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 Exhorta Ciudad

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Mario
Ecrivain
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MessageSujet: Exhorta Ciudad   Mar 1 Jan - 18:47

Voici le poème que j'ai oublié de ramener pour le nouvel an. A base de cornichons, de petit plaisir solitaire et de bretonne bien bonne.




Exhorta Ciudad






Sortie d'un bar à tokay
On a sagement mis en marche
la Grande Révolution Onirique


Les croque-morts patientent sur les toits
ils regardent passer les métros célestes
un train qui flotte sur l'horizon
la fumée le précédant

les portes claquent dans la ville calme
elles battent un rythme chamanique
un tempo de transe alors que
la Lune se fait bouffer par les chiens
tenus en liberté par un gigolo bouffi
bouffé d'orgueil bouffé d'envie
les portes claquent dans la ville calme

Tous les trucs, machins et bidules
vivent et meurent sans nul savoir
Les affiches s'animent sortent des cadres
des murs de l'abattoir
Ça chasse l'homme-papillon qui pense
assis sur un mur au repos du soir
Il attend quelque rêve d'enfant
Une sonnerie comme abreuvoir

La ville s'en va la ville s'exporte
S'exile dans des cartons vides
des boîtes remplies de fumerolles
percées de trous mais rien ne fuit
Tout tourne, respire - tout tourne et luit

Et lui pédale sur un vélocipède
à faire tourner son entreprise
Ses hamsters à la foire s'amusent
s'esquintent et s'usent en souvenirs
alors il prend l'allure sportive
transpire ainsi de pire en pire
tant et tant de vieux en vieux
que les rides financent le vide
sur lequel vole et nage en nage
un scaphandrier éphémère
sorti des femmes des verres de rage
expulsé des vins amers

De l'alcool charitable
à la confiture de sourires
De l'élégance et du charme
allument les mèches de son empire
Royaume oublié noyé vendu
mémorisé par les troupeaux des machines
identiques dans leur nu
pareillement courbées à l'échine
Le feu court la flamme suce la moelle
moelleuse de l'homme mou
Il hurle illumine halète
explose inonde tous les trous

: la couleur le son ensemble
coulent en torrent sur les écrans
L'écume sensible rassemble
la perfection du sentiment
Inspiration d’égoutier cosmique
Qui écrase des rats-météorites
des chats sanglants des diables de cirque
touillés en cris dans une marmite

- les bulles bouillonnent et s'absentent
Usées par les mots - mensonges qui tentent
les chocs à l'âme - car l'homme croque
la peau la peau organes néant
Cannibalisme malin à l'iris brûlant
Les dents portent des masques en toc
et mâchent l'horloge gloutonne au miel
qui marque la langue râpée au ciel


- Ottawaaa ! Ottawaaa ! les apaches rêches
frottent leurs plumes à leurs gorges
Les chasseurs de la plaine repêchent
Crissement ! des mots qu'on égorge
Crissement ! des sons qu'on fait naître
Dans le blanc, le blanc du sang...
Ottawaaa ! les apaches rêches


Mais madame...la boutique n'est pas fermée !
Le marché aux esclaves continue sa lutte
son doux combat inachevé
son murmure tendre son discours cru
On a dépouillé le sens les mots la chasse
a vidé les carcasses roté les besaces
Nos bouches vides nous servent à spéculer
sur nos gloires nos talents nos sons de beauté
aux couleurs en fuite, évasion éternelle
dans les dédales d'ego aux miroirs polis
sur des banquises géniales des bancs sans vie

Alors que passent les vieillards !
aux fauteuils volants de libellules rieuses
romance la diva noire
au chant raisonnant d'exhalaisons
et de soupirs d'or
le bluesman, crocodile émeraude
brille vert au soleil ses cordes valsent dedans
son désespoir son amour la vie en fugue majeure
ravalés par la mousson du rhum
et le regard posé sur une jupe instable
où l'on vient rêver entre les dunes tièdes
dans le silence retrouvé
revoir ceux qui de nous furent aimés
sans larmes ni pudeur au loin des lumières
dans le silence retrouvé
revoir ceux qui de nous furent aimés

Le mouvement va à la douceur de l'ange
qui dort sur les photos poussiéreuses

Une page est tournée...
Qu'on se le dise ! au chapitre des éclats-moon
les bals reprennent les pas entament
l'aube échouée contre nos réveils
nos yeux lourds nos mots mis en veille
reprennent le vers forcé
Image : des âmes en cravate fière
Défilent en rythmes militaires
Hau-temen hau-tement une-deux-une...
Les âmes sautent et s'ordonnent
la cadence des cœurs en donnent
Les écrans regagnent des couleurs
nos yeux posés sur les écrans
respirent inspirent - expirent enfin
au noir au blanc au blanc du sang

La Grande Machinerie de l'image
berce notre monde qui se voit vivre :
des pantins sur des piédestaux
titubent des mains aux nuages ivres
Le théâtre monte sur les toits
et démontre sa mécanique
les véhicules transportent au soir
les portes aux rythmes chamaniques
les portes claquent dans la ville calme

Les vers attendent, coiffés soignés
rangés près des sonorités et enluminures
Certaines s'amusent et font le mur
parfois. Parfois seulement dans l'oubli
elles défient le sportif endormi
le dépasse, lui et son génie
ce coup de pédale ridicule
qui fait suer et grimper la mule

Marquent avec une moquerie de pitié
tandis que les loups se bafrent de nuit
tandis que la ville meurt en battements
"où sont passées les filles d'antan ?"


Sortie d'un bar à tokay
On a sagement mis en marche
la Grande Révolution Onirique






Azy Liam, envoie les tomates Wink





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The shadow
Chef correcteur
Chef correcteur
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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mar 1 Jan - 20:23

Classe. Je l'aurais bien vu avec un petit twist en costume cravate pour illustrer tout ça.

En plus c'est parfaitement dans l'ambiance d'un nouvel an.




_________________
Quand je vois Aphrodite, je pense à « hermaphrodite » et du coup j’imagine un escargot.
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Lutin Mutin

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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mar 1 Jan - 20:50

C'est vrai que ces explosions de vers sont assez festives, j'ai pensé à un feu d'artifices. Des oxymores m'agacent vraiment tant ils me semblent dépourvus de pertinence, plus généralement j'ai cherché du sens dans nombre de vers, mais je crois que ce poème est davantage destiné à noyer le lecteur sous une abondance d'images toutes plus détonantes ou fantastiques que les autres.

Je t'envoie un poney.
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Mario
Ecrivain
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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mar 1 Jan - 21:27

*troll* cela montre que tu ne comprends vraiment pas mes propos. Le poème dit complètement l'opposé de ce que tu as compris. Je commence à penser comme l'ami Alcide...


Pas la peine d'entamer un débat là-dessus. Il y a des textes qui n'ont pas besoin d'explications supplémentaires.
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Liam Daläa
Chef Administrateur
Chef Administrateur
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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mer 2 Jan - 0:05

Je n'irai pas jusqu'à dire que les tomates urgent. (hi-hi-hi)

Je n'ai rien à dire de constructif.
J'ai bien senti le chambranlement nouveau d'une révolution onirique, le poème et ses vers semblent secoués par une guerre totale et colorée contre le goudron et le béton qui nous enlise.

Sinon, j'ai un peu de mal avec l'utilisation d'éclats-moon. L'image n'a rien de mauvais c'est l'utilisation de moon qui me perturbe. Je n'y trouve pas une musicalité plus belle que dans le mot Lune.

*Intercepte le poney du lutin et je le fait cuire à la broche*

_________________

Je m'appelle Invité comme tous le monde.

Erik Satie



*
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Lutin Mutin

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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mer 2 Jan - 0:38

Désolé de t'avoir irrité. Je vais tenter une interprétation. Seulement j'ai l'impression qu'il pourrait y en avoir des milliers.




Sortie d'un bar à tokay
On a sagement mis en marche
la Grande Révolution Onirique


Les croque-morts patientent sur les toits
ils regardent passer les métros célestes
un train qui flotte sur l'horizon
la fumée le précédant

les portes claquent dans la ville calme
elles battent un rythme chamanique
un tempo de transe alors que
la Lune se fait bouffer par les chiens
tenus en liberté par un gigolo bouffi
bouffé d'orgueil bouffé d'envie
les portes claquent dans la ville calme

Tous les trucs, machins et bidules
vivent et meurent sans nul savoir
Les affiches s'animent sortent des cadres
des murs de l'abattoir
Ça chasse l'homme-papillon qui pense
assis sur un mur au repos du soir
Il attend quelque rêve d'enfant
Une sonnerie comme abreuvoir



Je vois un monde où tout semble être inversé, dans un rêve sûrement (lune, ville calme). Le train qui suit sa fumée à l'horizon, les portes qui claquent en silence, les chiens forcés à être libres sont des images charmantes, tout cela au milieu d'une ambiance dionysiaque: un mouvement, un souffle impersonnel et immense s'empare de chacun et l'emmène vers une dernière et mortelle danse, les croque-morts attendent. Plus le moment de méditer, la réflexion était déjà fragile comme un papillon, elle s'envole maintenant au loin.


La ville s'en va la ville s'exporte
S'exile dans des cartons vides
des boîtes remplies de fumerolles
percées de trous mais rien ne fuit
Tout tourne, respire - tout tourne et luit



Le souffle dionysiaque s'amplifie. La civilisation, parce que soudain dionysiaque, s'abolit et s'étend à la fois, s'exile.


Et lui pédale sur un vélocipède
à faire tourner son entreprise
Ses hamsters à la foire s'amusent
s'esquintent et s'usent en souvenirs
alors il prend l'allure sportive
transpire ainsi de pire en pire
tant et tant de vieux en vieux
que les rides financent le vide
sur lequel vole et nage en nage
un scaphandrier éphémère
sorti des femmes des verres de rage
expulsé des vins amers



J'aime beaucoup cette strophe, mais je n'ai pas compris le coup des hamsters, à part qu'ils semblent faire partie de l'entreprise de l'homme-papillon, si c'est toujours lui (le "Et lui" peut cependant indiquer un nouveau personnage). Pour le reste je vois un homme qui va à l'encontre du mouvement, car il est encore là à faire tourner son entreprise, bien qu'il utilise un moyen aussi grotesque et grandiose que le tourbillon dionysiaque, un vélocipède. Son entreprise n'est pas à prendre au sens commercial, mais plus généralement, laborieuse, alors que le souffle dionysiaque abolit tout individu pour l'entraîner dans un gigantesque gouffre de décadence ; il lutte contre ce dernier et, parce qu'il ne suit pas le mouvement, vieillit à vue d'oeil, parle dans le vide puisque personne ne l'écoute, s'alourdit de ses vains et rageux efforts. Son vin n'est pas sucré comme celui de Dionysos, mais amer ; quand bien même il goûterait le vin de Dionysos, il est dans sa bouche rendu amer par sa rage.


De l'alcool charitable
à la confiture de sourires
De l'élégance et du charme
allument les mèches de son empire
Royaume oublié noyé vendu
mémorisé par les troupeaux des machines
identiques dans leur nu
pareillement courbées à l'échine
Le feu court la flamme suce la moelle
moelleuse de l'homme mou
Il hurle illumine halète
explose inonde tous les trous



Cette ultime fête dionysiaque a lieu dans une civilisation dont les hommes, puisque mous, s'y laissent choir. Le feu dévore leur chair jusqu'à la moëlle, les deux derniers vers évoquent un orgasme... orgiaque. Ces hommes sont mous car appartenant à une civilisation décadente, autrefois florissante, ancien grand royaume aujourd'hui déprécié, dépravé, trahi par ses propres habitants. Les troupeaux de machines me font penser à la révolution industrielle, bien que je ne vois pas le lien entre la chute et l'agonie de ce royaume et le progrès technique - tout dépend de ce que l'ont fait de ce dernier.

: la couleur le son ensemble
coulent en torrent sur les écrans
L'écume sensible rassemble
la perfection du sentiment
Inspiration d’égoutier cosmique
Qui écrase des rats-météorites
des chats sanglants des diables de cirque
touillés en cris dans une marmite

- les bulles bouillonnent et s'absentent
Usées par les mots - mensonges qui tentent
les chocs à l'âme - car l'homme croque
la peau la peau organes néant
Cannibalisme malin à l'iris brûlant
Les dents portent des masques en toc
et mâchent l'horloge gloutonne au miel
qui marque la langue râpée au ciel



L'orgie dionysiaque s'amplifie dans un horrible lancer artistique. Tout est mangé, consommé, consumé, anéanti, l'homme, la morale, l'interdit, la nature, le temps, tout devient insignifiant, absurde, dérisoire face à Dionysos.


- Ottawaaa ! Ottawaaa ! les apaches rêches
frottent leurs plumes à leurs gorges
Les chasseurs de la plaine repêchent
Crissement ! des mots qu'on égorge
Crissement ! des sons qu'on fait naître
Dans le blanc, le blanc du sang...
Ottawaaa ! les apaches rêches


Que viennent faire les Iroquois ici ? Des Iroquois apaches ? Et rêches ? Et qu'est-ce qu'ils font ? Ils égorgent des mots, et l'on écoute le crissement qui en naît. Tout cela est très étrange et renvoie au rêve, puisque cette révolution est onirique. Or, le rêve n'est pas propre à Dionysos, mais à Apollon.

Mais madame...la boutique n'est pas fermée !
Le marché aux esclaves continue sa lutte
son doux combat inachevé
son murmure tendre son discours cru
On a dépouillé le sens les mots la chasse
a vidé les carcasses roté les besaces
Nos bouches vides nous servent à spéculer
sur nos gloires nos talents nos sons de beauté
aux couleurs en fuite, évasion éternelle
dans les dédales d'ego aux miroirs polis
sur des banquises géniales des bancs sans vie



La quasi-absence de ponctuation, bien visible ici, accélère la fluide et tonitruante avancée du mouvement dionysiaque. Mais parallèlement à celui-ci, l'ordre marchand persiste et persévère - c'est d'ailleurs peut-être de lui que provient, directement ou indirectement, ce mortel et morbide sursaut dionysiaque. L'ordre marchand est par essence inachevé, cherchant toujours à croître dans une perpétuelle fuite en avant, il prône la croissance indéfiniment.

Qui est ce "nous", aux bouches vides avec lesquelles nous spéculons ainsi ? Ce nous semble être un personnage général, à la fois témoin et participant du tableau, actif et contemplatif dans et de sa propre chute, dionysiaque et sublime, résigné et héroïque, déchu et décadent et sautant enfin dans le ravin après avoir tant reculé. Oui, il ("nous" ; dans cette fin dionysiaque, tout devient un) s'admire une dernière fois en sombrant. Et parce qu'il s'admire ainsi dans cette mort orgiaque, destructrice, dionysiaque, il est aussi apollinien. Ce Nous est tragique au sens noble, tel l'Athénien au théâtre antique s'anéantissant devant un horrible et sublime rêve éveillé, la tragédie attique. Nous sommes à des milliards de kilomètres du christianisme.


Alors que passent les vieillards !
aux fauteuils volants de libellules rieuses
romance la diva noire
au chant raisonnant d'exhalaisons
et de soupirs d'or
le bluesman, crocodile émeraude
brille vert au soleil ses cordes valsent dedans
son désespoir son amour la vie en fugue majeure
ravalés par la mousson du rhum
et le regard posé sur une jupe instable
où l'on vient rêver entre les dunes tièdes
dans le silence retrouvé
revoir ceux qui de nous furent aimés
sans larmes ni pudeur au loin des lumières
dans le silence retrouvé
revoir ceux qui de nous furent aimés



Des scènes bien délirantes, et oniriques, poétiques, ensoleillées, apolliniennes: Alors que passent les vieillards !/aux fauteuils volants de libellules rieuses que narre une diva noire aux soupirs d'or... Et ce bluesman blasé, aussi bien montré que les précédents, participe à la fuite en avant plongeante dionysiaque à sa manière, en se reposant en silence après l'acte dans les bras d'une fille dont la douceur et la tendresse lui rappelle des temps anciens... On ressent ici un mélange de sentiments tragiques et nostalgiques, que transmet aussi l'ange endormi sur les photos poussiéreuses. Ce bluesman semble être à part, en dehors du spectacle dionysiaque, il est trop tendre. Sa nostalgie concerne un temps d'autrefois, peut-être pré-marchand alors que la nostalgie des photos poussiéreuses sera celle pour la fête dionysiaque qui est en train de s'achever ; ce bluesman dans les bras d'une fille, est une scène finale à l'écart de la fête qui se termine.


Le mouvement va à la douceur de l'ange
qui dort sur les photos poussiéreuses

Une page est tournée...
Qu'on se le dise ! au chapitre des éclats-moon
les bals reprennent les pas entament
l'aube échouée contre nos réveils
nos yeux lourds nos mots mis en veille
reprennent le vers forcé
Image : des âmes en cravate fière
Défilent en rythmes militaires
Hau-temen hau-tement une-deux-une...
Les âmes sautent et s'ordonnent
la cadence des cœurs en donnent
Les écrans regagnent des couleurs
nos yeux posés sur les écrans
respirent inspirent - expirent enfin
au noir au blanc au blanc du sang

La Grande Machinerie de l'image
berce notre monde qui se voit vivre :
des pantins sur des piédestaux
titubent des mains aux nuages ivres
Le théâtre monte sur les toits
et démontre sa mécanique
les véhicules transportent au soir
les portes aux rythmes chamaniques
les portes claquent dans la ville calme



Les rideaux se ferment, la tragédie est terminée. Tout cela n'était qu'un rêve, d'où le mouvement ralenti par la douceur de l'ange, puis éteint par le réveil collectif des humains repartant au boulot. Ce rêve était en fait leur plus grande espérance, car ils veulent en finir de cet ordre marchand, ils veulent, puisque ce dernier a détruit religion, morale et famille, fuir cette vie de chien en crevant tous ensemble dans l'orgie dionysiaque dont ils ont révée. A moins que celui qui en ait rêvé ne soit seul et, se réveillant comme les autres, les voit démarrer une nouvelle journée. Ils retrouvent leur monde et époque de merde, dans un pays autrefois grand, aujourd'hui dirigé par ces patins qu'ils voient à la télévision (écrans qui regagnent des couleurs, Grande Machinerie de l'image). Au soir ils sortent des transports en commun et rentrent chez eux.


Les vers attendent, coiffés soignés
rangés près des sonorités et enluminures
Certaines s'amusent et font le mur
parfois. Parfois seulement dans l'oubli
elles défient le sportif endormi
le dépasse, lui et son génie
ce coup de pédale ridicule
qui fait suer et grimper la mule

Marquent avec une moquerie de pitié
tandis que les loups se bafrent de nuit
tandis que la ville meurt en battements
"où sont passées les filles d'antan ?"


Sortie d'un bar à tokay
On a sagement mis en marche
la Grande Révolution Onirique



Si les Athéniens utilisaient le théâtre pour mettre en scène la tragédie (moyen apollinien servant le souffle dionysiaque), ici ce sont les vers qui sont employés à cette fin ; la nuit retombe, ils se préparent pour faire ressurgir le rêve de cette tragédie. Le laborieux, le sportif endormi, celui qui combat et l'ordre marchand et l'orgie qui s'ensuit dans le rêve dionysiaque, sera rendu dérisoire face aux vers qui promettent ce rêve, et qui se moquent avant de repartir du sportif par cette question: "où sont passées les filles d'antan ?". Les filles d'antan, sages et pudiques, n'ont rien à faire dans le rêve dionysiaque, qui recommence.
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Mario
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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   Mer 2 Jan - 21:06

L'interprétation est bien subjective. Intéressante, mais très personnelle. Je ne reconnais pas tout à fait le poème dans celle-ci.
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MessageSujet: Re: Exhorta Ciudad   

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Exhorta Ciudad
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