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 Les trois déceptions

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Lune-bleu
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MessageSujet: Les trois déceptions    Ven 2 Mar - 22:20

Aujourd’hui, le téléphone sonna. Très préoccupé par la cuisson de mon plat en cuisine, mon fiancé, Eric, décrocha le téléphone. Puis son visage blêmit. Il me regardait fixement avec un regard à la fois affolé et triste. Il voulut commencer à parler mais il n’eut pas la force immédiatement, il s’arrêta à un malheureux « Juliette… ». Je compris que quelque chose de grave était alors survenu. Il m’annonça le décès de mon grand-père avec une voix si légère qu’on aurait cru qu’il soufflait ses mots. Je m’écroulai alors sur le sol, versant une larme, la seule qui puisse couler.
Le jour de son enterrement, il se mit à pleuvoir. La pluie semblait camoufler les larmes des personnes présentent ce jour-là et à la fois donner l’impression que j’eu pleuré. Cependant, elle ne cachait pas ma tristesse et mon désespoir. A la disparition de mes parents, mystérieuse disparition à laquelle personne ne trouva de réponse, ce fut le premier à s’occuper de moi. Cela doit remonter à mes huit ans et demi. J’étais jeune et ne comprenais pas comment deux personnes, adultes, pouvait disparaître du jour au lendemain sans laisser de trace. Ils m’avaient pris dans leur bras, un jeudi matin, je m’en souviens comme si cela se passait sous mes yeux. Ils m’avaient dit de ne pas m’inquiéter et qu’ils allaient revenir. Je ne les ai plus jamais revus. En qui croire si ce n’est en ses parents ? Mon grand-père m’avait réappris à avoir confiance en quelqu’un. Il m’avait montré qu’après une déception, le monde continue. Je finirai par me faire à l’idée. Il pleuvait de plus en plus et je n’avais pas de parapluie. Je restais là, debout, lançant une rose rouge qui allait se mettre à faner, tout aussi vite que son corps se désintègrera. Les gens me regardaient, l’air compatissant. Je détestais la pitié, d’avantage quand elle venait de ceux qui ne me connaissaient pas. Je la déteste toujours. J’étais si fatigué que je décidai donc de rentrer chez moi. A peine arrivé, je m’étalais sur le divan. Eric n’osait dire mot. Je finis par m’assoupir.

Quelques semaines passèrent et me voilà, quittant cette période de deuil. Le monde s’ouvrait à moi à nouveau. Un soir, je m’en allais à une fête chez une amie. L’ambiance demeurait festive jusqu’au moment où le son de la musique baissait dans ma tête et une voix m’apparut. Elle ressemblait étrangement à celle de mon grand-père, Bob. Il répétait sans cesse « le placard, le balais ».. Mon appartement ne semblait pas si poussiéreux pourtant. Il finissait même par crier. Je criais à mon tour. Les gens s’arrêtèrent et me regardèrent longuement. Je passais pour une cinglée et je l’avais bien compris. Je fus mis à la porte sans explication. L’hypocrisie est devenue ma deuxième déception après la mort de Bob. Je marchais en titubant cherchant désespérément un taxi qui passerait par là. Il était presque trois heures du matin quand un vieil homme s’arrêta pour me prendre. Bob m’avait toujours déconseillé l’autostop mais je crois que si j’avais conduis ma voiture ce soir-là je l’aurais rejoint. Il me ramena devant chez moi. Aussitôt dans ma chambre, j’allais me coucher. Eric était encore à la rédaction du journal. Nous étions tous deux journalistes mais il y a maintenant de ça un an que je quittais mon poste pour prendre un peu de recul. Depuis cette fameuse apparition, il m’arrivait de voir Bob dans mes rêves les plus sombres. Il répétait toujours le même refrain qu’à la fête. Pendant des jours, je passais les nuits blanches les plus longues de ma vie. Je racontais mes rêves à Eric. Il me conseilla d’aller voir un psychologue. Il pensait que le traumatisme dû à mon grand-père était toujours là. Je ne comprenais pas la raison de ce choix, mais je décidai de lui faire confiance. C’était pour moi un premier pas pour ne pas retourner vers le deuil. Mon psychologue s’appelait Anatole. Cet homme vivait réellement d’amour et d’eau fraiche. Il qualifiait d’ailleurs sa vie d’abstraite, selon lui vivre n’est rien de concret. Toutes ces informations sur sa vie n’étaient sans doute que l’unique façon de me mettre en confiance et de finalement parler de mon vrai problème, la raison de ma présence. Il me fit évoquer de nombreux souvenirs d’enfance et un particulièrement m’aida sans doute à comprendre mes hallucinations ou appelez cela comme vous voulez. Mes cousins et moi jouions beaucoup à faire des parties de cache-cache dans toute la maison de Bob quand j’étais plus jeune. Mais il y a une porte qui nous était interdit d’ouvrir. Nous n’avions pas peur de ce que l’on pouvait y trouver mais si nous avions mis Bob en colère, la journée aurait été gâché. Peut-être était-ce le placard dont parlait cette voix dans ma tête ? Tandis que je continuais de raconter mes souvenirs je restais accrocher à l’idée de cette porte interdite, de ce qu’elle pouvait bien renfermer et pour quel raison cette voix aurait pu l’évoquer. Anatole disait que ce n’était que mon inconscient qui me jouait quelque tour et qu’il fallait que je me repose d’avantage. Deux semaines passèrent. Il m’a semblé que ces deux dernières semaines étaient plus longues que ces quinze dernières années. Le monde ne tournait plus rond, Eric trouvait toujours le mot pour me rendre cinglé et lors d’une dispute un vendredi soir, je décidais d’aller dormir chez Bob. J’y allais à pied, marcher m’aurait fait du bien mais j’étais épuiser et au bout de deux kilomètre je décidais d’attendre le bus. Je me répétais sans cesse « je ne suis pas folle » avec conviction. Le bus finis par arriver avec quelques minutes de retards. Je me sentais très mal et je cru que quelqu’un m’interpella, j’entendais encore cette voix qui chuchotait sans arrêt « Juliette, Juliette ». Je répondis en criant « Laissez-moi, je vous en prie ». Je suppliais la vieille dame assise à mes côté, celle-ci pris peur et s’empressa de changer de place. Les gens me dévisageaient. Enfin, je descendis à l’arrêt près de la vieille demeure de mon grand-père. J’entrais. Le silence qui régnait était effrayant et pourtant si apaisant. Je pouvais encore entendre nos rires d’enfants. J’explorais la maison, me rappelant des multitudes de souvenirs vécus ici. Après mettre allonger sur mon ancien lit, je ne trouvais pas le sommeil. Je décidais donc d’aller voir ce que renfermait cette fameuse porte. Je descendis les escaliers et ouvrit la porte. Ce n’étais qu’un placard où se trouvait notamment un balais qui n’avait sans doute jamais été utilisé, il semblait neuf. Je voulu l’enlever pour regarder derrière mais le balais avait agis comme un levier. Je fis une chute puis je m’évanouissais soudain.


Lorsque je me suis réveillée, je cru rêver encore. J’étais dans un tout autre monde. Cet endroit avait l’air merveilleux. Des créatures étranges y vivaient. Une d’elle s’approcha de moi et m’emmena dans une immense demeure. Ces créatures avaient tous un nez gigantesque et un unique œil situé au-dessus de celui-ci. Leur bouche formait un « U » ce qui les faisait paraître sympathiques. Celui qui me guidait était vêtu d’une casquette bleue et n’avait pas de chevelure. Il parlait sans cesse à son camarade en riant dans une langue qui m’était étrangère jusque-là. J’entrais finalement dans une pièce où je vis une créature semblable mais néanmoins elle se distinguait des autres. Il l’appelait « Babylone ». J’appris par la suite que c’était le nom de la ville également. Lui, ne riait pas. Il me fit signe d’avancer. Il parlait ma langue et j’en étais d’autant plus surprise que ravi. J’avançais avec crainte malgré tout. Il commença à parler le premier : « Tu dois être la fille de Bob, Juliette, dit-il.
- Où suis-je ? Qui êtes-vous ? lui demandais-je affolée.
- Puisque Bob ne semble pas t’avoir mise au courant, je vais devoir le faire. La Babylonie est une cité construite au nom de mes ancêtres. J’en suis dorénavant le chef. Nous vivons dans un monde parallèle au tien. Racontait-il. Bob nous avait trouvé car sa bâtisse se tenait au même endroit que le portail qui mène d’un monde à l’autre. Depuis, il nous rendait visite parfois. Nous étions de très bon amis.
- Et bien en voilà de l’info et en quoi tout cela me concerne ? répliquai-je
- Tout allait pour le mieux dans notre monde, lorsqu’un groupe de nos concitoyens a essayé d’enfreindre les règles et de partir coloniser votre monde. Jusqu’à maintenant nous contrôlons les allée et venus du passage mais plus pour longtemps finit-il par avouer avec mécontentement
- Pour quels raisons ? demandais-je
- Nous pensons qu’ils ont volé notre arme de destruction pour détruire le régulateur au passage et ainsi permettre à tout Babylonien de pouvoir traverser. Si cela venait à arriver, il y aurait des conséquences d’une envergure gigantesque. Ces rebelles sont mal intentionnés et ils créeraient la panique et le désordre dans votre monde. Ton grand-père a dit avant de mourir que tu étais la solution. » répondit-il aussitôt.
Babylone était si sérieux et concerné qu’il me fit peur pendant un instant. Il me prit au dépourvu. Je ne trouvais cependant pas comment j’allais pouvoir leur venir en aide. Babylone me remercia d’être venue et dit à un certain « Zebra » de m’accompagner à ma chambre. Zebra avait comme son nom l’indiquait une peau de zèbre. Mais sa peau était lisse et si brillante. Son visage se démarquait des autre Babylonien. Il était gracieux, souriant et son œil scintillait tel une perle. La plus belle perle que j’eu vu de ma vie. Quand il parlait, sa voix était si mystérieuse et envoutante que je ne voulais plus qu’il cesse de parler. Quand il parlait, mon cœur se mettait à battre, comme si sa voix me faisait de l’effet, il battait si fort que s’en était douloureux. Il me présentait ma chambre, c’était celle de Bob. La chambre était spacieuse, les murs étaient tapisser de photos de notre famille ainsi que de Babyloniens. Il n’y avait pas grand-chose de lui ici, ce n’était vraiment qu’un endroit pour passer la nuit. Le lit était centré au milieu de la pièce. Sur le bureau, gisait un grand nombre de dossiers et de documents. Mon grand-père était chercheur dans notre monde, peut-être était-ce là ses recherches ? Zebra s’en alla et me laissa seule. Je me sentais fatigué et j’étais sur le point de m’écrouler quand quelqu’un entra dans ma chambre. Elle disait s’appeler Palune. Elle était entièrement vêtue de bleu et avait une démarche incroyable du fait que ces deux pieds s’alignaient toujours avec perfection. Palune disait être là pour me faire visiter. J’en étais ravi et la suivis.

Cette ville était immense, toutes les rues paraissaient semblables les unes aux autres. J’avançais, loin derrière elle, à mon rythme. Elle semblait donc parler toute seule à l’endroit où je me situais. Elle racontait les histoires macabres de cette ville avec brio mais tout cela ne me passionnait pas réellement. Je n’étais pas une touriste et je n’avais pas envie que l’on me traite ainsi. Palune, elle, était folle de ces histoires là et on pouvait apercevoir ce regard exalté. La visite devenait lassante quand soudain une dispute bruyante entre deux Babyloniens attirait mon regard. L’un deux sortit une arme et finissant de menacer l’autre, fusilla une vitre et fut arrêter par la police. J’assistais impuissante à ce qu’il y a peu de temps j’aurais appelé « un fait divers ». Je décidai alors de prendre une photo des faits discrètement avec mon cellulaire. Palune et moi décidions d’arrêter la visite. Arrivée dans ma chambre, je m’effondrai sur mon lit. Je sentais que le sommeil allait venir d’une seconde à l’autre.
Bob était là, devant moi, il tenait une seringue à la main. Il paraissait préoccupé par quelque chose. J’étais soudainement accroché à une chaise et je me débattais sans cesse en vain. Je criais son nom mais il ne semblait pas m’entendre. Il parlait avec un babylonien mais je n’arrivais pas les comprendre d’ici. Je commence à avoir très peur, je sens la sueur sur mon corps me noyer. Bob m’épongea le visage et je sentis une douleur parcourir mon bras. Il venait d’y enfoncer la seringue et je hurlais de douleur. Tout à coup, le visage de Bob s’est mis à changer. Je vis celui de Zebra apparaître à sa place. Il répétait sans arrêt : « ce n’est rien, Juliette, réveille-toi ». En me réveillant, surprise de voir Zebra à mon chevet, je sursautai. Il me tenait la main. Il répétait toujours le même refrain. Sa main était moite et extrêmement froide. Cela me faisait tant de bien, j’avais si chaud. Je pris sa main et me refroidissait ainsi le visage. Il rougissait et je compris que cette situation était embarrassante. Je m’en excusai et lui confia que ce n’était pas la première fois que je faisais ce rêve. J’avais dû le faire au moins une dizaine de fois. Je lui racontai alors ce parfait cauchemar. Je sentais qu’il m’écoutait totalement. C’est une merveilleuse sensation. Emu de toute cette situation, je versai une larme qu’il s’empressa d’essuyer avec la paume de sa main si douce. J’eu envie que ce moment dure une éternité. Soudain, une explosion retenti. La fenêtre de ma chambre en fit les frais. Zebra me pris me protégeant la tête de ses mains. Puis nous sortions dans la rue. Une femme qui passait par là nous conta que les rebelles avaient une nouvelle fois frappée. Elle était blessée et tenait son fils, sans vie, dans les bras. Elle pleurait et me regardait, elle serra son fils dans ses bras une dernière fois puis le posa sur le sol, pris une craie et dessina un signe étrange. Ce fut un corbeau entouré d’un cercle. Je n’avais pourtant jamais vu de corbeau ici. Zebra m’expliqua que le corbeau était devenu le symbole de la mort car une légende racontait qu’un jour de famine, un corbeau se laissa attraper par un homme pour le nourrir. Ce sacrifice les a rendus meilleur envers les animaux. La femme disait quelque chose en Babyle, leur langue que je ne parlais pas. Elle disait : « Talmona Papro ». Zebra le traduisit par « Protège mon enfant ». Des questions trottaient davantage dans mon esprit. Qu’est ce qui pouvait tant motiver les rebelles ? Pourquoi désobéir du jour au lendemain ? Zebra me conseilla d’aller voir Babylone pour essayer peut-être d’éclaircir mon cauchemar. J’étais assez perplexe à l’idée qu’il puisse y trouver un sens mais je n’avais pas d’autre choix que d’espérer. Il m’accompagna jusqu’au grand bâtiment qui servait d’hôtel de ville. Babylone pratiquait la lévitation dans son bureau. C’était très impressionnant. Je le contemplai mais lorsqu’il me vit, il tomba. Il s’approcha enfin de nous, nous invitant à nous asseoir. Zebra s’empressa de lui raconter l’explosion ainsi que mon rêve en voyant que je n’étais pas dans la conversation. Pendant ce temps, je regardais à travers la gigantesque vitre. J’observais la ruelle. Des enfants y jouaient. Ils étaient heureux, mais d’un véritable bonheur. Leur sourire en disait long sur leur innocence. Le monde s’était arrêté l’espace d’un instant puis repris quand Babylone m’attrapa le bras. Il disait avoir trouvé la signification de mon rêve. Il en était si persuader que j’abandonnais la belle vue de l’extérieur pour affronter son explication. Selon lui, Bob avait découvert, il y a très longtemps, un liquide permettant de désactiver l’arme de destruction que les rebelles nous ont dérobée mais celle-ci n’avait jamais été au point. Un jour qu’il eut finit de la mettre à jour, il dit à Babylone qu’il l’avait mis entre de bonnes mains et que celle-ci saurait l’utiliser. Babylone termina ses explications par une information qui ne me laissa pas indifférente : « Le sang humain conserve bien. Il a dû te l’injecter. » Cette phrase était de la pur et simple folie. Comment aurait-il pu faire une chose pareille ? Tout s’expliquait désormais notamment le silence qu’il m’avait fait promettre de garder concernant ce fameux vaccin étant plus jeune. Babylone me pris par l’épaule et me dis à l’oreille : « Vous irez, toi et mon armée, chez les rebelles. ».


Je trouvais cela trop dangereux et refusa un premier temps. Puis, je réfléchissais. C’était bien la seule façon de me guérir de ces cauchemars incessants. Je finis par accepter mais ne comprenais toujours pas pourquoi ma présence sur leur terrain était nécessaire. Zebra m’expliqua alors que mon sang agissait comme un réservoir et un conservateur pour le liquide en question, l’extraire à l’avance aurait sans doute causé sa perte. Babylone semblait offenser que je puisse contester son autorité en me montrant prudente. Il feignait d’être en colère mais je n’en fis rien. Je rentrais dans ma chambre, épuisée par la journée éprouvante qui s’était profilé. L’offensive contre les rebelles devait se dérouler ce soir et j’appréhendais très mal la situation. Quelques heures plus tard, Zebra et moi nous rendions au point de rendez-vous fixé par Babylone lui-même. La nuit était si noire que s’en était angoissant. Il faisait si froid, mon sang en était gelé. Des frissons envahissaient mon corps tout entier. J’aperçus au loin le groupe d’homme qui devait m’escorter. Il y avait là une centaine de babyloniens. Cette approche était loin d’être discrète mais je leur faisais confiance. Je commençais avoir faim et je proposai alors à Zebra de diner avec moi avant notre départ. Il m’emmena alors dans un Bar Restaurant. Il se nommait : « Palutako Plémita ». Cela signifiait « Canard en carton ». C’était étrange mais très original. Je pris la spécialité du jour même si je n’en connaissais pas les composantes. La cervelle d’un animal présent uniquement ici. C’était loin d’être mauvais mais je n’en reconnu pas la saveur. Elle était unique, semblable à aucune autre. Zebra mangeait calmement et contrastait avec le reste du restaurant où on pouvait supposer que le bruit était leur première source d’indigestion. Nous commencions finalement à bavarder un peu mais j’en fus la responsable : « C’est un belle endroit ici tout de même, commençai-je.
- On finit par s’y habituer. Tu sais ici, on m’a toujours appelé Zebra à cause de ma peau, mais mon vrai nom c’est Pierre. C’est comme cela que ma mère me nomma, me confia-t-il soudainement.
- Je t’appellerais comme cela si c’est ce que tu préfères, dis-je avec assurance.
J’eu l’impression que nous devenions de plus en plus intime. A la fin du repas, il s’approcha de moi, glissa délicatement sa main dans mes cheveux et souffla ces mots à mon oreilles : « Je t’aime alors sois prudente ». Je voulu lui répondre mais je fus couper par un soldat qui venait nous avertir d’être prêt. L’assaut allait bientôt commencer. Pierre jeta sa serviette sur la table, se leva, pris ma main et m’entraîna vers la sortie. Une fois tout le monde réunis, nous nous apprêtions à partir. Il se mit soudain à pleuvoir mais je souriais. Je ne pus m’empêcher de sourire. Il tenait toujours ma main. Je me sentais comme ces enfants cette après-midi qui jouait dehors. Rien n’aurait pu m’ôter ce sourire si ce n’est un drame peut-être. Je savais que ce moment d’euphorie n’allait pas durer bien longtemps et c’est la raison pour laquelle j’en profitais un maximum. La pluie était étrangement brulante et j’avais l’impression de bruler. Nous arrivions enfin devant le hangar où se cachaient les rebelles. J’avais envie d’en finir. Je brulais d’impatience de pouvoir dire à Pierre tout ce que j’avais sur le cœur. Je pensais à tout ce que nous pourrions faire ensemble quand tout cela sera régler. Personne ne m’avait encore dit que la naïveté engendrerait ma troisième déception. L’armée de Babylone partir mené l’assaut contre les rebelles. Les coups de feu fusaient et des babyloniens tombaient les uns après les autres, comme des mouches. J’étais au milieu d’un carnage et le sentiment d’impuissance réapparut. Il fallait que je trouve le réservoir de l’arme. Je parcourus tout le hangar à la recherche de celui-ci. Quand je le trouvais enfin, j’attendis Pierre. Seule lui pouvait m’extraire le liquide. Je commençai à m’inquiéter car il tardait. Soudain, je cru rêver. Il se tenait là, agrippé par un rebelle qui le menaçait avec une sorte d’arme électronique. Je pouvais les entendre dialoguer dans leur langue. Chaque pas vers le réservoir que j’avais tenté de faire lui valut une décharge. J’étais terrorisé à l’idée de le perdre, je ne bougeai plus. Soudain Pierre me cria : « Cours et verse-le ». J’en étais incapable mais son agresseur l’électrocuta et je le vis convulser. Prise de panique, je pris une lame dans les débris du hangar et je m’ouvris les veines, laissant couler quelques gouttes dans le réservoir de l’arme de destruction. Je me retournais peu de temps après, Pierre gisait sur le sol. Il avait perdu ma vie et je perdis mon euphorie. Je voulus courir le rejoindre mais au même moment une détonation surgit derrière moi. Je fus propulsé en avant. C’est l’unique sensation dont je me souvienne.
Mes yeux me faisaient hurler de douleur quand je me suis réveillée à l’hôpital. Une main tenait la mienne. Je pensais en premier lieu à Pierre puis je vis le visage d’Eric. J’en étais toute émue. Je ne comprenais plus. Je cherchais des explications auprès d’Eric : « Pourquoi suis-je ici, demandai-je.
- Tu es tombée dans un coma étrange après ta chute chez ton grand-père, tu ne t’en souviens plus ? m’interrogea-t-il anxieux.
- Si, mais je ne suis parti que deux jours.
- Partis ? Deux jours ? Tu veux rire ? Ça fait deux mois que t’es comme ça, tu vas bien t’es sûr ?
- Oui mais je… non tout vas bien.
Je décidai de ne pas raconter à Eric tout ce qu’il m’était arrivé. Néanmoins je mourrais de savoir si tout cela était bien réel. Je pris mon téléphone car je me souvenais de la photo que j’avais prise lorsque je visitais la ville. Elle avait scrupuleusement disparu. Je me remis en question. Peut-être que tout cela n’était qu’un rêve après tout ? Cette aventure, cette romance, cette euphorie et toutes ces angoisses me poussaient à croire que c’était pourtant bien réel. Je décidais de retourner chez Bob pour vérifier, là où tout avait commencé. Une fois chez lui, je me sentais réellement chez moi. Il y a quelque chose de magique dans cet endroit. J’allais vers le placard et j’étais décidé à l’ouvrir. La porte était verrouillée. Je commençais à manquer d’air et luttait pour rester debout. Je décidai donc de rentrer à l’appartement.
Quelques mois passèrent et je quittais Eric. Je décidais de me réinstaller dans la maison de Bob. Lors du déménagement, je passais par hasard par un cimetière. Je cru y voir Zebra. Sa peau luisait au soleil. Il était si beau. Je jugeai bon de m’arrêter un instant pour m’en assurer. Il se tenait là, si près et pourtant j’eu à peine détourné le regard qu’il disparut. Il se tenait près d’une tombe. Sur celle-ci on pouvait lire son nom de même que son surnom. On y retrouvait aussi le fameux signe de la mort, le corbeau encerclé, celui que la babylonienne dessina à la craie à la mort de son fils. Je souriais bêtement à l’idée que tout ça soit réel mais un profond chagrin s’empara de moi. Je me sentais un peu comme une veuve libéré de tout soupçon de folie. Je déposais alors un doux baiser sur cette pierre et m’en alla. Il me restait à présent seulement quelques souvenirs. Mais le but de la vie n’est pas d’en créer finalement?
Le lendemain, le téléphone sonna. Il sonne encore.
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MessageSujet: Re: Les trois déceptions    Ven 2 Mar - 23:26

Je me suis bien régalé avec ce texte, parfaitement limpide, (quelques erreurs d'orthographe mais bon c'est pas bien grave...) Y'a-t-il une suite ? Car la fin est plutôt énigmatique... (On ne sait pas ce qui est réellement arrivé à ses parents en plus.)
Continue à poster, j'aime bien ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Les trois déceptions    Ven 2 Mar - 23:37

Je n'ai pas prévu de suite mais j'avais voulu créer une fin assez mystérieuse en finissant sur le doute , est ce que tout cela était réel ou pas mais je n'ai pas pensé à continuer le récit c'est vrai maintenant que j'y pense j'aurais pu Smile
Pour ce qui est de ses parents je n'y ai plus pensé, ça serait surement intéressent de l'exploiter dans une suite, je vais essayer de faire ça.
Je suis ravi que ça t'es plu Very Happy
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Les trois déceptions    Sam 3 Mar - 0:10

Le doute. Oui j'ai cru, un moment que ce texte s'inscrivait dans le "merveilleux" mais cette histoire de coma est bien là pour laisser place au doute. Je serais ravi de lire ta suite si tu en écrit une.

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