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 Larmes de Déprespérance

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Liam Daläa
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MessageSujet: Larmes de Déprespérance   Jeu 31 Mai - 20:09

Voilà deux petits sonnets (qui vont ensemble) que j'ai réalisé dans un premier temps, alors que mes camarades de classe, se passionnaient pour le Japon en cours d'histoire-géographie puis que je viens de fignoler un peu. Si mes alexandrins sont inexacts, je m'en retourne le durillon avec une savate, aussi, je sens que certains vont me reprocher mes incessantes répétitions. Et excusez le ton "vieillot", je suis en train de lire du Du Bellay.






Me voilà pris soudain, d'un nouveau sentiment,
Qui me trouble, me perds, et me fait impression,
Que le monde s'efforce à calmer tous les vents,
Que les cieux sont croulants, dépourvus de passion.

Et la joie, la tristesse accompagne toujours,
C’est l'espoir dépressif, qui se veut cohérent,
Mais qui ne l'est pas plus, que ce fort grand amour,
Qui me prend ma raison, me voulant voir errant,

Dans les rues irréelles, et partout vacillantes,
Dans les cafés dansant, aux doux gazouillements,
Dans le soir rugissant des allées rougissantes.

Et puis la nuit s’en vient, effaçant ces images,
Car la nuit atténue ces contrastes charmants,
Eteignant les lueurs des larmes sans visage…

*

Si mes larmes ne sont, ni de sel, ni de pleur,
C’est qu’elles ne me sont, qu’un plissement de front,
Et la surimpression, des décors sur mon cœur;
Ma présence en ce monde est ainsi un affront.

J’aimerais parfois tant, que des larmes me viennent,
Des vraies gouttes de ciel, de cristal et de plomb,
Qu’on ne peut arrêter, et que rien ne retiennent,
Et que fondent mes joues, comme un jeune garçon.

Mais rien ne vient aux yeux, et tout reste dedans,
Dedans mon âme seule, au comble du malheur
D’avoir comme refuge un temple que le Temps

Semble n’avoir voué qu’à mes gémissements.
Heureusement qu’arrive, en ultime sauveur,
Telle une avalanche, ton rire éblouissant.




Spoiler:
 

Que rougissent mes textes, sous le coup des tomates ! Liam Daläa.

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Je m'appelle Invité comme tous le monde.

Erik Satie



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Mario
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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Ven 1 Juin - 1:39

Tes vers me semblent charmants, rythme équilibré, qui tient la route, et aux répétitions peu dérangeantes - quoique, chacun son avis. Mais on a du mal à échapper à la liste quand l'inspiration la créé, non ? Passons. Trop de césures, trop de rythmes tue le rythme. On a affaire à un métronome, on est pris par le rythme justement parce qu'il y a répétition du rythme. Je m'explique : à force de répéter le même rythme d'un morceau, des auditeurs peuvent deviner le prochain vers, du moment qu'ils ont les bonne sonorités ; ici les mots - ô joie.



Les remarques sont sur la forme et le fond ouais, je suis comme ça, deux en un, promo Lidl (n'en déplaise au H en cavale). Premier vers : "me voilà pris soudain". Me voilà pris soudain, drôle d'agencement, qui annonce directement que le sens, ou plutôt le message que tu cherches à faire passer, passe avant la forme. Je ne parle pas ici d'une poésie qui privilégie la forme au fond, la musique au sens, mais d'une équivalence, la musique et le sens. J'insiste sur le et. La forme induit la fond, en commençant par cette phrase, on est déjà perdu. A mon sens, je peux bien évidemment me tromper. Continuons : "et la joie", en début de strophe, je ne suis pas fan...Tu reprends ta strophe pourtant finie, d'une manière banale et déstabilisante. Encore un point virgule, une virgule passent...la poésie est souvent affaire de ponctuation, ce que les poètes ignorent...mais là, un point qui reprend par et, dans une poésie...j'ai du mal. Mais ça passe, le rythme est là. Salaud.


Les bons points, maintenant. Avec de la sensibilité à 40 degrés, je la ressens dans ma chair. Un poète m'a dit un jour "je sens mes poils de cou se hérisser, c'est bon signe". Je n'irais pas jusqu'au signe physique, mais tout de même, j'ai été balancé comme a pu l'être l'un de mes poèmes nommés soliliesse. Je m'explique :


"les cieux sont croulants, dépourvus de passion". Soit, mais qui a dit que les cieux exprimaient ? Ah mais c'est bien sûr, le poète lassé des cieux qui parlent. Tournure maladroite, mais étonnamment, j'apprécie comme j'aime chaque personnification des cieux. Trop facile.

Retour de la soliliesse au vers suivant : Et la joie, la tristesse accompagne toujours,

Merde, sans faire dans l'égo, c'est exactement ce que j'ai écris, ce que je peux citer exactement (ça ne se fait pas, mais ça va étayer mon propos)


Spoiler:
 


Non, je ne parle aucunement de copie. Juste que...ce vers m'a parlé et m'a récité mon propre poème. Drôle d'impression, que je voulais partager. Avec ce mot : félicitations. Pour avoir trouvé ce sentiment étrange. Avec maladresse, car je trouve ce poème, et ton poème, choisis maladroitement. Je parle des mots. Bonne chose, il nous reste encore à progresser, à découvrir, à exprimer.


Maintenant, je m'interroge sur les images que tu donnes en répétition.


"Dans les rues irréelles, et partout vacillantes,
Dans les cafés dansant, aux doux gazouillements,
Dans le soir rugissant des allées rougissantes."

Les rues irréelles, vacillantes > soit. Mais alors de quoi s'agit-il ? rêve, drogue, illusion ? (les trois peuvent se confondre, ou se nier en bloc).
Cafés dansant, gazouillant comme des oiseaux > Soit, mais qu'est-ce qu'un café dansant, à notre époque, et gazouillant qui plus est.
Le soir rugissant des allées rougissantes > soit, mais comment un soir rugit de couleur ? J'y vois, pour ma part, une évasion inconnue (rues irréelles), que tu as du mal à contrôler (vacillantes), des cafés dansant (soit sexuels, ou sensuels), gazouillant comme des oiseaux (enchantement de la sexualité), et le soir comme un éveil de la conscience par le cheminement, ce qui peut tout à fait être véritable, pour le coup. Bref, un ensemble plutôt onirique. Espoir dépressif, comme tu dis, né du rêve, mais qui espère toujours. Amour quand tu nous tiens...bénis soient les amoureux.

Enfin la nuit. Rupture. Plus de conscience, plus de voix. Silence. Plus rien. Drôle vision de la nuit, entre nous, mais bon, soit, acceptons la nuit comme un grand "rien" ou alors comme une grande rupture avec la conscience, l'image, la lumière, la vie.



La deuxième partie est époustouflante. Je parle ici de confidence. Sur le rythme, tout a été dit. Sur le forme, des choses sont à revoir. Mais ce qui charme, c'est la sincérité. Et le sentiment. Le sentiment sauve tout, est tout, dans cette seconde partie. Magnifique, je dois dire, mais trop...un brin trop cliché selon moi. Il faut plus que des larmes pour émouvoir, et on peut émouvoir simplement par des mots, des images plus simples. Cela n'est que mon avis.
Cela étant, le dernier vers montre une douleur profonde, touchante, qui a su transcendé la page pour s'exprimer, et pour montrer une certaine beauté dans la souffrance (pour ne pas dire de). J'aurais vu autre chose, sans doute plus renfermé, mais soit, c'est ton écriture. Touchante, sincère, mais qui a ses limites, si on voit au-delà. Toujours est-il qu'il demeure un paradoxe, une souffrance, un goût d'inachevé pourtant terminé.


D'où les deux mots finaux : good luck.



ps. J'aurais pris désespérance comme titre.
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Ven 1 Juin - 21:52

Citation :
Mais on a du mal à échapper à la liste quand l'inspiration la créé, non ?
J'approuve, en effet.
Citation :
Trop de césure
Ouais... c'est vrai que ça fait un peu poème steak-haché régulièrement découpé au couteau. Mais en même temps c'est quoi un alexandrin sans césure ? En plus c'est plus aisé pour chanter mes vers sur des accords au piano... (6 pieds = 1 accord) Mauvaise excuse, ce n'est pas de la chanson que je fais.
Merci pour toutes tes critiques, tes conseils et tes avis, je les consomme sans modération.

Je suis content que tu ai pu reconnaitre un peu de ta "soliliesse" dans ma tentative d'exprimer la "déprespérance". Sont-ce d'exacts synonymes ? (Wha, là je parle à la Du Bellay, traduire : Est-ce que ce sont des synonymes ?)
Ma déprespérance est née dans une situation, tout de même un peu singulière, je m'etonne que tu ais connu, toi aussi, ce sentiment.
Citation :

Les rues irréelles, vacillantes > soit. Mais alors de quoi s'agit-il ? rêve, drogue, illusion ? (les trois peuvent se confondre, ou se nier en bloc).
Je n'ai jamais touché à la drogue mais j'ai l'impression de connaitre intimement ses effet (à petite dose) de par ce dérèglement des choses qui m'entourent, parfois, sous l'émotion. Comme si je découvrais les choses pour la première fois, sous un autre angle, avec d'autre couleur, d'autre significations, une autre présence. En fait, ce poème est né bien avant d'avoir été écrit, disons, il y a une semaine que j'ai vécu pour la première fois cette déprespérance et que, marchant ou titubant, (Oui je me plais à tituber et à regarder le ciel lorsque je me sent bizarre) dans les rues crépusculaires d'une Toulouse animée, j'ai ressenti ce balancement émotif des bâtiments de briques rouges et oranges (et pas rose), sorte de mouvement pendulaire de la tête et du corps, comme une secousse langoureuse d'une vague lente à l'agonie.
Citation :
Cafés dansant, gazouillant comme des oiseaux > Soit, mais qu'est-ce qu'un café dansant, à notre époque, et gazouillant qui plus est.
Dansant ? Oui car, assis à la terrasse d'un restaurant, j'ai vu les passants passer au ralenti, oui peut-être sensuellement, comme une sorte de slow. ( j'ai tendance, sous l'effet de la déprespérance de voir les choses dans leur ensemble, ce qui ralenti les images qui me viennent)
gazouillant, c'est marrant que j'ai mi ça, je viens de m'en rendre compte, je faisais référence au paroles joyeuses et incompréhensibles des gens autour, mais je viens de me souvenir de ma fascination pour l'activité des martinets venus crier et voleter au dessus de nos têtes. Leurs cris faisaient écho en moi. Leurs cris soulevaient en moi une signification, erronée bien-sur, mais bien plus humaine et moins étrangère que le gazouillements des gens.
Citation :
Le soir rugissant des allées rougissantes > soit, mais comment un soir rugit de couleur ?
Oh, tu sais je ne voyais pas les choses comme ça, je ne suis pas aussi poète !
Pour moi, le soir ne rugit pas des allées rougissantes. Mais c'est les allées rougissantes qui font de ce soir un soir rugissant. Je me suis peut-être mal exprimé, mais tant mieux, je préfère ce que tu as compris à ce que j'ai voulu mettre.
Citation :
bénis soient les amoureux.
Amen.

Citation :
Mais ce qui charme, c'est la sincérité. Et le sentiment.
Me voilà content d'entendre ça ! J'ai toujours eu horreur qu'on ne me trouve pas assez sincère dans mes textes. La sincérité, c'est ce que je veux avant tout. Malgré cela, ma vision des choses tombe parfois dans le banal et le cliché. Mais au fond, je me demande si je ne préfère pas le "banal" sincère à "l'original" hypocrite, sans que ces deux choses n'arrivent au pied de "l'original et sincère".

En tout cas je te remercie, d'avoir été sensible à mon poème, et pour ton encouragement.


Oh, oui, au fait : Si désespérance sonne plus joliment, ce mot (EDIT : existant dans le dictionnaire, je viens de vérifier, et synonyme de désespoir) ne me conviens pas tout-à-fait, il y a quelque-chose dans la déprespérance de plus âpre. (âpre est un mot âpre, d'ailleurs) Et puis il s'agit plus de dépression que de désespoir. C'est vraiment, un espoir dépressif.

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Dernière édition par Liam Daläa le Ven 8 Juin - 11:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Lun 4 Juin - 3:13

J'ai pas encore lu la critique de Mario pour ne pas me laisser influencer. Je vais essayer de commenter dans les jours à venir.

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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Lun 4 Juin - 19:05

Merci à toi.

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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Jeu 28 Juin - 3:06

C'est ma série commentaires à 3 heure du mat'.
Let's go.

Avant toute réflexion plus approfondie, il faut le dire les poèmes sont bons. Mais je trouve l'utilisation de la ponctuation assez hasardeuse; j'ai parfois l'impression que tu obliges le lecteur à s'arrêter alors qu'il aurait naturellement marqué une pause, mais que la virgule n'a pas de sens.
De très bonnes idées, des images que j'aurais été fier de trouver ou que j'aurais très bien vu dans les poèmes des plus grands de la poésie.
Dans le détail j'ai quand même relevé quelques faiblesses.

Dans l'ordre, défauts/points forts:


La virgule en fin de second vers me semble peut être en trop, avec une reprise sur « que ».
« Les cieux sont croulants » je trouve le passage peut être un peu pesant. Peut être à cause de la présence du verbe « être », les « cieux croulants » ça aurait été plus fluide.


« Et la joie, la tristesse accompagne toujours,
C’est l'espoir dépressif, qui se veut cohérent, »

J'avoue que j'ai mis du temps à comprendre que la tristesse accompagnait toujours la joie.
J'aurais mieux compris, « Aux joies, peines et tristesse se joignent toujours »

« Mais qui ne l'est pas plus, que ce fort grand amour, »
Pourquoi cette virgule au milieu ? Techniquement je vois pas l'intérêt.



« Dans les cafés dansants, aux doux gazouillements,
Dans le soir rugissant des allées rougissantes. »

Très « Rimbaud » ces deux vers, donc très pro.
Par contre là encore la virgule entre « dansants » et « doux gazouillements » je la trouve gênante.
Mais le « rugissant » « rougissantes » est sublime, et invite à l'interprétation.


***

"Des vraies gouttes de ciel, de cristal et de plomb,"
C'est du détail mais je trouve que « de vraies gouttes de ciel » sonnerait mieux.

Heureusement qu’arrive, en ultime sauveur,
Telle une avalanche, ton rire éblouissant.


Très jolis derniers vers, même si j'ai un peu de mal avec le rapprochement entre l'avalanche et le rire.
J'aime cette vision du rire qui arrive dans un halo de lumière délivrer de la souffrance, momentanément, car la souffrance est inévitable et on le voit bien avec les vers précédents. Mais on veut croire que cette fois c'était la dernière et ce soir encore on ira oublier sa souffrance dans les "cafés dansants" (les bordels?) "aux doux gazouillements" (les frémissements du désir ?) pour finir sur les "allées rougissantes" bercé par le vent du soir. Et puis la tristesse reviendra, et on recommencera... (encor' ! encor' !) car la mélancolie est douce et on finit par ne plus pouvoir s'en détacher.



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MessageSujet: Re: Larmes de Déprespérance   Jeu 28 Juin - 12:44

Merci, pour ton commentaire. 'vaut mieux tard que jamais !

Pour la ponctuation, tu as raison, je sais j'ai abusé des virgules inutiles encore une fois. (Ne pas chercher de double sens dans le mot abusé.)
Citation :
« Les cieux sont croulants » je trouve le passage peut être un peu pesant.
Ca tombe bien, vu le sens du vers Wink Non je prend en note, tu as raison, le verbe être plus "croulant" ça peu être lourd pour rien.
Citation :

« de vraies gouttes de ciel » sonnerait mieux.
J'suis d'accord. Tu vas me faire regretter de ne pas avoir mis ça.

Pour le rire-avalanche, pour moi ça s'approche à un rire-cascade rafraichissant, mais avec cette idée de lumière, la lumière immaculée de la neige qui tombe en cascade et panse comme un bandage de soie froide ma blessure brulante. Mais momentanément, tu as raison.

Merci pour ton commentaire.

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