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 l'homme de la 137ème avenue

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Lune-bleu
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MessageSujet: l'homme de la 137ème avenue   Ven 2 Mar - 22:15

Teddy est un homme simple. Il s’appelle Théodore Beckmann mais nous préférons l’appelez Teddy. Il est maintenant onze heures du soir et il a les pieds dans le sable. Teddy avait des cheveux d’un marron resplendissant avant qu’il ne les teint en bleu. Ce bleu s’accordait fort bien au paysage. D’ici on peut voir la mer méditerranée aux vagues écumantes. Il était heureux à ce moment-là. Tout allait pour le mieux dans le pire des mondes. Toutes les histoires ont leur héros mais est ce que chaque héros à son histoire ? Teddy est loin d’être de ceux qui se veulent « sauveur du monde ». Il se contente d’aimer et d’apprécier les choses telles qu’elles sont. Pourtant, il a changé le destin de trois individus de ce monde rien qu’avec quelques mots et quelques actes de générosités que je qualifierais de pathétique. Si aujourd’hui, il vit sa vie à fond, ça n’a pas toujours été son cas. Autrefois, Teddy était banquier à New York. Il travaillait sans relâche. Il avait ses habitudes. Ses journées étaient toutes programmées et il ne laissait aucune place à l’imprévu. Son agenda menait sa vie comme un marionnettiste donnait vie à son personnage de scène. Tous les midis, il déjeunait dans ce vieux restaurant français « Chez Paul » en face de la Banque « Sunset » là où il occupait son poste. Paul le gérant connaissait bien Teddy, c’était son meilleur client depuis bien longtemps.

Le 8 mai 2002 ou le jour où l’imprévu imposa sa place. Ce midi-là, il fut servi par Tara, une nouvelle serveuse venu d’Atlanta. Elle avait le don de servir et de séduire en même temps. Elle portait ce fameux tablier « chez Paul » que tous les étudiants du quartier avaient au moins porté une fois. Elle le portait si bien qu’on eut cru qu’elle fut serveuse toute sa vie. Ses cheveux blonds étincelaient à la lumière du jour et une mèche cachait presque toujours son visage. Elle l’écartait souvent avec délicatesse. Son regard devait être de glace car on ne distinguait aucune émotion à travers lui. Elle semblait si vide d’esprit. Teddy la regardait avec cet air enfantin qu’il faisait constamment. Son visage respirait le stress du travail néanmoins. Tara paraissait le calmer par son unique présence. Teddy la remercia pour le service. Elle continuait de le regarder. Elle l’appréciait déjà. Le lendemain, Tara ne s’était pas présenter à son travail mais le jour d’après, elle était là. Elle l’observa d’abord avant de venir lui servir son déjeuner. Teddy prenait toujours le plat du jour. Il ne regardait jamais de quoi il était composé. C’était sa manière à lui de compenser le manque d’imprévu dans sa misérable vie.
Il s’était mis en tête qu’aujourd’hui il parlerait à Tara. Il n’avait pas dormis de la nuit, cherchant désespérément quoi lui dire. Il en arrivait même à parler tout seul pour se persuader qu’il pouvait y arriver. Il pensait toujours pouvoir tout contrôler mais l’imprévu ne l’entendait pas de cette façon-là.
En effet, au moment où il s’apprêtait à lui parler, Tara engagea la conversation :
L’homme de la 137ème avenue
« Vous arrive-t-il de changer de restaurant ? demanda-t-elle
- P…Po…Pourrr….quoi le fe… ferais-je, j’aime bien celui-ci lui répondit-il en bégayant
- Vous êtes prévisible. Lança-t-elle d’un coup
- Vraiment ? Et si je vous invitais à diner chez moi ce soir le serais-je toujours? Tenta-t-il
- Peut-être bien. Passez me chercher à sept heures, lui souffla-t-elle en s’en allant »


Teddy allait jeter le reçu du restaurant quand il vit derrière une écriture au feutre. C’était l’adresse de Tara. Il souriait bêtement. On lisait sur son visage une satisfaction d’enfant quand on cède à leur caprice les plus fous. Il goutait enfin à l’évènement accidentel, imprévu, inattendu voir impensable. Ce soir-là, il passa la chercher comme prévu et l’emmena chez lui. Il avait préparé une table splendide. Deux bougies y étaient allumées et le sombre appartement brillait de leur éclat. Deux assiettes avec deux verres de vins et une musique à en endormir les vieilles dames du dessus. Teddy avait joué sur le stéréotype du tête-à-tête mais avait malheureusement perdu ce jeu. Tara fut impressionné par ses efforts mais ennuyé par la rigidité de la soirée. Elle décida d’y ajouter sa touche personnelle. Elle éteignit la musique et mit la radio. On pouvait y entendre une chanson de Lady Gaga. Tara en était folle et se mit à danser. Teddy cru voir un ange dans son salon. Il était absorbé par ses pas de danse si gracieux. Elle le prit par le bras et lui montra quelque pas. Ils dansèrent ainsi toute la soirée. Soudain, une alarme sonna. Une odeur de charbon s’échappait de la cuisine. Teddy avait oublié le rôti dans le four. Il accouru et ouvrit le four. Une vague de fumée en sortis et l’étouffa un instant. Il toussait. Tara lui frappa dans le dos et s’excusa. Teddy était gêné. Sa soirée allait être ruinée, lui qui l’avait invité à diner et qui n’avait rien à lui offrir. Elle n’avait pourtant pas dit son dernier mot pour transformer cette soirée en un moment amusant et convivial. Elle ouvrit son congélateur et lui demanda : « Est-ce que tu aimes la glace au caramel ?
- J’adore, mais pourquoi ? l’interrogea-t-il à son tour
- Tu verras bien. Aimes-tu le saumon ?
- Eh bien… oui assurément. Lui répondit-il
- Et la confiture d’abricot ? le beurre de cacahuète ? La réglisse ? Les chips ? les bretzels ?
- Eh bien oui encore, j’aime tout cela. Où veux-tu en venir ? dit-il
- Le roquefort ?
- Ah non ! Ce fromage est dégoûtant, ça fait bien longtemps que j’aurais dû le jeter ! Mais où veux-tu en venir ? répétait-il »

Elle lui avait confectionné un sandwich avec tous ses ingrédients. Elle lui expliqua que le but du jeu était de demander à la personne tout ce qu’elle appréciait dans son réfrigérateur jusqu’à ce qu’elle arrive au fameux « non » attendu pour lui en faire un sandwich ou une recette. Teddy fut amusé de cette nouvelle invention culinaire. Il gouta et recracha aussitôt. C’était infecte et drôle à la fois. Ils riaient aux larmes. Cela faisait bien des années qu’il n’avait pas ris comme ça. On pouvait sentir un air de bonheur dans cet appartement lugubre. Le temps passe plus vite quand on est plusieurs et encore plus vite quand on est deux, c’est bien connu. Il ne l’avais pas vu, il ne voyait que leur regard dans lequel naissait de l’affection puis bientôt de l’amour l’un pour l’autre. Tara devait rentrer chez elle. Il se faisait tard et elle se levait tôt le lendemain. Teddy lui proposa de dormir chez lui mais elle refusa poliment. Tara ne lui avait pas avoué qu’elle avait passé, en sa compagnie une des meilleures soirées de sa vie mais elle le pensait très fort. Il se sentait seul chez lui à présent.
Dès le lendemain, il la revoyait toujours dans sa tenue de travail qui lui allait si bien. Ils commencèrent à se fréquenter plus souvent. Les jours passaient et leur amour s’intensifiait. On sentait entre eux une alchimie étrangement forte. Teddy découvrit les plaisirs de la vie sans pour autant délaisser son travail. Tara lui avait enseigné l’art de l’imprévu, peut-être un peu trop. Teddy n’est que peu trop préparé à ce que Tara s’apprêtait à lui montrer en termes d’imprévu. Un beau matin d’automne, après cinq mois de vie commune, la plus longue histoire que Tara est connu, cette dernière pris ses affaires et disparu pour ne plus jamais refaire surface. Teddy ne remarqua pas le départ de son amie avant qu’il ne voit le mot sur la table. Il était de Tara et dessus elle disait : « Je pars sans prévenir pour te faciliter la tâche. Bisous. Tara ». Son sourire matinal habituel disparaissait pour laisser place à une torpeur soudaine. Il souffrait de son départ presque autant qu’on souffre lors d’un décès. Il s’écroula sur son lit comme s’il demandait à son esprit de se réveiller dans le vrai monde, celui qui était le sien. Il n’alla pas travailler ce jour-là et cherchait des explications en vain. Il pensait à une blague de mauvais goût de sa part puis abandonna cette idée. Il partit tout d’un coup à sa recherche dans tout New York. Il cria son nom à tous les coins de rues et se rendit même à la police. L’agent Martin était présent. C’était un des clients de Teddy. Martin le résonna : « Je ne peux rien faire pour toi si elle est parti de son gré, tu comprends ? ». Teddy ne semblait pas comprendre mais il acquiesça d’un hochement de tête. Son état se dégradait d’heure en heure et il se sentait mourir d’ennui et de chagrin. Soudain une idée stupide lui effleura l’esprit. Peut-être bien que notre Teddy est devenu un véritable artiste dans l’art de l’imprévisible. Il décida alors de camper devant « Chez Paul », sur le trottoir de la 137ème avenue avec pour seul allié un sac de couchage. Il voulait croire qu’un jour, elle se réveillera et se rendra compte à quelle point il lui manquait. Ce jour-là, elle reviendra à l’endroit où ils se sont rencontrés. Il avait tout abandonné : son travail, son appartement, ses clients, ses habitudes, absolument tout. Il semblait ne plus avoir de vie. Plus les jours passaient, plus il était sûr de lui. Un jour, Steeve O’connell, son patron descendit de l’immeuble et le vit. Il avait l’air en colère tout en s’approchant de lui : « THEODORE BECKMANN Vous êtes un idiot, cria-t-il très fort dans la rue
- Ne criez pas, je vous en prie, Tara est parti et je n’ai plus les moyens moraux pour trava…
- TAISEZ VOUS, le coupa-t-il soudain, si tout le monde était comme vous, nous serions la banque la plus ruinée du pays. »
Sur ces mots, il partit en courant pour attraper un taxi. O’connell n’a jamais su s’exprimer calmement et ça lui a valu sa place de directeur financier. Il jouait le rôle du patron autoritaire et pourtant au fond de lui se cache une part de gentillesse, enterré peut-être à jamais. Il avait toujours un café à la main et sa cravate était toujours assortie à ses chaussures. Personne ne savait pourquoi, c’était ainsi. Les passants prenaient Teddy pour un sans-abri. Il lui jetait parfois des pièces qu’il s’obstinait à rendre en expliquant sa situation. Cela faisait maintenant plus d’un an que Teddy attendait là. Il finissait parfois par se demander si cela en valait la peine mais il suffisait d’une pensé, d’un souvenir pour raviver l’espoir qu’il portait en sa cause. Les médias s’étaient même intéressés à lui et l’avait présenté comme « le cœur brisé de la 137ème avenue ». Les gens se déplaçaient de tout le pays pour venir prendre en photo cet homme délaissé. Il ne ressemblait plus à rien, la barbe lui avait poussé et ses cheveux étaient en bataille. Son visage, cependant, n’avait pas changé d’expression. On pouvait toujours y lire le chagrin. Il pensait que peut-être Tara regarderait ce qu’il est devenu à la télévision et qu’elle reviendrait. Après tout, il faisait ça pour elle.
Une nuit, une jeune fille s’était assise à côté de lui, par terre, en position accroupi. Elle tenait dans ses bras un bébé. Cette jeune fille était vêtue d’un vétuste manteau, d’un jeans troué à quelques endroits et d’un vieux pull à col rouge. Elle avait un certain charme dont elle n’usait pas. Elle tremblait et ses dents claquaient si fort qu’elles auraient pu réveiller tout Manhattan avec un haut-parleur. Teddy, intrigué par sa présence sur ce qu’il considérait comme « son bout de trottoir » lui adressa la parole, il semblait la reconnaître : « Tu ne serais pas la fille des Richards par hasard, toi?
- C’est exact, et vous leur banquier, je suppose ? rétorqua-t-elle alors
- Ancien, Jenny c’est ça ? moi c’est Teddy ou Theodore comme tu le sens, lui dit-il en se frottant la tête.
- Ravi, se contenta-t-elle de répondre
- Qui est-ce ? lui demanda-t-il en montrant du doigt le nouveau-né
- Une misère de plus dans ma vie, la raison de mon départ de la maison, voyez-vous je n’ai nulle part où aller et je suis ici à parler à l’ancien banquier de mes parents, le monde est fou, disait-elle avec énervement
- Je peux peut-être vous prêter mon appartement pour trois mois, le loyer y sera payer, en revanche si vous voulez y rester plus longtemps il faudra vous trouver un job, « chez Paul » il cherche toujours des étudiants si cela peut vous aider, lui répondit-il, assuré de bien faire.
- Vous feriez ça ? »
Puis le Bébé se mit à pleurer et coupa leur conversation. Teddy l’accompagna à son appartement, lui présenta les lieux et lui confia les clés. Il avait pitié de cette jeune fille, si seule. Les Richards avaient une philosophie de vie très saine et n’ont pas du accueillir avec joie la grossesse de leur fille. C’était les pires clients de Teddy. Ils faisaient des placements risqués et accusaient toujours l’incompétence de Teddy dans les cas où l’argent ne fluctuait pas assez. Il ne les supportait pas mais c’était aussi les clients les plus riches que la banque ait jamais eu, donc il se sentait obliger de céder à tous leurs caprices. Il retourna ensuite dormir dans son sac de couchage, toujours au même endroit. La rue la nuit était aussi bruyante que le jour, voire davantage. Teddy avait toutefois le sommeil facile. Quelques mois passèrent et la situation de Teddy ne s’était pas améliorer. Jenny venait lui rendre visite de temps en temps. Elle travaillait « chez Paul » et lui apportait de quoi manger. Elle lui était redevable. Jenny avait intégré l’école de la magistrature de New York et contait devenir une avocate défendant les nobles causes. Teddy la surnommait « la justicière ». Ils étaient devenus bon amis. Les années passèrent et Jenny réalisa son rêve d’enfant. Elle occupait toujours l’appartement de Teddy et avait su éduquer avec brio son fils George. Teddy, quant à lui, vieillissait de jour en jour. Il paraissait sortir d’un asile de fou rien qu’à son apparence qui effaçait toute preuve de crédibilité à son égard. Un après-midi, il décida d’aller prendre son café dans un bar pas loin de là où il était. Autant il détestait le changement depuis le départ de Tara, autant le restaurant de Paul lui rappelait des souvenirs bien trop douloureux pour lui. Il attendait au bar et aperçu une dame au fond de la salle. Il s’agissait de Maria Arlington, une sénatrice démocrate très célèbre pour ses idées et ses projets de lois jugés parfois trop couteux par et pour le gouvernement. Teddy n’en croyait pas ses yeux. Il s’approcha d’elle, voulu lui parler et au même moment une larme coula du visage de Maria. Teddy, surpris, s’empressa de dire : « Ne pleurez pas, votre visage s’en voit noyé
- Eh bien qu’il se noie, répondit-elle avec anxiété, mais c’est vous l’homme de la 137ème avenue ! Vous savez que vous êtes dingue ?!
- Je crois, dit-il sereinement, que vous arrive-t-il ?
- Vous êtes bien la seule personne en trois ans qui m’ai posé cette question… souffla-t-elle Je me sens bien obligé de vous répondre.
- C’est une bonne blague ! Maria Arlington qui accepte de pleurer sur mon épaule, qui l’eut cru ? s’interrogea-t-il avec dédain puis comprenant qu’il avait fait preuve de mépris, esquissa un sourire compatissant.
- Voilà bientôt un an que je me fais harceler par un individu dont je ne connais pas le nom. Il se fait surnommer « Daisy1 ». Il m’envoie des lettres de menaces et j’ai peur pour ma famille. Il connait mon adresse, mon e-mail et beaucoup de choses peuvent être révélés sur mon compte si je tente quoi que ce soit, se confia-t-elle.
- Parlez-en à mon ami Martin de la police, il saura quoi faire, lui conseilla-t-il
- Vous êtes sûr ? si des choses venaient à être divulguer sur moi, vous deviendrez mon ennemie numéro deux, vous le consentez ? me menaça-t-elle en levant la main au ciel.
- Evidemment »
Il récupéra son café et s’en retourna à sa place de prédilection. Ce café était froid et sans sucre. Il venait de gouter le café le plus immonde de la planète et pourtant il ne paraissait pas s’en plaindre. Il n’aimait pas voir les gens malheureux mais ne s’inquiétait pas pour eux. C’est la raison pour laquelle il n’avait pas pris de nouvelle de Maria et n’en prenait jamais de personne d’ailleurs. Quelques semaines plus tard, l’agent Martin lui apprenait que Daisy1 avait été retrouvé par la police de l’état. La discrétion de Martin permis l’anonymat de cette enquête et aucune révélation ne fut faites au média. Maria avait choisis une avocate d’exception pour cette affaire. Celle-ci était Jenny. C’était le plus gros dossier de toute sa carrière. L’affaire fut réglée en quelques mois et la vie avait repris de plus belle pour tout le monde. Teddy était devenu comme un frère pour Martin. C’était lui qui lui avait permis d’avoir tout ce qu’il a aujourd’hui. Quand Teddy était encore banquier, il accorda à Martin, son meilleur ami du secondaire, un prêt à taux fixe qu’aucun banquier n’aurait accepté de délivrer à un jeune comme Martin. Ce dernier ne comprenait pas comment un homme d’exception pouvait finir à la rue à cause d’une fille.
La ville de New-York allait bientôt changer de Maire. Maria organisa un meeting pour les élections municipales. Elle y invita Jenny, Martin ainsi qu’une trentaine de vieilles connaissances politiques. Elle y fit un discours pour le moins passionnant avec des thèmes encore jamais abordés et qui avait une importance crucial pour la ville. Tout le monde fut conquis par cette femme au cœur d’acier. Elle était vêtue d’une splendide robe rouge et d’une écharpe en soie. Elle ne passait jamais inaperçu devant ses convives. Les gentillesses fusaient à son égard. Elle regardait tout le monde avec son sourire dédaigneux. A la fin du meeting, elle rejoignit Jenny et Martin qui étaient devenu très proche. Ils se racontèrent tous les trois leurs vies et une chose leur était en commun : le triste et vieux Teddy. Ils parlèrent de lui un instant et ils se sentaient redevable. Teddy avait été un ami toujours présent pour Martin, il avait aidé Jenny quand elle était au plus mal et avait rendu un immense service à Maria. Martin leur parla de cette fille, Tara. Il leur expliqua comment Teddy en était tombé amoureux et comment les choses se sont passées. Maria et Jenny se sentirent concerné. Elles avaient de la peine pour cet homme à qui elle devait tout, et Martin également. Ils décidèrent tout trois de faire quelques choses pour lui. Ils avaient un plan pour tenter de ramener Tara auprès de Teddy. Dès le lendemain, Martin lança un avis de recherche toujours avec sa discrétion de maître tandis que Jenny enquêtait sur Tara. Elle adorait jouer les détectives. Maria, trop occupé avec sa campagne, se contentait d’avoir eu l’idée du plan. Au bout de quelques mois, Tara avait réapparu. Elle était venue se plaindre de l’avis de recherche. Elle tomba justement sur l’agent Martin : « Ils vous en a fallu du temps ?
- Quels en sont les raisons ? lui demanda-t-elle simplement
- Les raisons ? Teddy ça vous rappelle quelque chose ? interrogea-t-il avec un air méprisant
- Encore lui ! Il m’attend toujours ? Ce type est malade. »
Tara n’y croyait pas. Elle se rendit à la 137ème avenue pour lui dire à quel point elle était impressionnée et pour le narguer un peu. La surprise fut de taille. A la 137ème avenue, tout le monde s’était donné rendez-vous pour la rencontre entre Tara et Teddy. L’histoire de Teddy avait choqué l’Amérique entière. Jenny, Maria et Martin étaient présent entre autre. Ils étaient tous pressé de voir la merveilleuse réaction de Teddy. Mais là, un évènement inattendu se produisit. On ne saurait l’expliquer si on ne connaissait pas la relation qu’entretenait Teddy et Tara à l’époque. Teddy n’était plus là. Cependant, il avait laissé un mot sur le trottoir à côté de son sac de couchage. Tara s’en approcha, le pris en main et lu : « Tu n’es pas la seule à être imprévisible ! Bisous. Ted. ». Tara en avait le souffle coupé. Elle jalousait. L’élève avait fini par dépasser le maître. Etait-ce uniquement un jeu ou à partir de quand cette histoire a-t-elle commencé à le devenir ?
Aujourd’hui, Teddy observe la mer méditerranée avec un plaisir accrue. Il se sent vivant et libre. Il a troqué son travail de banquier pour se lancer dans le surf à haut niveau. C’est les pieds ensablés et la tête humide qu’il vit sa nouvelle vie. Ce soir, il est onze heures et Teddy est tombé dans les bras de Morphée.
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: l'homme de la 137ème avenue   Mer 14 Mar - 22:27

J'ai enfin lu ta nouvelle !
Je la trouve très agréable à lire et j'ai aimé la chute, j'avoue que je ne m'y attendais pas.
Je lirai d'autres de tes textes avec plaisir.

_________________

Je m'appelle Invité comme tous le monde.

Erik Satie



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