette musique.
_ Merci, répondit le guitariste avec un sourire.
_ Ces fleurs c'est pour décorer l'endroit ?
_ Oui je trouvais ça un peu triste.
_ Nous nous faisions justement la même remarque.
_ Nous sommes les enfants des étoiles, et lui c'est John un ami. Et toi quel est ton nom ? Demanda la fille aux cheveux blonds.
_ Juliette.
Pendant que les enfants faisaient connaissance, le guitariste reprit sa chanson:

Tonight, I'm still wandering
I don't even know
For how long I've been on the road
I just love the way the sky is shinning
While the little lights are dancing.
So light the way,
It's time to go away
So light the way,
It's time to go away
Do you hear the music
And the Voice,
It still lead us to the light.

Après quelques heures les enfants sombraient dans un sommeil délicieux et de petites flammes s'endormaient tour à tour, tandis que, derrière leurs paupières closes, s'allumaient de nouvelles lumières. De nouveaux soleils pour de nouveaux horizons.
Au milieu de la nuit alors que la lune atteignait le sommet de sa trajectoire, les cinq dormeurs furent réveillés par des éclats de rire. A peine étonnés les enfants assistèrent alors à un bien étrange spectacle. Au milieu du cimetière devenu méconnaissable des couples de squelettes en habits de toutes couleurs dansaient une valse colorée. Plus loin sur un caveau, un groupe de squelettes musiciens s'était improvisé une scène pour jouer de leurs magnifiques instruments. Des guirlandes de toutes couleurs étaient suspendues entre les tombes et des pétales de rose tapissaient le sol.

_ C'est pour nous ces fleurs ?
Une femme, ou plutôt, un squelette vêtu de rose, portant un chapeau orné d'une plume venait de s'adresser à Juliette, avec une voix étonnamment douce.
_ Oui... Madame.
_ C'est gentil d'avoir pensé à nous mon ange.
_ Mais, qui êtes vous ?
_ Nous sommes les habitants de ces lieux.
_ Les habitants de ces lieux ?
_ Oui. Le jour, les lieux appartiennent aux vivants et aux souvenirs, la nuit les lieux nous appartiennent. Le jour pour se recueillir, la nuit pour s'amuser.
Comme aucun enfant ne répondait, la femme reprit.
_ Et bien quoi ? Les morts n'auraient pas le droit de s'amuser ? Vous savez, l'éternité c'est long sans un peu de fantaisie. Vous buvez quoi mes chers petits ? Cette nuit vous êtes nos hôtes.
Une planche avait été posée entre deux tombes et servait de table, on pouvait apercevoir toutes sortes de bouteilles, certaines déjà bien entamées. Accoudés à une tombe, une fiole de rhum posée entre eux, deux squelettes discutaient de la meilleure façon de finir un poème qu'ils avaient composé eux même:
_ Moi je te dis qu'il vaut mieux finir sur Et ainsi nous irons, par les sentiers obscurs.
_ Non je vois plus ça, Morts, au milieu des étoiles au parfum d'azur.
_ Je trouve que ça fait une rupture trop brutale par rapport au sens général du poème.
_ Justement ça peut créer un effet de surprise chez le lecteur.
Juliette qui s'était approchée intervint:
_ Et si vous laissiez ce poème comme ça ? Ce serait à chacun de s'imaginer une suite.
_ La gamine a raison, allez, reprenons encore un peu de ce rhum.

Plus loin un groupe de squelettes jouaient au dés, en chantant en coeur.

Le miroir reflétait son blanc visage,
Gouffres tourmentés, mystérieux rivages
Ses yeux vides pleuraient un silence noir
Où venaient mourir les oiseaux du soir.

Un vent glacé sifflait entre les tombes
Demeures de marbres où les vivants succombent,
Sommes nous les seuls à jouer en ces lieux ?
Les ombres errantes maudissent les cieux.

Un vent monotone sifflait entre les croix
Chassant de blancs insectes aux yeux de verre
Attirés par la mort, ils vont, sortis de terre
Pressés de gouter au festin des rois.


Le miroir reflétait son beau visage,
Gouffres tourmentés, mystérieux rivages
Ses yeux vides pleuraient un silence noir
Où venaient mourir les lumières du soir.

Entre le feu et la scène, les danseurs faisaient claquer leurs os aux rythme de l'accordéon. Dans un mélange de soie et de rires, les étincelles semblaient vouloir remplacer les étoiles. L'alcool réchauffant les coeurs et troublant les esprits, les danseurs finirent par se faire plus rares et les coins d'ombres occupés par les couples. Les os s'emmêlaient, les corps s'entassaient dans les tombes par deux ou trois, parfois plus, comiques et pourtant sublimes.
Peu à peu le feu s'éteignit et les derniers squelettes rentrèrent se coucher rendant au cimetière son silence tranquille. Le jour n'allait pas tarder à arriver et la dame en rose était la seule encore dehors, elle semblait perdue dans ses pensées, Juliette et les enfants des étoiles s'approchèrent d'elle pour prendre congé:

_ Alors les enfants vous vous êtes bien amusés ?
_ Oui madame.
_ J'en suis ravie. Vous voyez, la mort ce n'est pas aussi triste que ce qu'ils en disent. Mais n'allez quand même pas croire que tout est beau dans la mort. Croyez moi, rien ne vaut la vie. Alors profitez en. Allez, filez, l'infini vous attend.
Sur ces mots les enfants partirent, insouciants et rêveurs.

Alors que les premiers rayons de soleil se levaient et que les squelettes étaient déjà retournés à leur sommeil éternel, le vieil homme arriva au portail du cimetière. Aujourd'hui il aurait du travail pour rendre aux lieux leur tristesse monotone.


_________________
Quand je vois Aphrodite, je pense à « hermaphrodite » et du coup j’imagine un escargot.


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The shadow
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Sam 15 Oct - 18:38

Le sentier des étoiles




"Étoiles de ténèbres, perles de marbre éteint

Reines d’amertume qui soupirent au loin…

Vers la lune, dame d’argent dans son voile de nuit

Immortelle témoin d’un temps qui déjà fuit


Vaincra t-il, Apophis resplendissant de noir

Le baiser de lumière, murmure du temps qui passe

Son souffle qui s’arrête quand pâlit leur espoir

D’un destin qui se cherche, perdu entre deux astres ?

Dans le jour naissant les étoiles sombrent

Vaincue, la gloire d’un monde d’ombre

S’efface… et dans le firmament la reine blanche s’endort


Des cendres de ces rêves s’élève un astre d’or


Il s’envole, grandiose, emportant avec lui

Une heure nommée aube et sans le moindre bruit

La nuit s’endort enfin, le ciel déjà pâlit… "


***


We were standing here, looking to the lights in the sky...



La nuit était douce et le ciel plein d'étoiles. Assis en haut d'une dune, les cheveux blonds flottant au vent, je laissais mon regard se perdre dans l'immensité de l'océan. Je ne me lassais jamais du ballet des vagues, il y en avait toujours une plus audacieuse que les autres, toujours une pour s'élever plus haut, éclater en milliers de gouttes d'écumes. Inlassablement elles dessinaient des figures nouvelles. C'était comme un tableau, une aquarelle toujours en mouvement, comme si l'artiste, ne voulant se résigner à figer l'instant, avait laissé la toile décider à sa place, goûtant ainsi plus longtemps aux saveurs de l'éphémère.
Soudain le vent m'apporta l'écho de rires, des rires d'enfants. Je tournais la tête et je les vis en bas des dunes. Ils étaient trois, ils semblaient avoir mon age et jouaient à la marelle. Surpris de croiser d'autres enfants en ces lieux à une heure aussi tardive je décidais d'aller voir le jeu de plus près:
_ Bonsoir, moi c'est John, je peux jouer avec vous ?
_ Salut le nouveau! Bien sûr que tu peux nous rejoindre.
C'était le plus jeune qui avait répondu. Il y avait deux garçons et une fille aux cheveux blonds, ses jolis yeux bleus me dévisageaient attention. Elle demanda:
_ C'est toi qui vis derrière les collines d'argent ?
_ Oui.
_ Nous sommes passé la nuit dernière devant chez toi, on a entendu quelqu'un jouer de l'harmonica. C'était joli comme air, ça m'a rappelé les mélodies de là bas.
Les deux autres enfants acquiescèrent.
_ Là bas ?
_ Là haut.
Elle avait dit ça en montrant le ciel.
_ Vous êtes les enfants des étoiles ?
_ Certains nous appellent comme ça... bon, on joue ?
Et le jeu reprit avec un joueur de plus. Au bout d'un moment, fatigués, nous nous sommes allongés dans le sable, les yeux plongés dans l'infini.
_ Vous croyez qu'on rentrera un jour chez nous ? Demanda Jean, le plus jeune.
_ Je n'en sais rien, répondit Isa, la jeune fille.
Après un court silence, Cârl proposa des bonbons argentés, nous acceptions avec joie.
_ Pourquoi ils ont un si bon gout ces bonbons? Demandais je.
_ Ce sont des morceaux de lune, on en prend des fois pour se souvenir de chez nous.
_ Tu entends cette mélodie ?
En effet, je percevais une mélodie et une voix, très lointaine, très pure.
_ Oui.
_ Elle n'est pas réelle, elle vient de ton imagination, nous l'entendons tous, mais différemment. Par contre la voix est la même, nous l'appelons la Voix. Elle est notre guide.
_ Depuis combien de temps errez vous dans ce monde ?
_ Aucun d'entre nous ne s'en souviens, chez nous la notion de temps n'existe pas car tout n'est qu'infini.
_ Vous reviendrez demain ?
_ Non John, nous partons à l'aube, nous devons continuer notre errance.
_ Pourquoi ?
_ Nous n'en savons rien, mais c'est la Voix qui nous dit de continuer.
_ Je peux vous accompagner ?
_ Si tu veux. Mais faut pas avoir peur de dormir dehors.
_ J'ai toujours aimé laisser la nuit me bercer.
_ Parfait.


Le lendemain à l'aube nous étions debout et repartions sur des rêves inachevés. Après avoir marché quelques heures sur un sentier étroit le terrain s'est fait plus plat et les toits d'une ville sont apparus à l'horizon. Plus nous approchions de la ville et plus la végétation se faisait rare. Nous étions arrivés suffisamment près pour voir distinctement les premières constructions de béton, Isa s'est arrêtée, imitée par Cârl et Jean:
_ J'ai pas envie de passer par là, a t elle dit. Ça me fait peur cet endroit. Tout est gris, l'air est lourd. Et les gens sont bizarres.
_ Bizarre? Répétais je.
_ Ils semblent toujours pressés, comme si quelque chose leur faisait peur. Comme s'ils essayaient de rattraper quelque chose. Ils semblent prisonniers de l'invisible.
_ Oui, ils ne semblent pas réellement vivre, continua Cârl.
_ On peut contourner la ville si vous voulez.
_ Oui ce serait mieux.

Les jours passaient, les nuits brillaient, les étoiles filaient et le monde pleurait.
Un jour à l'approche d'une ville nous sommes arrivés à une aire de jeu abandonnée, sur le sable reposait un bateau en bois.
_ J'ai envie de jouer! lança Jean.
_ Cârl t'es le capitaine! Répondit Isa.
_ Arcady, nous voici !
Et nous sommes partis nous installer, chacun à son poste, voyageurs aguerris prêts à braver le néant. Après quelques minutes voilà que nous luttions déjà contre une mer en furie. De sombres vagues de plusieurs mètres venaient malmener notre navire, manquant de nous échouer sur des rochers imaginaires, je faillis même tomber par dessus bord. Enfin la mer se fit plus calme, mais nous échappions de peu à des pirates sanguinaires, ivres de rhum.
La nuit était tombée et nous commencions à émerger de nos lointains voyages aux cieux éphémères.
_ On dort ici les garçons ?
_ J'aime bien l'endroit.
_ Moi aussi !

Ainsi passaient les semaines, rythmées par nos jeux et nos rêves de gamins. Nous marchions au hasard, au rythme de nos vers, nous allions où nous portait le vent. Tout était prétexte à jouer et poétiser. Le monde entier était notre terrain de jeu. L'infini notre seule limite.
Nous errions ainsi depuis un peu plus d'un an. Un soir alors que nous venions de finir les derniers morceaux de lune, la Voix s'est faite plus précise, comme plus proche. Au milieu des accords nous pouvions l'entendre chanter, rassurante:

Le cœur plein de poésie,
Nos rires résonnaient dans la nuit.
Observant la danse des étoiles,
Rêveurs, nos yeux brillaient si fort.

Les couronnes de l'Impératrice
Fleurissaient sous les rayons de lune,
Tandis que nous inventions
Des empires sans frontières.

La rose d'argent, flottait
Dans ses longs voiles de brume
Nous guidant vers la lumière
Sur les chemins de la fantaisie
.


Le lendemain nous avions marché quelques heures avant d'arriver en haut d'une colline. La vision avait quelque chose de féerique; perchée sur une colline une vieille bâtisse aux murs de pierre plusieurs fois centenaires semblait flotter sur la brume. La forêt sombre qui entourait le lieu contrastait avec la lumière qui éclairait la demeure. Le paysage semblait conscient de sa beauté et ne se lassait pas d’attirer les regards émerveillés des voyageurs. Alors que nous restions là sans bouger à contempler la magie du paysage, un petit nuage gris qui volait assez bas s’arrêta au dessus de la demeure pour y déverser une pluie fine et délicate, sous les rayons de soleil chaque goutte d’eau brillait comme un diamant. Soudain, au milieu de cette pluie de diamants, apparut un arc-en-ciel. Nous constations avec étonnement que celui-ci traversait la demeure dans toute sa longueur, il entrait par une fenêtre pour réapparaitre par une autre située à l‘opposé. Émerveillés nous décidions d’aller voir cette étrange demeure, se disant que cela devait être fantastique d’y habiter.
Après quelques minutes de marche à travers les arbres chevelus et les rochers moelleux nous sommes arrivés devant un portail, l’entrée de la demeure à n’en pas douter. En effet le portail fait de bois orangé était encadré par deux petites tours de la hauteur d’un homme reliées entre elles par une sculpture de verre coloré représentant un arc-en-ciel. Isa ravie par la beauté de cette entrée poussa un cri de surprise. Jean ouvrit le portail et nous passâmes sous l’arc-en-ciel de verre. Remontant alors le long d’une allée au milieu d’un jardin merveilleusement bien entretenu où des roses de toutes les couleurs se mélangeaient aux lys argentés. Plus loin de jolis jets d’eau jaillissaient de fontaines et allaient se jeter avec un bruit enchanteur dans des bassins emplis de nénuphars dont les fleurs roses rajoutaient à la fraicheur des jardins. Au milieu de tout cela, tel un ballet d’étincelles, une myriade de papillons et de libellules multicolores allaient de fleurs en fleurs se laissant porter par des courants d’air délicieusement parfumés.
Nous étions arrivés devant la porte d’entrée de la bâtisse, Isa voulu frapper afin de prévenir les éventuels habitants mais à sa grande stupeur sa main ne rencontra aucune résistance, sa main avait traversé la porte qui semblait pourtant faite de bois massif. Surpris nous passions à travers la porte sans l'ouvrir pour nous retrouver dans un hall d’entrée, face à un large escalier de marbre. L’espace de quelques secondes je me demandais pourquoi nous nous trouvions là dans une maison qui n’était pas la notre alors que personne ne nous avait invité à entrer. Mais je chassais bien vite cette question de mon esprit. Nous avons immédiatement emprunté l'escalier de marbre, puis une échelle étroite qui semblait mener au dernier étage. Au bout d'un couloir une porte était entrouverte, nous sommes entrés. Un homme âgé se tenait au centre de la pièce devant une étrange machine faite d'engrenages de toutes tailles. Un arc-en-ciel entrait par l'unique fenêtre et allait taper sur des hélices en verre, ce qui entrainait leur mouvement et semblait procurer de l'énergie à toute la machine. Le vieil homme, remarquant notre présence:
_ Bienvenu dans mon atelier.
_ J'espère que nous ne vous dérangeons pas, nous n'avons...
_ Ne vous en faites pas, je vous attendais. Vous êtes les « enfants des étoiles », la Voix m'a prévenu de votre visite. En revanche elle m'a dit que vous n'étiez que trois.
_ John nous accompagne, a alors dit Jean.
_ Bien, très bien. Mais au fait voudriez vous un peu de thé ?
_ Volontiers monsieur.
_ Avec une ou deux gouttes d'étoile ?
_ Deux pour moi, a répondu Isa.
_ Pareil pour moi, avons nous répondu.
_ Bien, très bien. Maintenant laissez moi vous présenter ma machine à fabriquer des rêves, je l'ai appelée le Tisserêves Vous voyez cet arc-en-ciel ? Il entre par cette fenêtre et permet de faire tourner ces pales, ce qui entraine ces engrenages, c'est comme pour un moulin à eau, mais en plus beau.
_ Et quand il n'y a pas de soleil, comment faites vous ? Demandais je.
_ Il fait toujours beau ici, cet arc-en-ciel est éternel.
_ Mais a quoi sert cette belle machine monsieur ? Demanda Jean.
_ A créer du rêve gamin. Les hommes ne savent plus rêver par eux même. Leurs espoirs de réussite, et de consommation ont chassé le rêve de leurs cœurs. Seule la nuit me permet de leur rappeler le véritable goût de l'évasion, de ce qu'ils appellent à tort « la folie ». J'invente pour eux, je crée pour eux, pour ne pas qu'ils oublient. Dans l'espoir qu'un jour, ils se réveillent enfin de leur sommeil destructeur et sans couleur. Dans l'espoir qu'ils puissent se remettre à rêver par eux même.
_ Mais est ce que les Hommes ont un jour su rêver ?
_ Je l'espère gamin, je l'espère...
Après un court silence le vieil homme reprit.
_ Demain je vous montrerai comment rentrer chez vous, en attendant, ma maison est la votre.
_ Nous rentrons demain ?
Le gardien des rêves acquiesça.

Nous avons passé la nuit à jouer, dans le jardin au milieu des milliers de fleurs. Mais j'étais un peu triste, car je savais que là où ils allaient je ne pourrais suivre mes camarades. J'étais heureux pour eux mais mélancolique. Isa avait dû le sentir car elle me demanda ce qui n'allait pas:
_ Je suis heureux pour vous, vous allez enfin rentrer chez vous. Mais je ne peux empêcher mon cœur de se serrer en pensant que je ne pourrais vous suivre.
_ Ne sois pas triste, tu appartiens à ce monde. Je sais que tu le trouve étrange et difficile à comprendre, mais au milieu de l'obscure absurdité qui semble régner ici il y a une flamme qui ne demande qu'à grandir, une lueur fragile qui mérite que l'on continue à lutter en son nom. Tu as l'âme d'un poète et la fantaisie dans le coeur, montre leur la voie, le chemin vers l'infini et la beauté.
Sur ces mots elle a déposé un léger baiser sur ma joue et m'a entrainé par la main, puis nous avons rejoins Cârl et Jean. La nuit est passée, teintée par les vapeurs colorées échappées de nos rêves.

Le lendemain matin nous avons suivi le gardien des rêves jusqu'à une plage, non loin de la demeure. Une embarcation de taille modeste attendait, couchée sur le sable blanc.
_ Voilà ce qui vous permettra de rentrer chez vous.
Isa, Cârl et Jean remercièrent le vieil homme.
_ C'est un plaisir de vous avoir rendu service. Ce soir quand apparaitront les premières étoiles vous devriez être suffisamment loin pour pouvoir rejoindre les cieux.
Nous avons mis l'embarcation à l'eau. Nous avons faits nos adieux. Les enfants des étoiles sont montés et l'embarcation a commencé à s'éloigner, poussée par le vent. Les larmes ont roulé sur mes joues tandis que ceux qui avaient été mes camarades de jeu pendant un an disparaissaient à l'horizon. Je n'avais pas entendu le gardien des rêves s'approcher de moi. Il posa une main sur mon épaule.
_ Isa m'a laissé ça pour toi, dit il en me tendant une plume rose, elle m'a dit qu'elle s'en servait parfois pour écrire, et que tu saurais t'en montrer digne par ce que tu as l'étincelle en toi.
_ Merci, ais je dis en récupérant la plume.
_ Si tu cherche un endroit pour écrire en toute tranquillité tu es ici chez toi.
Je n'ai pas répondu, et suis resté là à contempler l'horizon, à l'endroit où avait disparu l'embarcation, même longtemps après que le vieil homme m'eut laissé seul.

***

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Henri de Walrins
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Sam 15 Oct - 20:19

T'as des balises qui déconne, Vince (second texte, milieu).
Gaffe, le board est pas rétrocompatible par rapport aux forums "normaux". Oublie pas la prévisualisation
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Mario
Ecrivain



MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Sam 15 Oct - 20:41

Pour la gloire de l'Impépé...


Désolé, mais je ne (re)lirai pas avec ces couleurs...impression d'avoir spain-doldo de retour...
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The shadow
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Sam 15 Oct - 21:54

Bon voilà j'ai enlevé de la couleur, j'avais le flemme de le faire mais la référence à spain doldo m'a vexé et je me suis mis au travail Smile mais j'avoue que c'était vraiment moche.

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Gudule
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 10:55

est-ce l'histoire que tu à imaginé cet été en ballade(tu parlais bien d'un truc de cimetière?)
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 12:06

Yep, mais il faut que je le lise dès que je peux.

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 17:43

@gudule: ouais c'est bien celle là, ça faisait quelques mois que j'avais un vague idée de fête dans un cimetière.

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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 17:47

Je viens de lire le premier texte.
C'est un peu honteux de répondre à un texte de ce genre par deux ligne, mais bon...
Citation :
So light the way,
It's time to go away
ces deux vers me font penser à J'veux qu'on baise sur ma tombe de Saez.
C'est beau. Ces enfants des étoiles c'est une belle trouvaille. Ils font rêver.
Par contre, il me semble que tu es un peu moins à l'aise avec les dialogue, qu'avec la narration. Je me trompe ?

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 18:09

Je te cache pas que j'ai du mal à rendre les dialogues naturels.

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 18:13

En fait moi c'est pareil. Lorsque j'écrivais les deux faces du monde je peinais à écrire les dialogue. Pourquoi ? Je ne sais pas.

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 18:32

Vais pas dire que c'est normal, mais "je valide" les dialogues.
J'ai longtemps fait du "pur narratif" pour éviter ca

@The shadow: Gégé Brad, manque de clo. Et a bientot pour de nouvelles aventures très chocolatées tongue
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Mario
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 18:33

+5

BRIRL


Tyler tey mosh.




Spoiler:
 
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The shadow
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 21:26

Mario a écrit:
Aussi, pourquoi avoir posté dans la partie "engagée" ?

Un peu par défaut, mais aussi parce qu'essayer de faire vivre la poésie c'est s'engager, et même si je ne prétend pas que mes textes soient de la prose il sont guidés par la recherche de la beauté dans les images.
Voilà pour l'explication.

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 21:31

Ca me convient tout à fait comme justification.

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 21:39

Mario a écrit:

Aussi, pourquoi avoir posté dans la partie "engagée" ?

Depuis qu'il a le permis, il s'engage. A droite, à gauche, sur les ronds points... Rolling Eyes
Oh, une porte ---->[]
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 22:46

Fallait oser... On sent l'influence du silence des jambons Smile

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Dim 16 Oct - 23:16

A cette heure, c'est plus le trio gagnant fatigue + boulot + fatigue. Et encore deux semaines jusqu'au vacances pour moi, vais pas tenir...
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Lun 17 Oct - 8:38

pourquoi tu as une image de cheval Shadow ?
et pourquoi des pokémons Henri ?

( ce n'est pas Liam qui parle.... C'est une certaine Minimii.... Mouhaha !)

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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Lun 17 Oct - 20:35

Pour le cheval, shadow a ca parce que c'est mal de jouer avec la nourriture
Quant à moi, c'est Fight Club mon avatar. Pas "des" pokemons
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Vagues élucubrations   Ven 21 Oct - 14:24

Je reprend la voix de Liam, et je transférerais ces réponses à Minimii.

J'ai lu le deuxième texte.
Toujours bien écrit. Idyllique. De belles images. Mais certaine m'ont un peu déplus.
premièrement, c'est l’apparition du "rose" couleur que je ne peut supporter, surtout dans un texte où les image sont bien transmises au lecteur. ( la plume rose, et au premier texte la dame en rose) Bon, ceci est très personnel.
Et j'ai beaucoup aimé le poème du milieu.

Voilà tout.

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Je m'appelle Invité comme tous le monde.

Erik Satie



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Vagues élucubrations
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