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 Poèmes en fraude

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Mario
Ecrivain
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MessageSujet: Poèmes en fraude   Sam 10 Aoû - 21:54

L'idée m'est venue en repensant à l'expression de Liam sur mes vers "en liberté conditionnelle". J'ai décidé de lancer des poèmes plus aventureux, plus audacieux, et qui chercheraient d'autres façons de faire de la poésie. Une sorte de laboratoire poétique qui débute, pour faire simple. Pour l'heure ça peut ressembler éventuellement à du Bukowski, je le relis.

(mon word fout des majuscules partout, c'est une vraie plaie...)





I

Un jour que je me promenais
Je vis des gens
Porter des urnes pour
Les cendres des morts
Toute la ville formaient une grande
Procession à
rendre hommage
- Je l’appris bien tôt –
A l’argent disparu

Il pleuvait ce jour
De grosses gouttes grises
Légères
odorantes
C’est qu’on jetait  aussi
L’argent par les fenêtres

Il neigeait fort ce jour
Je me souviens
Des flocons sombres
et chauds
Tombaient
Pour la liberté




II


Dans les boutiques-discothèques
Les mannequins ressemblent à des putes
Et je crois que
Je comprends
Le sens de l’achat
La motivation qui fait
Qu’on sort 50e pour un tissu
Qui est vaut 2

Soit

N’empêche que
Ces mannequins là
Bien habillés d’artifices
Ressemblent vraiment à des putes

J’espère qu’on les paye
Correctement





III. La petite méchante


Joue avec son diablotin
Un jouet qui sort
D’un coup
De sa boîte
Monté sur un ressors
Est fait pour
Sursauter
Ou surprendre
L’Emerveiller

Joue de temps en temps
Faire apparaître le petit démon
Puis le ranger
Le cacher
L’oublier
Jusqu’au prochain
Bondissement

Comme si, au fond
Il n’existait pas
Encore




IV


On dit beaucoup de choses sur la poésie
Concepts
Idées inspiration
Images  maudits
Musiques alcools
Et toutes les folies
Mais si le truc venait tout seul
Depuis les tripes
Le silence serait
Notre
Meilleur poème

Les poètes n’ont pas d’héritiers
J’écris sur une page à carreaux
Violets au fond d’une
Caravane palace perdu
Sobre comme un pape
La mer non loin
Berce le sommeil
C’est l’eden retrouvé
Et je sors quelques bons trucs
Je crois
On dit beaucoup de choses sur la poésie
Mais il y a les tripes

Qui s’échangent
S’achètent
Se vendent
Se louent
D’aucune façon

Elle se donne difficilement
Cette garce
Sans artifices
Ce qui rend la chose
Si compliquée
Il faudrait tenter un jour
Une bonne fois pour toutes
Choper le silence
En faire un poème moyen
Ça en ferait fermer
Des presses d’inspirations

Car il faut le dire
On dit beaucoup de choses sur la poésie




V. Un vrai poème


J’ai misé sur le numéro
11 dans la cinquième
Bonnes statistiques
150.000 euros de gains le
Mois dernier
2.8 contre 1
De quoi balancer
10 euros pour
Se payer ensuite
La pinte du vainqueur



Démarrage correct
Il prend la corde
Gère son allure
Passe en tête
A la sortie du dernier tournant

Le deuxième se met au galop
Sous les cris de la tribune
En feu
Et le mien passe la ligne
Loin devant

Certains hurlent de colère
D’autres rigolent d’avoir su
Que ce bourrin finirait premier
Sans nul doute
Alors que leurs voisins l’ignoraient

Une pinte gagnée
Aussi durement
Se savoure
Véritablement
Au moins jusqu’à
La prochaine





VI. Tomy


Y’avait toujours ce gars sur le zinc
Ce type qu’on appelait Tomy
Tomy Tom Jones
Un petit boursouflé
A bretelles
Accroc au bourbon
Il venait
Tous les mardis soirs
A écouter
Une diva noire

On le disait raciste
Raciste d’actualités
Mais
Chaque mardi
Il venait pleurer
Devant le blues d’une venus
A la peau de nuit


Il se secouait
Finissait son verre
Repartait
Sans applaudir
Sans rien à dire à
Personne




VII.


La ville est caniculaire
Tel point qu’on sort les pieds nus
Sur le goudron
Gluant et brûlant
Faire croire qu’on savoure
L’été étouffant

On vit à l’horizontal
Tant que le soleil officie
Et ça me fait réfléchir
A tous les grands moments
Horizontaux de la vie

Alors cette chaleur
C’est comme une petite mort
Le plaisir en moins
La vie encore
En sueur
Sous les rayons mortels
De mes lignes






VIII.




La pluie tombe sur le plafond
De ma chambre
Les gouttes tapent le piano
De ma chambre
La mélodie baise les murs
De ma chambre
S’allument les sirènes rouges
De ma chambre
Animent les ombres folles
De ma chambre
Les sonneries crues
De ma chambre
Le son du diable
De ma chambre
La mort
De ma chambre
Arrive
De ma chambre
Puis repart en tombant sur le plafond
De ma chambre




IX. Sit venia verbo


Dans les draps, de son corps nu
Mademoiselle Maude
Appose la nuit
Sa peau s’étiole en mauve et rêve
Aux couleurs d’aube
De ce qui fut






X. Dans le monde...




dans le monde où je vis
le ciel chante en couleurs savoureuses
les rues sont larges d'un kilomètre
pour que tous les gens puissent s'y rencontrer
On boit aux terrasses des thés alcoolisés
Liqueur de Brahms ou Vendanges tardives rock
La Lune est distillée dans des tasses de nimbus
qui regardent en fumant
mille crépuscules inachevés
dans la mesure finale
d'un opéra fantaisiste

dans le monde où je vis
je croise des géants en couple avec des fées
l'humain comme seule civilisation
on apprend aux enfants, dans nos parcs naturels
la nécessité de l'amour
le besoin d'une morale de tendresse
l'essence de la liberté responsable
Les gamins peuvent passer la licence du ciel
Option contemplation poétique
pour aiguiller les étoiles filantes errantes
sur les chemins de velours et des mains de boudoirs

dans le monde où je vis
chaque homme invente son propre jeu
qui serait sa pensée son fonctionnement
l'utilité de la première rencontre
au coin d'une herbe comme fauteuil moelleux
à côté d'un fumoir pour les amateurs de planètes
le temps passerait parmi les passions
à travailler entre le plaisir et autrui émerveillé

dans le monde où je vis
la ville entière dort le soir sur les pelouses fraîches
quand passe l'astronome qui montre nos prochaines vacances
chacun respire en harmonie à l'univers
et les rêves arrivent quand commencent les concerts
et les contes pour adultes
les films sont des écrans de soie noire
sur lesquels s'endorment doucement les chairs apaisées

dans le monde où je vis
l'imagination au virtuel se prolonge
car les cafés et les boulevards ne suffisent plus
pour découvrir toujours
des soldats de plomb qui défilent dans les orchestres
les poupées blondes aux théories scientifiques
les dragons qui font la tournée des comptoirs
suivis par une meute de matous
parfaite pour malfamer sur les toits en bulles

dans le monde où je vis
il y a un Ministère de la Poésie
complètement vide
c'est qu'il a réussi, savez-vous
à rendre le monde comme un poème
une belle fantaisie musicale
un blues heureux un gospel d'espoir
saupoudré d'une ou deux larmes
le chagrin qui aide à écrire à oublier
à savourer l'instant la tête tournée vers le Soleil

dans le monde où je vis
on se déplace comme on le pense
il suffit de choisir
sur la mer en semelles de vent
sur les cimes en rollers de feuilles
sur les sommets avec des ailles qui surfent
sur la rue de terre les pieds nus
au contact de notre planète en révolution

dans le monde où je vis
des musiciens surgissent n'importe quand
ils chantent l'Histoire, les Sciences
ils chantent les nouvelles du Monde
ils chantent aussi les nouvelles locales
les naissances, les mariages et les morts
ils rappellent la vie des grandes figures
devant un parterre d'enfants au spectacle

dans le monde où je vis
je marche en funambule au milieu
des milliards d'univers en pleine effervescence
ébullition explosion un grand incendie de création
tout chante toute parle tout récite la vie
les étoiles des multivers se rassemblent en vers
et se donnent pour crier un seul son
qui serait une vérité de passage
tandis que je continue de marcher
en équilibre au sein du surgissement
l'horizon comme seul point composant tout mon regard
et je comprends que ce que je suis
l'Homme
est la quintessence de l'univers
au moment où le big bang éteint mon dernier poème

etc.



A faire à suivre...


Dernière édition par Mario le Sam 7 Sep - 20:37, édité 1 fois
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 20 Aoû - 2:14

Très inspiré des thèmes bukowskien en effet, mais ça me plait bien, ça sonne comme une prolongation de "Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines".

J'aime moins le troisième.

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Quand je vois Aphrodite, je pense à « hermaphrodite » et du coup j’imagine un escargot.
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 22 Aoû - 16:27

Fraude !

J'ai aimé l'ensemble.
Et ayant lu le commentaire de Shadow avant je me suis penché sur le troisième avec attention et du coup, je l'ai trouvé plutôt marrant et pas très innocent. Rolling Eyes
Mario a écrit:

(mon word fout des majuscules partout, c'est une vraie plaie...)
Ou pas ! Moi j'aime bien comme ça !

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 22 Aoû - 17:49

Je ne l'avais pas pensé comme ça en écrivant, mais le fait est que...
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Mario
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 7 Sep - 20:45

Je poste à la suite, ce sera mieux si y'a des commentaires.




XI. Comptine


Il y a au creux des enfances magiques
Une petite fée
Qui lance des sorts de bonheur tragique
Toute décoiffée

Elle touche le cœur des matins joyeux
Au gré du vent
Les lutins mutinent à ses beaux yeux
De grands géants

C'est qu'elle charme, elle ensorcelle
Son joli monde
Comme l'alouette et l'hirondelle
Chantent à la ronde

Ses yeux sont, têtes de Soleil
Deux tournesols
Qui réveillent de lourds sommeils
Trop loin du sol

Yeux de braises nacrés de blanc
De jaune brûlant
Yeux de nymphe perlés de sang
Sans rouge ardent

Fille du vide et des vertiges
Au ciel noir
Dans ce continent elle voltige
Au désespoir

Les lutins balancent des éclairs
De pâtisserie
Et les géants reniflent l'air
En tapisserie

Tapis d'azur sous l'envoûtement
D'une petite fée
Qui y lance ses vêtements
Toute décoiffée



XI. Ma Chanson


- Ma chanson, vole au-devant !
Dis-lui que je l'aime
A tire-d'aile, cours
Dérober un baiser
Dis-lui que je l'aile !

- Ma chanson de poésie
Chante ! Tenue par les ailes
D'un oiseau léger, chante !
Dis-lui mes battements
Et fais rêver le ciel !

- Ma chanson, bonne tendresse
Embrase donc ses joues
Enflamme d'un seul geste
Un seul mot qui dirait tout
A voix basse tout partout !

- Ma chanson, ma vieille amie !
Sois l'amante désirée
Caresse et endors et puis
Fais vaciller ! Et alors...
La nuit sera sacrée !

- Ô chanson, nuage d'amour !
Répands-toi dans l'éther
Parcours les terres à l'heure du jour
Veille le soir quand il est sourd
Ô chanson, nuage d'amour !
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Dim 8 Sep - 15:43

J'ai toujours eu un peu de mal avec les lutins, les fées et les géants, mais dans ta comptine ça passe plutôt bien. J'aime bien le double niveau de lecture, comme souvent dans ta poésie.

Sur le deuxième j'ai pas grand chose à ajouter c'est frais et léger comme une chanson de mai.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 24 Sep - 16:07

XII. Startijenn



La poésie est une science exacte
qui n'est qu'architecture
de syllabes et de rythmes
harmonieux, principalement
accordés, aussi
pour la beauté, l'élégance de son chant
se répercute dans son palais
de perfection


Il faut donc connaître avec précision
ses voûtes, ses colonnes, ses murs porteurs
La résonance des pierres froides
et l'allongement dans l'espace
La poursuite du silence par l'écho
en mouvement calligraphiés faits chair
immatériellement chair
lancés du bras, en l'air
où ils prennent une consistance mystérieuse
de grands fantômes sonores


Le poète est l'architecte du ciel
il connait la topographie des mots
ces confettis de sens
Son travail lui permet de capter
d'approcher, de sentir, de comprendre
que tout ce qu'il écrit en contrebas
n'est qu'une carte musicale inconnue
un nouveau lieu mélodique à découvrir
où aucun pas de plume n'a posé sa patte ; 
qu'il faut absolument dresser sans cesse
une inlassable corvée intense

Une géographie du son. 







XIII. 


Ma golfinata
ma jolie jeune fille
me donne des lunas-fatals
insomnie sur insomnie
On joue au cara trap
visage contre visage
Finissent en secret d'état
au murmure des draps
Elle m'appelle maltheor
pris en flag de spleen
Je réponds gatocrate
Marquise des rois chats
Entre deux desossistes
un rhum blanc vanille
on goûte aux cime-tenants
un vin doux qui pétille
Colifata à la lune
en buene notta y otha...
Onironef sont ses dunes
Ses sharries de diva
Ma golfinata toujours ! 
ma jolie jeune beauté
Est un armoret d'amour
Mon océan retrouvé 
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 27 Sep - 23:21

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Lun 7 Oct - 23:36

XIV. Prière



S'arrêter aux dieux pour parler 
d'absolu, dernière frontière 
me semble réducteur
risqué 
car il serait une entité du tout
créateur et création, esprit qu'on nomme
(notez la négation de l'homme)
hasard ou coïncidence ou harmonie
et on s'arrête vraiment à cet endroit

il manque pourtant l'origine
ou plutôt les origines
de cette puissance fabuleuse

on pourrait penser
que Dieu n'est qu'une idée maîtresse
d'une civilisation extérieure supérieure
aussi paumée que nous entre les astres
elle serait arrivée à rendre captable
et parfaite, intelligente donc belle 
une pensée 
une petite pensée complète
à l'étendue infinie
d'une compréhension insaisissable
(vous savez compris la suite)

c'est maintenant à notre tour
d'achever l'idée qui traverse les univers
puisque nous sommes tous des pointillés
parlant au futur à d'autres pointillés
nous avons vécu pour l'éternel
nous l'avons fait exister dans la chair des autres
pour le prochain big bang
(la fête sera sans nous)

Tout peut être faux. 
Si un dieu existe
et s'il écrit comme il pense
parfaitement etc. 
il n'est pas dit qu'il soit poète

(et toc)





XV. Paysages


Amphithéâtre de couleurs selon les cours sensationnels - au sens poreux. 
Placards orchestres pour opéras discrets, mafia des galaxies.
Piscine où nage le pantin mécanique de l'horloger des temps ; steampunk o'clock. 
Les douches de drogue qui purifient le mal par le mal.
Cabinet médical soignant les génocides alimentaires (et crimes contre l'humanité).
Tribunal des objets, avec un jury composé de canards en plastique.
Balcon des fumeurs d'opium - du faux - où s'élèvent des nuages - des vrais. 
Dortoirs aux lits superposés de cinquante étages.
Pont suspendu entre le ciel en bas et au ciel la terre. 
Parquet clavier d'ordinateur énigmatique langage musique électronique son robotique.
Couloir en matière inexistante possédant un précipice à sa gauche où s'entendent des voix. 
Bibliothèques sur lesquelles rôde l'homme tatoué comme une feuille de bingo. 
Cuisines prenant place dans les jardins du hasard au sein des arbres aléatoires. 
Toits de velours pour siestes nudistes. Prévoir la crème paratonnerre. 

Bienvenue à l'Asylium. 
Chambre sphérique où vous vous tenez au centre. 
Composée de soleils collés les uns aux autres parfaitement alignés.
Ils tournent autour de vous et se transforment en yeux. 
Des yeux cyclopéens qui vous regardent exactement.




XVI. Comme l'oiseau


Oui, j'écris des ailles
avec deux l
ça me semble plus logique
si on veut exprimer
la chose
le truc
enfin quoi
son essence
ce pour quoi il est ce qu'il est
et qu'on ne sait pas dire
sauf dans des livres
que personne ne lit
allez savoir pourquoi
peut-être parce qu'on ne sait pas le dire
ceux qui le font
encore moins que ceux qui ne font rien 

alors voilà
deux l pour des ailes
un l pour une aile
et tout le monde comprend
que je ne sais pas écrire
mais que je sais faire voler
des mots que j'aile.
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Mario
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 8 Oct - 22:52

D'un Soleil qui bout
En espérant que Dieu nous garde
De l'humain au caillou
L'univers nous regarde
Lentement par la forge
D'une planète qu'on occis
Petite boule à la gorge
Au sein de la galaxie
Sa légende ressassée 
Qui respecte son mythe
D'une Lune bien pressée
Le coeur frappant le rythme
Palpitent tendres de lumière
Étoilés, les nouveaux-nés
Chanté par les premières
On respire l'air aluné
Dans les nuages dans nos voix
Le Soleil prend son gîte 
Au ciel rose en sous-bois
Font chavirer les tripes
Aux douces déesses d'été
Des nymphes nues à la nuit
De femmes d'ailleurs rêvé
Les pieds ont des envies
L'horizon-quai de gare
Vers le bas, le bas devant
Ils réclament le départ
Au crépuscule s'achevant
De nos souliers de verre
La terre tourne autour
Sur un chemin de pierre
Errance des corps lourds

XVII. Elevation







XVIII. 


je refuse l'inspiration
il me faut une écriture quotidienne
qu'on force, qu'on oblige, qu'on maltraite
une écriture esclave
à la limite ouvrière
pourquoi pas prolétaire

elle ne se laisse pas désirer
elle ne se dérobe pas à ses devoirs
poétiques 
dans notre consentement 
je refuse l'inspiration

j'envoie la poésie dans l'instant
sur tous les sujets 
de la beauté de ma femme
au cholestérol de mon chat
on trouve de la beauté
dans le cours de la Bourse
je ferai un poème sur ça
aussi beau que l'Endymion de Keats
sans jugement de valeur posé 

c'est là notre mythe glorieux
les fast-foods, la hotline, l'info en continu
la télé-réalité, la crise, les polars tous les soirs
les salaires des joueurs de football et
les cachotteries pour le bien commun
c'est notre légende des siècles
qui refuse l'inspiration

je ne parlerai évidemment pas 
des sentiments
je veux être aussi froid et fécond 
que le dernier smartphone à la mode
joli à voir, pratique et esthétique
comme un mannequin gelé
qu'on s'arrache à chaque ouverture
nous voilà dans le prêt-à-faire
la nouveauté, l'inédit, la surprise
comme une promo sur ton écran 
d'une poésie qui s'arrache 
d'une inspiration dégueulasse
qui sniffe ses miasmes et lève la tête
pour respirer l'air pur
d'une poésie qui refuse l'inspiration







XIX. Platoon-poète


ils disent la bouche en fleur
que les poètes sont des grands hommes
soit
mais si on regarde
beaucoup sont, en se penchant bien
égoïste, individualiste, drogué
obsédé, complexé, fou, traumatisé
malheureux, pervers, violent, profiteur, assassin

ils n'aident pas les pauvres
ils ne relèvent pas les laissés-pour-compte
ils ne s'engagent pas dans les grandes luttes
car ils sont lucides et donc blasés
les grands hommes

même pas d'humanitaire
encore moins de politique
mais ils écrivent quand même
pour que les autres crétins disent
la bouche pleine de purin qui sent bon
pardon, de bons sentiments
tout de même...
les poètes sont des grands hommes

Putain
ils sont tellement hideux
que je vais de ce pas faire
un poème sur le monde

et je rigolerai
longuement
haut et fort
et je rigolerai
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 11 Oct - 20:54

J'ai préféré les deux derniers à l'antépénultième. ('Faut bien essayer de caser ce mot !)
Ou alors je les ai pas préférés mais ils m'ont plus marqué.

Celui du refus de l'inspiration est intéressant, même si j'ai l'impression que c'est plus un "refus d'attendre l'inspiration" plus que qu'un refus de celle-ci. Tu ne l'attends pas, tu viens la chercher. (C'est comme le chien sans patte.)

Et le poème de Platoon, est assez parlant quoique j'ai l'impression qu'en généralisant, il insulte tout l'engagement de Victor Hugo pour les pauvres de son temps, lui qui n'a rien du Verlaine tireur, ou du De Nerval fou. Sinon, c'est original, j'ai l'impression que ton dernier poème annonce ton premier dont on a le titre à la fin.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 12 Oct - 13:54

Hugo se préoccupant de la misère humaine, j'suis pas convaincu. De toute façon je parle des poètes, je ne vois pas ce qu'il vient faire ici *sort sous les huées*. Pour moi, au contraire, Verlaine est bien plus proche des clochards (en étant un lui-même ?) que Hugo en exil ou à l'assemblée...

Le titre du premier poème est au début, hein...






XX. Irma tuée


les prochains poètes
nous foutront sévèrement au sol
comme on aurait dû le faire avec nos padres
toi avec tes images conceptuelles
originales et soignées
toi avec tes sentiments
toi avec tes mots nouveaux
vous boufferez de la pierre

Ils prendront nos bouquins, au hasard
avec un programme informatique conçus poétiquement
(vous espériez sérieusement vous trouver encore en librairie ?)
ils composeront en recollant vos mots
qu'ils posteront sur leurs journaux de vie
(sorte de Facebook évolué, c'est-à-dire ultra-carcéral
mais ce sera pour leur bien, on leur a dit
pour leur bien)
et tout le monde autour trouvera ça fameux
cf. les commentaires en anglais
(ça fait cultivé et in media day)
Ils seront encensés, ils seront novateurs
car ils seront les seuls à connaître l'escroquerie

Wait
il me semble bien
que c'est ce que nous faisons déjà
(inclure rires hilares de sitcom)





XXI.


Les connaissances se recoupent
et fusionnent dans la poésie
suffit d'apercevoir
la grande parade du vivre

musique essentielle, sensationnelle - sens brut.
construction précise, mesurée, calculée, même en vers libre, surtout en vers libre
histoire de l'être, histoires des lettres, indissociables
Autopsie de l'humain, médicaments naturels, observation des actions cardiologiques
Contemplation et compréhension de l'homme, à décliner :
actes, conséquences, causes finissons sur l'absurde
Tous les genres littéraires jusqu'au parpaing posé sur un chantier
Engagement ! à la terre, aux idéaux, aux luttes, rien que des espoirs

qu'on résume magiquement

en quelques vers
drôle de pouvoir que celui
de raconter l'humain en quatrains

pas étonnant que certains deviennent fous
remplis dans leurs larmes - sentiments aléatoires attention
d'un trop plein d'insupportable
qui demande
les yeux toujours ouverts, la tête tranchée en deux sur le vif-réel
un sacrifice, les souffrances
car Elle ne mange qu'avec les vivants
et les poètes sont très souvent des gastronomes
sans manières





XXII.


En grandissant, on se rend compte
que les lieux de nos enfances sont toujours plus petits
alors qu'on s'y perdait à l'âge de raison

j'ai peur, si on va par là, peur d'être vieux
tout voir comme un géant
moi, grand golem de rides et de fripes
voir exactement comme le monde est petit
quand balaie le regard des ans

bon, j'espère garder un esprit d'enfant
même enfermé dans la lourdeur de l'âge
pour voir d'en bas la beauté des grands espaces
à découvrir
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Mario
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 19 Oct - 12:30

XXIII. Métensomatose

croyons à la vie antérieure
pour revoir des paysages se dévoiler
à nos yeux qui n'ont encore rien vu


Il y a l'immense société marine
Tournée vers les gouttes des soleils liquides
Au fond des criques et des abysses engouffrantes
Rugissent mes familles de mastodontes en marche

De grands palais impériaux où se pressent les peuples
Laquais confidents secrets aux courtisanes Salomès
Rois & Reines, amants, intrigantes & chanceliers
Battent monnaie au rythme des cavaliers blancs

Les peuples migrateurs les nomades de la faim
Les steppes ouvertes au ciel divin d'indigo fou
Adolescent, je galopais parmi le troupeau géant
dans une plaine de feu où le tonnerre est doux

Palme d'un esclave qui rafraîchit mes rêves
Près d'un oasis au milieu du désert d'or
Les chameaux boivent tandis que les hommes fument
Et je regarde le couchant reflété par l'eau calme

Attention à la diligence ! Le soir arrive en lisière
De la ville qui s'endort et s'enfonce dans l'oubli
Le Ventre gronde, quand certains fumets retroussent
Les cordons des bourses des passagers affamés

Petite fille aux yeux ouverts comme deux grands lacs
Qui regarde inlassable la Lune ronde danser au ciel
Avant de dormir, rejoindre les sables des fables
Des grains de poèmes virevoltant sur une plage d'étoiles






XXIV. Pantoun


Dans le matin timide les couleurs se séduisent
Les nuages fleurissent roses à l'aurore rouge
Pour un amour courtois flambant le pourpre aux joues
L'éclair qui frappe lie les cœurs en bouquet

Les nuages fleurissent roses à l'aurore rouge
La tempête s'avance et commence à chanter
L'éclair qui frappe lie les cœurs en bouquet
Et l'ouragan déclame des poèmes éventés

La tempête s'avance et commence à chanter
Quand les nuées noires s'accordent en grondements
Et l'ouragan déclame des poèmes éventés
Tout se relâche et arrose le rampant

Quand les nuées noires s'accordent en grondements
En la lancés par les armées de gouttes
Tout se relâche et arrose le rampant
Dans le matin timide les couleurs se séduisent





XXV. Aromantique


les poètes ont l'art poétique
du fantasme
fantoche de plaisir
à inverser à loisir
ils se damnent pour des caillasses

il suffit de lire, comme toujours,
de lire leurs idéales
images de bonheur sacré
censées être LA poésie
quintessentielle

les femmes des îles exotiques
le ciel, la mer, l'amour, la mort
le pauvre, le luxe, la chair
les élans, le cœur, la fille
la nature, le dégoût, l'ivresse
baladent leurs chaînes dans les greniers du vers

exemple :
les poètes et la forêt de Fontainebleau
forêt artificielle créée par Colbert
les romantiques ont trouvé là
l'expression ultime de la nature sauvage
(surtout, ne pas rire)
ils l'ont défendue, ils l'ont protégée
Victor Hugo dans le tas
pour en faire un domaine artistique
Ô Nature ! Ô Beauté !
alors qu'elle n'est que construction humaine

Ces gens-là nous abreuvent de fantasmes
et ils ont construit nos mondes poétiques !

Voilà pourquoi il faut
écrire d'autant plus
les faire tomber dans l'oubli
notre papier venant de leur forêt
bien sûr
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 19 Oct - 15:23

Mario a écrit:
Hugo se préoccupant de la misère humaine, j'suis pas convaincu.
Moi, si. Aussi bien par son engagement artistique que politique. Il ne s'agit pas, là, d'être proche des mendiants pour les aider, il s'agit de s'occuper de leur sort. Je doute que Verlaine aie de telles préoccupations.

Mario a écrit:
De toute façon je parle des poètes, je ne vois pas ce qu'il vient faire ici *sort sous les huées*.
Je hue aussi ! Non mais ! Comment peut-on insulter un si frais romantisme ! Il fait parti de mes idoles !

Mario a écrit:
Le titre du premier poème est au début, hein...
Ahhhhhh ! Il fallait le dire ! Bon, certes, "Élévation" aurait pu m'éclairer, mais le truc c'est qu'on ne peut le lire qu'une fois après avoir fait défilé le poème, et donc l'avoir lu ! Et puis, il est très bien à l’envers aussi. Il reste plus grammaticalement correct que mes derniers poèmes, et musicalement ils restent bons. Par contre ça change parfois beaucoup le sens, la première strophe, par exemple... (Je l'avais compris comme ça du coup : L'univers nous regarde depuis un Soleil qui bout tout en espérant que Dieu nous garde de l'humain au caillou, c'est totalement différent !)

Mais, du coup, je vais devoir le commenter à l’endroit aussi, en plus il est quand même meilleur à l'endroit ! Bon, je commenterai tout ça quand j'aurais assez travaillé mon Latin !

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 19 Oct - 17:16

Je sais bien qu'il fait partie de tes idoles. D'ailleurs j'en ai remis une couche pour toi dans les nouveaux poèmes *trolololo*

Je le conçois comme poète, mais je suis sceptique quant à la production boulimique, alors qu'un adolescent comme Rimbaud change la poésie française en deux trois poèmes. Je partage avec ce dernier un certain ressentiment de nos références, le Parnasse, le romantisme...le romantisme m'insupporte plus que tout, a lancé la poésie sur un terrain boueux, celui du cœur qui se livre sans pudeur, à tout le monde sauf à la personne concernée. A tout va et sans raison, sans lucidité. Intéressant en demeurant, mais c'est pas ma came, comme dirait Ynos.

Cela étant, je conçois Hugo poète dans les Contemplations. Moins dans la Légende des Siècles. Mais proche des pauvres...vouais, si on occulte la partie politique de sa vie, la fréquentation du pouvoir, la répression des insurgés de 1848 (il a exprimé ses remords ensuite, alors on lui pardonne tout)
Petit papier savoureusement venimeux du Monde : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2011/01/08/victor-hugo-aimait-les-ouvriers-bien-saignants/

Mais je manque de partialité...il faut avouer que la suite de sa vie, l'exil et le retour, est grandiose. Grand homme sans aucun doute, avec ses erreurs de parcours, c'était une girouette politique qui s'est ensuite fixée sur un concept précis et qui a défendu les ouvriers etc.

Je rappelle cependant que Verlaine était sur les barricades de la Commune, ce qui lui a valu la surveillance de la police française à Londres, au milieu des autres exilés surveillés. Verlaine a connu la prison, les cercles littéraires, la honte de l'homosexualité (ce pour quoi il fut emprisonné, et non les deux coups de feu tirés sur Rimbaud). Déchéance complète, il a connu la pauvreté, il en a parlé dans ses poèmes, donc oui, il me semble plus intéressant que le sieur Hugo, qui n'a jamais souffert que de loin de la misère. On peut dire que cela lui permettait d'écrire dessus, mais je préfère le poète qui a vécu la chose plutôt que celui qui la vit par procuration.

Après, parler de s'occuper des mendiants...l'idée me semble trop actuelle pour défendre un personnage du 19ème.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 7 Nov - 23:36

XXVI. Accroche


Un vieux restait
à sa fenêtre
tandis que je bossais, à l'époque,
avec un téléphone aimable
le vieux passait sa journée
la tête dehors ou
me regardait répondre
avec mon combiné d'enfer

quand je le regardais à mon tour
je me disais que je prendrais bien
sa place
à regarder sa rue à toute heure
lui, il est possible
qu'en me voyant il se disait
la même chose




XXVII. Décroche


(Qu'elle continue, de tristesses cachées
de s'élever en points de suspension
Incompréhension de la vie / Illusions perdues
sur la tonalité de son bonheur...)

Mario-Poetry-Corporation-Bonjour !
je me souviens d'ailleurs de quelques voix
Pouvez-vous me donner votre numéro de poète ?
une Nour grave et douce, un Michel alcoolique compulsif
Je vous écoute
mais celle qui restera gravée sur mon tympan
Vous souhaitez renouveler votre abonnement baudelairien ?
est la voix qui a trop pleuré
En prenant la formule Nerval, on vous assure d'être déshérité
cinq enfants, veuve depuis cinq mois
pension veuvage active depuis lors
Vous avez le droit à un remboursement sur vos litotes
elle était douce, attentive, calme et drôlement sereine
Ah non, votre poète-traitant ne collabore pas avec nous
pourtant il y avait derrière elle
un cortège d'échos désespérés des pleurs la gorge étouffée
nouée sur elle-même dans la douleur
qui finit par éteindre le corps
j'ai fait tout ce que j'ai pu pour l'aider, sans m'en rendre compte
empathie naturelle, la fameuse amie du conseilcombiné
mais je ne voulais plus qu'elle crie, plus jamais
que tout lui soit désormais facile
qu'elle retrouve le sourire, qu'elle aperçoive le bonheur quelquefois
sans souci
tout ça dura un quart d'heure
car je devais faire du chiffre, du rendement
mais il m'arrive encore de l'entendre
cette déchirure contre mon oreille chaude
Mario-Poetry-Corporation-Bonjour !
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Lun 18 Nov - 22:22

XXVIII. November



Les passants promènent le vent
oiseaux de gris
Un frisson au col les prend
et puis s'enfuit

Aux feuilles mortes
se frottent les pieds frileux
La magie porte
quelques tourbillons heureux

Des couleurs en fin d'éclat
sève évanouie
Craquent, orchestre-fracas
de pieds inouïs

Suivies des tendres
tendres morsures du givre
Sans plus attendre
Quand la froideur se livre.





XXIX. Procès gatocrate



Simerollio, le député des rêves du Sud
maire de la capitale des absinthes stellaires
a été emprisonné pour détournements oniriques
accusé coupable de la crise des étoiles sucrées

- Avouez ! Avouez vos crimes de matou ! Nous savons !
Hurlent des caméras hystériques aliénées  - Avouez !
- Il faut qu'on écrive, vous comprenez, il le faut !
Donner votre jus pour qu'on récolte le nôtre !

Lui garde la moustache fière parmi les flashs félins
Que d'yeux fous libérés lâchés par laxisme...
- On inventera bien pire si vous ne parlez pas !
- On remplace votre réalité, on a des idées d'irréel !

Il se met à table, évidemment, réclame un menu décent
avec loukoums, thé brûlant goût glacé noix de coco
La table enfile une nappe d'avocate et plaide
pour l'omelette vénusienne ramenée à feu doux

Simerollio ? Voici ce qu'il raconte : une étoile son amie
Malacala, amie d'enfance, amie de coeur, amie de chair
a vu un chat fameux se goinfrer dans le cratère d'une voisine
qui rougissait comme Mars après l'été au centre-galaxie

Ni une ni deux ni trois elle proposa au coquin malin
qui ne l'était pas, de profiter d'un atterrissage en douceur
dans les criques de ses cirques (elle se prend pour une lune,
la pauvre). L'autre devint météorite fumante dans la terre !

- Quid ? Qui ? Qui a osé se montrer aussi félinement...
L'astre ouvert à la première lueur venue...inconcevable !
La révolution accélérée sous le charme...insupportable !
On signale donc un gatocrate : l'affaire devient étatique.

Il va sans dire, je le souligne pourtant, voyez-vous
que les yeux de perversion laissent libre cours
à l'histoire en marche marathonienne vers le scandale
qui s'enfuit à toute jambe à son cou. (applaudissements)

Un chat, un chat du Parlement, aurait fauté !
Voilà une vérité inaudible pour les aveugles bavards
Quid ? Comment ? Identité ! Historique ! Pedigree !
Où crèche la gouttière d’égout de ce noble bâtard ?

Vite, vite, on retrouve l'étoile en plein maquillage
pour qu'elle illumine au loin les visages absorbés
Puis c'est l'âge qui se soigne des outrages
des tours et des tours autours des soleils immortels

Pour un nom, un rattachement à une constellation
La pauvre estrella veut bien tout dire, et bien plus que ça
Si bien que l'amant est livré au détour d'un cachet-lifting
- Flipeto Contador ! Le Ministre-Tyran-Ronron lui-même !

qui apparaît d'une cape noire enveloppé, sabre au clair
Il tranche la Grande Ourse et perfore la Vialactée
Il siffrone en pleine gloire, mille planètes derrière lui
et condamne à la diète l'accusé et l'étoile sans révérence

La crise des étoiles sucrées passera en guerre totale
de capes & de crocs, de soleils & de lunes, de sucres & de thés
- On a beaucoup parlé de l'absence de la Marquise des Chats
mais cela sera l'objet d'une prochaine une  - ou deux.
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 19 Nov - 0:05

J'ai du mal à saisir le symbole du chat, faut il y voir un rapport avec les "fat cats" ?
Sinon, c'est un régal cette dose de fantaisie que tu nous sers, pile à l'heure en plus.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 19 Nov - 0:11

Aucun symbole, juste un univers créé avec Deedlit au sein de la fantaisie, la gatocratie, où les chats sont les rois et commandent. Flipeto est le Tyran qui aide la seule humaine au-dessus des félins (et c'est son chat, au passage, le fameux Flip !).

Pas fait essprès pour l'heure Wink
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 19 Nov - 15:33

Ψ4εστ τοθξοθρσ φθν

Oups, j'ai oublié de changer de clavier, je voulais dire que c'était toujours fun.
J'ai un retard monstre sur les textes que je voulais commenter.
J'ai envie de le faire. Il faut que je relise et que je retrouve ce que j'avais à dire !
Après, je comprend mieux le délire "gatesque" que Shadow, vu que Deedlit m'a un peu éclairci les choses.


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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 19 Nov - 19:10

XXX. Steamer



Sur le parapet des horizons
au crépuscule
Les rumeurs salées des fonds
se bousculent

Le matelot
guidé par les étoiles
Sur les flots
somnole dans leur voile

Le ciel embrase la mer de nuit
tempête de feu
Le tonnerre devient roulis
et cris des dieux

A l'onde calme
d'un zénith-caresse de nu
Sous quelques palmes
respire l'inconnu




XXXI. Love Club




Nous sommes  le coeur de Jack.
Ce type se tapait tout seul
à la sortie d'un bar en périphérie
Il n'a rien trouvé d'autre à faire
pour se sentir en vie
la sentir couler en lui
que de s'inventer en mieux

Enfermé entre les genres
dans son corps martyrisé
par les modèles et le rejet du monde
Malade à en crever
d'un cancer de la conscience
Prisonnier violent aux yeux ouverts
dangereux esprit qui passe à l'acte
le devient
mais qui regrette de voir

Nous sommes les illusions de Jack.
Entre Père et Mère, la boxe et le sexe
suicide explosif médicament savon
Persuadé que tout est réel
sauf moi
et les causes, la responsabilité
l'enfance référence cachée

Marla n'existe pas
dans l'innocence du chaos
Marla n'existe pas
Fumons une demi-cigarette
Nous sommes la main tremblante de Jack.
Qui s'appuie sur la détente
trouver le déclic, son décapsuleur coma
un tire-cerveau de la folie fermentée
Nous sommes le mythe de Jack.
celui du parfait sauvage
qui fait sauter la civilisation par l'amour
et qui aime
un ange de l'innocence du chaos.

Marla n'existe pas
Fumons une demi-cigarette




XXXII. Face Caméra



un bon acteur un bon film
montre parfois l'état de la génération
état des lieux social
comme un poète
portant un masque
qui colle parfois trop à la peau

Série Noire en exemple. Dewaere.
montre l'horreur au milieu du vide
des HLM insulaires abandonnés dans les terrains vagues
où il danse et joue un jazz de mime
dans un hiver sordide

en errance, en danger quotidien, engagé
meurtrier, assassin de sa propre femme, voleur
folie, perte de contrôle ou perte du sens
des ghettos silencieux de la vie française
ces grands ensembles, falaises sans vie
perdus au bord d'une mer du vide
la banquise des âmes échouées

Trintignant fait l'ado prostituée par sa tante
part féminine, part de jeunesse ivrée d'abject
elle finit libre, libérée, enserrée, volant dans ses bras

- On n'a plus rien à craindre, Mona !
dit-il dans la nuit d'une rue noire
froide et silencieuse
d'une banlieue morte

Au summum de leur état amoureux
Malaise général
The end.





XXXIII. Suddream




Je fais rêver jusqu'aux étoiles
c'est un vrai métier, monsieur
je ne suis jamais aussi heureux, pour vous dire,
que lorsque je finis un quart d'heure avant

je me lève tous les soirs
à l'inverse des gens du commun
enfin je dis communs parce que je suis seul
le soir dans ma garderie stellaire

je raconte des histoires, d'anciens contes
je chante des poèmes sur la guerre
du Temps contre l'action des vivants ponctuels
Quand je les entends ronfler doucement
je quitte mon bleu de travail pour les rejoindre
invisibles le jour au lit du ciel
c'est ainsi qu'on roupille le mieux

je me fais vieux, ma retraite arrive
d'une autre galaxie qui cotisait pour moi
j'irai dormir sur des lunes en fleurs de comète
des jardins luxuriants d'arbres de chair

je cherche un successeur qui n'a pas froid aux cieux
quelqu'un à l'inverse du commun
je dis commun parce qu'il vivra seul toujours

il devra savoir bavarder toutes les nuits
mes étoiles sont exigeantes et difficiles, attention
mais avec un ou deux poèmes épiques épicés de tendresse
elle ronronneront en cascade d'alexandrins


Personne ?
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Mario
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Lun 25 Nov - 21:38

XXXIV. Les travaux de nuit


J'entends parfois à minuit passé
Des coups portés contre un mur
Qui résonnent dans le silence
En ondes brusques et répétées

A croire un marteau insomniaque
Une moquette noctambule
Qu'on cherche à immobiliser
Jusqu'à la fin d'un souffle rompu

Petit je croyais que des tableaux
Tombaient la nuit pour aller dormir
Abandonnaient leurs cadres de travail
Leurs patrons les replaçaient

Maintenant je connais le rythme
L'identité de ces ondes de bruit
Alors je souris en saluant de loin
Ces braves travailleurs de l'amour





XXXV. Liminality




Tu ne sauras pas, j'ai dit là-bas
nom d'un tanka !
Tu ne sauras pas, j'ai dit comme ça
L'Angelica


Une venus sortant des eaux
du caniveau
d'un Pygmalion qui lâche de haut
tous ses cerveaux

La première fantaisie des pages
Blancheurs de sage
Un mage d'amour juste une image
en nage de rage

La Grande Sonorité du Vent
Que trop violent
des mystères s'échouaient souvent
aux plages devant

De quoi remplir des haïkus flous
Triple matous
Polaroids rien que de flou
griffant partout

Parce qu'il n'y a rien à savoir
Surtout le soir
rentrez chez vous y'a rien à voir
puis il est tard

L'heure de la vie du Petit Prince
Si blond si mince
Pour une femme-fleur il en pince
Et ses dents grincent

Ma fleur est-elle encore en vie ?
Ni non ni oui
Juste l'idée qui hante qui luit
qui terrifie

En course les planètes chantent
La petite plante
Elles se fanent en flammes charmantes
Le rêve décante

Une voix furieuse celle du refus
d'en dire plus
sur une Lune fleurie de mues
secrètes et nues


Tu ne sauras pas, j'ai dit là-bas
nom d'un tanka !
Tu ne sauras pas, j'ai dit comme ça
L'Angelica
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 23 Jan - 17:05

XXXVI. Whisky Karma





un comptoir couvert de malts
une nuit promenade sur
les berges tranquilles de la folie
à côté une diseuse d'aventures
bonnes ou mauvaises
novellise en live sur le futur
pour un petit thé baileys en plus
- Tu retrouveras tous tes verres
gorgée par gorgée après gorgée
comme le déchet du fond qui stagne
qui chiale et qui remplit sa pinte
- C'est comme ça, chico
Il y aura un prix à payer
à chacun son whisky karma

Dans le silence des étoiles
passent les heures à la radio
Brahms, Dvorak, du klezmer
Un grand homme vient de mourir
mais l'important à 5h25 à ce moment
c'est le discours du ministre
dont tout le monde se fout
et dont tout le monde parle
car il est joli dans son grand costard
Un couple se sépare, la guerre continue
dans les bouches de pop-corn
boulimie partout sous les étoiles
silence ; dans la voix du speaker
- Vois-tu fataluno,
nous nous gavons d'insectes
de nourrissants éphémères
nos estomacs remplis de fiel
se couchent bienheureux dans nos salives
de scandales fort en bouche
Il y aura un prix à payer
à chacun son whisky karma

des filles dans la rue
demandent du feu à tous les inconnus
le pas titube hésite vacille
et finit par flancher avec le reste
sur le plancher de la saleté
à deux plaques du caniveau
Un précipice d'horreurs
rires en fuite vers rigoles noires
- vas-y boy, vas-y
saoule-toi toutes les nuits !
deviens-fou ! deviens-toi !
On l'est pas mais on y croit
pour le genre, la classe, le style
vis avec nous l'instant de relâche
en craignant les lendemains
banals normaux, ça nous ressemble
mais c'est qu'on a peur madame,
monsieur, vous le savez, n'est-ce pas
c'est juste de la peur, partout le noir
Il y aura un prix à payer
à chacun son whisky karma

Le sucre du sirop des rêves
soigne les maladies graves
découvertes par les docteurs
en poésie nouvelle révolution
des mots la musique le sens
l'essentiel de la beauté en partition
Symptômes de la fantaisie
rien de grave, rien de grave
juste un appel à la contemplation
millésimée par la poésie
Nos poèmes sont des années
Comptez un an par vers.
- tu es parti, buveur d'âmes
pour un vin d'encre fruité
Tant que tu gardes les yeux
ouverts, ton vignoble de vent
Profite des arts de la table
d'écriture épicurienne de fin
gourmet lecteur plume de goût
Il y aura un prix à payer
à chacun son whisky karma
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Princesse Alice

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 24 Jan - 12:42

J'aime bien quant tu parles des poètes ou de la poésie, ce qui est assez rare en général, on en dit beaucoup, comme tu dis, et c'est souvent bof ou moyen, chez toi c'est assez juste.

Aprés t'écris beaucoup, j'arrive pas à suivre, à chaque fois je me dis "tu reviendras lire la suite" et je le fais pas...

Il n'empêche que c'est agréable à lire, j'ai juste quelques soucis psychologiques de concentration certainement.

Smile
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 24 Jan - 20:39

Oui, j'écris pas mal. Pas assez à mon goût, trop par rapport à...à quoi en fait ? selon moi j'écris, ça ne va pas plus loin. J'essaye de capter et coucher des idées, des images. Des concepts, une fantaisie, plus rares ces temps-ci. Mais bon, j'essaie d'écrire un texte par semaine au moins, sinon j'ai l'impression de m'éloigner de quelque chose de vital...
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 25 Jan - 23:01

Inspiré par le discours de Hollande le début de la deuxième strophe ?

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 25 Jan - 23:33

Plus l'histoire du moment, qui est d'une inutilité...
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 31 Jan - 15:53

XXXVII. C'était mieux avant


on entend quelquefois des poètes dire
à propos de certaines poésies nouvelles
"vraiment...c'était mieux avant !"

on rend grâce à l'alexandrin
le vers étalé comme un papier à musique
les romantiques, les mythologiques
allégories et métaphores ô Nature
et tout ce qui a disparu
une légende de notre siècle
ça c'était mieux avant

il y a bien sûr les maîtres
qui n'ont jamais fini d'enseigner
qui nous disent à voix basse
qu'il y a mille chemins différents
et que nous devrons tous les emprunter
mais les poètes refusent la marche
car c'était mieux avant

il arrive de penser même
que la poésie est dans une impasse
du tout-dit, du rien à dire
alors
l'homme maudit son passé
ces vies qui l'élèvent sans lui dire où aller
alors
le soir sans espoir, auprès d'un verre
isolé dans l'univers on se dit comme ça
...c'était mieux avant

l'inédit fascine pourtant mes plumes
(mes touches de clavier et mon encre virtuelle)
il avance encore sur les chantiers blanchis
des sentiers parsemés par de nouveaux soleils
bercé par d'anciennes chaleurs
j'écris j'écris jusqu'à égorger chaque carreau dessiné
pour traquer les promenades du futur
et j'espère me dire, à la fin de mon vers
au point final du poème qui porte mon nom
c'était mieux devant



XXXVIII. Aquafortiste



Tiens mon garçon, bois
ton eau-forte d'un coup sec
c'est plat comme la mer sous la lune
noir & blanc, alcool d'images

sous les combles se dévoilent tes fantômes
la famille de tes lignes parcourues
bois ! bois encore, ils arrivent
à l'heure du repos où l'eau-forte s'écoule

Ton monde fait de fumées de poussières
a des formes de regards hagards
bouches de cigares, lunettes tintées de son
lèvres de cendres aux cils embrasés de givre

l'univers blanc & noir des fantômes
recouvre tout comme un linge de bébé
cousu avec une pelote de temps
coloris des vies camaïeu des morts

Bois encore ! finis ton verre garçon
les ectoplasmes murmurent en soupirs
frôlements d'aile, frissons d'elle
des fracaresses indicibles te parviennent

Tout s'écoule tel un fleuve concentrique
qui te lave, te relave avec ta propre eau
tu retrouveras, tu retrouves à chaque pas
à chaque siècle tes fantômes sont là

tu La retrouveras dans 60-70 ans
l'eau-forte à portée de la canopée du cerveau
Lui, il sera prêt de toi au siècle prochain
tant que tu marches tant que tu tiens

Déjà la fumée s'estompe en estampes cérébrales
L'air du temps de ton plancher-lit en bois doux
c'est plat comme le plat d'une mer de plumes
noires & blanches, les vagues d'un alcool d'images
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 8 Fév - 2:45

XXXIX. Le Comique et sa plaque posée sur une rue pour guider les chemins


il était 6h44 du matin ce soir là
à quelques étoiles près
la terrasse sur la place encore pleine
officiait parfaitement comme un tarmac

voyage en escales
Ecosse, Antilles, Russie, Mexique
arrivée en France à l'heure prévue
on se dit alors
qu'on en a vu du pays
dans la chaleur des degrés

provoqués par un tout petit type
ces stars de quartier que tout le monde rencontre
il s'appelait Meg Maddle
un`artiste des fins de nuit bruyantes
en perpétuel one-man-show nocturne
car il adore les bourrés qui titubent pour applaudir
ils sont plus francs que les sobres

il se présentait
avec un haut-de-forme
défoncé
des bretelles roses pour tenir un pantalon large
déchiré
une t-shirt de marin
décoré
et le tout racontait sa vie dans la rue

le monde considéré comme sa scène
il ne vivait pleinement que là
entre deux poubelles
un caniveau
des mégots ou des merdes de chiens
les planches de ses plus belles années

ses spectateurs rigolent toujours très fort
à chaque escale de Meg Maddle
si vous ne buvez pas
il est possible que vous vomissiez







XL. Pourboire pour un autoportrait flatteur



un bouquin toujours en poche
un nanar critiqué
quelques poèmes de musique pensée
des chansons qui ne passent jamais à la radio
un bulletin de vote blanc de lucidité
la politesse à la bouche
le silence dans la contemplation
un ou deux bars favoris à un carrefour
l'anonymat conservé comme un trésor
de vrais amis, moins d'une dizaine
un rire qui recouvre tout
la foi retrouvée devant la Nature
le futur qui ride le front
les images d'un monde personnel

servent à reconnaître un honnête homme
à qui j'offrirai un verre





XLI. En bas de page



Certains écrivains, disons des artistes
pour me faire bien voir (pour une ligne ou deux ?)
me font penser à ce prof de faculté
qui mettait son prénom-son nom à chaque page
de ses cours, powerpoints, tableaux, graphiques...

le type parlait comme un croque-mort
parle d'un système de crémation rapide
devant une famille dévastée
(je laisse deviner qui peut être le défunt)

personne n'écoute ni ne note
mais lui il signe son oeuvre
après tout pourquoi pas
au cas où, on ne sait jamais
attention au plagiat...

et c'est vrai que
c'est bien de marquer son oeuvre
montrer qu'elle nous appartient
même si personne ne fait attention à nous
je crois que c'est nécessaire

au final assez touchant





XLII. Secret d'Etat


La gatocratie dans ses couloirs
la nuit discrète passe ses lois
lance des bribes dans les fumoirs
des fumées secrètes sucrent les bois

Le pire est le peuple prospère
qui se pare de révolutions !
Mais la Marquise rêve et opère
en sous main par ses espions...

du haut de son Trône Félin
sa frimousse commande la paix céleste
ses guerriers en deviennent mutins
or le pouvoir n'est pas en reste ;

- Andaluna ! Andaluna ! crie-t-il alors...
La foule en liesse prend place au palais
elle défile en rimes pour les morts
petits et fous quand ils chargeaient

se joint à la garde en l'honneur
de la Marquise bienveillante
les chants sacrés et les sonneurs
assurent la marche triomphante

Un soir le noir dans les litières
retrouve quelques secrets d'état
Le peuple est fou mais il est fier
d'être au palais encore une fois...
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Mario
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 8 Mar - 10:02

XLIII.


- Patron, une Black Tears !
- Avec ou sans jus ?
- Je veux ressentir mes pires souvenirs. Sans !

- Patron, une bière de nuages !
- A cette heure ?
- Le temps est déjà lourd, je veux voler.

- Patron, une Vicky !
- En manque de points d'accroche ?
- Le réel me manque.

- Patron, une Emerald Midnight !
- Tu ne veux pas voir l'aube ?
- Ni même les autres...envoie les frangines.

- Patron, une Rose des Sables :
- Du mal à dormir ?
- Plutôt à m'orienter dans le vide.

- Patron, encore une... !

j'ai tout essayé dans ce bar
pour calmer mes envies d'écrire
et je crois que je tiens enfin
le bon médoc qui me manquait
quand je regarde la serveuse qui chiale






XLIV.



Ce n'est pas la pudeur
qui me donne ce masque fou
mais plutôt la roue des heures
qui enfante pensées partout

Ce n'est pas le secret
qui protège ma vie privée
mais plutôt la foule de traits
qui s'ajoute sur le papier

Ce n'est pas le silence
qui dicte mes mots choisis
mais plutôt ma belle absence
qui élit ses favoris

Ce n'est pas la couardise
qui dénigre mes expériences
mais plutôt mes ronsardises
qui me hantent et qui m'avancent

Ce n'est pas une malice
qui détourne le ver du fruit
mais plutôt quelques délices
qui chantent la vie la nuit

Ce n'est pas un calcul
qui sélectionne ce qu'il doit dire
mais plutôt une drôle de mule
qui improvise en mieux en pire

Ce n'est pas vraiment sérieux
C'est pourtant ma poésie
Ce qu'il faut pour être heureux
Rêve Amour & Fantaisie




XLV.



j'ai perdu mes phrères
et je les retrouverai

je les appelle par leurs prénoms
composés de E, de A, de F et de Y
et je sais que dans le futur
nous marcherons encore ensemble

dans toutes les langues nous avons
voyagé entre les sons, les histoires
nous avons connu les guerres, couru
les mariages et puis la mort

tout s'éteint et recommence
notre chance toujours à notre portée
pour se retrouver au sein du même
Mot, ce que certains ailleurs désignent

Dieu
ou autre
auquel aucun de nous ne croit

sera notre dernière demeure
d'un nouveau voyage

et s'il faut ne croire qu'en une seule chose
je m'accrocherai à leurs coeurs qui sont mien
mes yeux réunis dans les siens
dans la lumière familière de notre maison

quelque part dans l'univers

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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 8 Mar - 12:16

C'est frauduleux mais ça a le gout de la poésie, et en plus c'est servi avec générosité.

C'est des vrais noms de boissons ?

- Patron, le XLVI by Mario !

_________________
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 8 Mar - 14:40

Non, des inventions oniriques personnelles

Black Tears : liqueur de mauvais souvenirs. Ça peut aller des simples pleurs au malaise. Généralement utilisée comme poison, certains apprécient de la boire pour se remémorer de tristes instants.

bière de nuages : servie dans Infinity City, la capitale des nuages, elle permet de se sentir flottant, léger comme un nuage porté par le vent.

Vicky : d'abord, ce fut une poudre à avaler. Passée en boisson, elle permet de voir la réalité de plusieurs manières, de s'accrocher plus intensément à l'instant, et de voir les proportions devant tes yeux d'une manière altérée, c'est-à-dire éminemment exacte. Je l'appelle souvent "liqueur de distances", ou "les degrés des dimensions".

Emerald Midnight : une absinthe émeraude, avec sur les flots du verre une lune blanche, qui permet d'être ivre sur plusieurs jours, les oublier, et laisser passer le temps. Sorte de métaphore de l'écriture.

Une Rose des Sables : pour les insomniaques. Liqueur ressemblant à de la liqueur d'oeuf mélangée à de la pâte sablée. Permet de s'orienter dans le désert du non-sommeil au plus profond des nuits.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 13 Mar - 20:08

Moi j'ai bien aimé, c'était cool.
Smile
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Dim 16 Mar - 22:39

A la petite méchante



XLVI. Nid d'amour




Nous sommes assis sur une colline de verdure
entre les neiges éternelles qui jouent au vent
les petits rats de l'opéra sous nos yeux l'hiver
entre la mer calme et lumineuse, bercée sous un soleil
jaune pâle tendrement chaud de décembre

en grandes pierres blanches couvertes de lierre
la maison se dresse en Eulalia, notre terre
de fantaisie, rêveries où nous faisons rejoindre
nos esprits mis en commun dans l'espoir
des dernières retrouvailles dans une réalité rose

Un armoret, notre jardin de mer, verger de fruits
de l'océan, des fleurs-coquillages, des oiseaux de sel
conduit au hall immense, résonnant comme un
théâtre qui accueille des escaliers mouvants qui clament
qu'on leur dise où ils doivent aller, tous pour un  !

passage par le salon bibliothèque à moitié rempli
parsemé de fauteuils qui font s'enfoncer les douleurs
du corps, des lits romains collés à des tables de chevet
qui passent quelques vyniles oubliés de musiques anciennes
quelques chants captés au hasard de l'histoire

la cuisine gigantesque livre ses fumets à la mer en face
ou l'air de la mer affame quand il livre son cortège de vagues
les tables gargantuesques sont fournies, garnies
de victuailles, desserts de pensées sucrées, rêveries
confises, confitures de sourire, crèmes philosophiques

d'autres pièces sont cachées dans toute la demeure :
la salle des instruments de musique, qui vivent là en totale
liberté ; la penderie des vêtements qui s'habillent tous seuls ;
les toilettes écrans connectées au monde, dans le lieu le plus
solitaire possible ; et un parc de jeux sous un escalier...

Un grand confort a été voulu pour la salle de bain, simple
forêt pourvue d'un lac, que crée une cascade en roucoulements
elle est chaude, souffle une douce buée sur des bulles fraîches
de savon à la menthe ou à la framboise...des petites nuées
fruitées boisées habillent le nu des corps lavés de verdure

les fleurs poussent partout dans les couloirs qui mènent à la chambre
deux balcons signent l'aube et le crépuscule sur le lit
à baldaquin d'ébène ; il repose sur tous nos livres favoris
le reste des murs est tapissé de photos, poèmes, citations
comme des tags pour se rappeler des plus grandes beautés

le lit est profond, il peut accepter un homme debout ou
allongé ou deux corps ensemble dans l'insomnie de la tendresse
car après avoir salué tout ce qui vit sur notre monde
jusqu'au dernier de nos chats au pelage multicolore
inconstant comme le ciel, déchiré comme une tempête au large

relâchement complet dans nos cieux de draps légers pourpres
on se respire les yeux dans les yeux en pleine immersion, lâché
l'un dans l'autre, coulé, en pleine renaissance au sein de notre
chaleur, quand des volutes sonores s'échappent de notre peau
je m'évade en errance entre ton coeur et tes yeux

le matin signalerait sa présence par ses rayons sur le lit
j'irai préparer un repas copieux avant de recopier les vers
d'encre dorée et argentée que je vends toujours aux fées
nous irons discuter avec les oiseaux, les albatros du large
ou les aigles des sommets, parmi le règne des fées poètes

et je fumerai au zénith de la douceur du tabac d'orchidées
tu seras non loin, à dessiner à l'encre de Chine nos derniers rêves
après quelques thés venus de pays parallèles, où le temps et
les rêves relèvent d'une véritable gastronomie... aux crépuscules
je respirerai l'odeur de tes cheveux, je contemplerai comme
d'habitude à l'aurore ton visage. Mon monde de magie.
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 18 Mar - 14:06

qui clament
qu'on leur dise où ils doivent aller, tous pour un !


Un peu rude ce passage, il y a de quoi trébucher dans la lecture.

vyniles

Pas mal cette inversion des voyelles. Le "vy" est visuellement surprenant.


Sinon, c'est sympa de voir quelqu'un ressortir la strophe à 5 vers, même si on peut parfois s'interroger sur la nécessité des retours à la ligne, je pense à ce passage par exemple:

on se respire les yeux dans les yeux en pleine immersion, lâché
l'un dans l'autre
, coulé, en pleine renaissance au sein de notre
chaleur
, quand des volutes sonores s'échappent de notre peau

Mais bon je vais pas non plus me plaindre d'avoir autre chose à lire que des quatrains cadrés et monotones.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 21 Mar - 19:27

XLVII.




Près d'un parc à souvenirs de môme
j'ai rencontré à l'orée
d'une promenade

une femme qui chantait quelques amours
elle emprisonnait avec doigté
un violoncelle noir qui vrombissait
comme un oiseau ravi d'être en cage

elle était là, à l'orée du monde
à se raconter la fuite, les quais de gare
les matins solitaires sur les routes
les aéroports, les cales des  cargos

les départs qui traversent le corps
qu'on finit par écrire en partitions
les absences vivaces qui n'en finissent
jamais de renaître à chaque éclat

de voix des cordes sentimentales
qui courent en riant tout de même
près de ce parc à souvenirs de môme
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Lun 7 Avr - 19:05

XLVIII. Gentille Petite Réclameuse



C'est qu'elle commande quand elle demande
qu'elle choisit avec goût
ses loisirs en sourires, ses jolis caprices
qui sont délices tyranniques
je n'y coupe jamais

je me plie forcément à sa volonté d'enfer
ses idées fixes sur la tendresse des fées
pas le choix ni échappatoire
la GPR veille à mettre en marche forcée
l'endormi l'immobile le contemplatif

Rien à faire, vous dis-je !
sinon obtempérer d'un bon pied
doux baiser si elle veut, juste si elle veut
seulement, gare gare à la petite méchante !
elle connaît des sorts timides qu'elle hante

sous le joug de son regard malin
je remercie le grand chaos aléatoire de l'univers
les divinités de tous nos salons cosmiques
de satisfaire le moindre de ses désirs
c'est l'un des sens de ma vie ici
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Ven 2 Mai - 15:17

Merci à Shadow pour le morceau accompagnant l'écriture.
(Bird on a Wire - All the world is green)





XLIX.


Entre les piliers de nos mondes éthérés
discutent deux anges de garde
en poste au-dessus de la liberté surveillée
sur les chemins des âmes

ils surveillent l'afflux des troupes sur le front
les soldats du vivant les poilus du réel
au son enfui d'un tremblant violoncelle
résonne la musique des âmes

passent passent l'ennui les journées
les longs jours de pluie et les nuits de soleil
les semences de bombes que creusent les charniers
dans le temps trottinant des âmes

Nous finirons dans le regard bleu de l'azur
dans la main tendue de nuages doux
nos voix pulseront quelques murmures
au creux des marchands d'âmes
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Sam 3 Mai - 18:01

anges, âmes... Pourquoi ce vocabulaire emprunté à la religion ?

Sinon j'aime bien, j'y lis la "guerre" contre ce que ce monde a d'illusoire. Une guerre presque sensuelle contre l'artifice.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Dim 4 Mai - 2:27

Le poème fait suite à une discussion sur les mystères et la métaphysique.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 5 Juin - 18:11

L. Poésigraphie - titre regroupant tous les poèmes traitant de l'écriture & la poésie



Poètes passés sous silence
Poésies reposant sur les étagères
lassées de l'absence de voix
je vous récupérerai pour clamer haut et fort
notre futur en commun

d'une écriture qui sait se regarder
prise dans la marche forcée vers le gouffre
de la plaine morte béantement
qui porte dans ses herbes - épis d'encriers
la poésie agonisante
mais elle vit encore ! par à-coups
suffocante

l'écriture historienne de la poésie
la critique, la musique
la pensée des poèmes mondiaux
écriront sans aucun obstacle
une poésigraphie nouvelle

supportée par des origamis d'oiseaux
noircis par nos sangs d'encre
qu'on donne à ceux qu'on devine malades
d'absolu
emportée par les souffles éternels
qui nous parlent à l'oreille de la lecture
que la vie, monsieur, madame, je vous le dis
non la vie n'est pas morte

L'écriture de la poésie monte aux yeux
vers des avenirs aux bras coupés
j'entame  ici une dernière page
avant que ne sonne l'heure
un glas de fin de siècle en fin d'après-midi
un appel à la guerre
au sommeil
aux larmes
la fin des récréations créatrices
nos survivances ainsi que nos espoirs
rassemblés dans la main frêle
de la poésigraphie du monde.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 5 Aoû - 12:17

Ecrit sur une table d'un café tandis que j'attendais l'ami Charles.




LI.


Perec disait
à la terrasse d'un café

" j'écris la vie avec un mode d'emploi
et pourtant quand je regarde
devant moi
je n'arrive pas à comprendre"


c'est que, les modes d'emploi, il faut le dire
sont plutôt difficiles d'accès
au sens caché, ils sont indigestes
on préfère apprendre par expériences
sans autre guide que le temps
en alternance feu rouge-feu vert

l'écrivain prétend en faire
le poète le dévoiler
sans que personne n'y jette un oeil

alors dans toutes les langues
il faudrait sérieusement songer
d'écrire, en petites lettres d'avertissement

une vie sans mode d'emploi
qui serait peut-être une bonne explication
de ce que personne ne lit
ni ne comprend
en toutes petites lettres
comme ça
cachées
averties
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The shadow
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 5 Aoû - 15:06

Sympa.

Mario a écrit:


" j'écris la vie avec un mode d'emploi
et pourtant quand je regarde
devant moi
je n'arrive pas à comprendre"


C'est vraiment de Perec ?



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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 5 Aoû - 16:35

D'après l'un de ses anciens amis croisé au détour d'une pièce de théâtre amateur, oui.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mar 12 Aoû - 11:47

LII.



Ses yeux sont deux désirs innocents
à grandir sans mûrir
continuer de jouer parmi les adultes
sauter à pieds joints
insouciante
dans le bal des regards aux cils gonflés

elle doit avoir quatorze ans
et le monde s'ouvre entièrement à son ambition
naïve et pure, naturellement
elle regarde, elle regarde simplement
seulement
comme on cajole ses sentiments
comme on les maintient
pour mieux s'en saisir

Je souhaite qu'elle donne un amour sérieux
à quelques gars plutôt chanceux
au mieux d'ici un an ou deux

qu'elle évite les pièges nombreux
faciles, cruels, fatals
et finalement que ses yeux triomphent partout
juvéniles




LIII.


Quand on nage vers le large
la pensée s'arrête et seul
compte le mouvement
la température
les courants
la houle
tout cela devient naturel après que l'eau
ait rempli narines et bouche

le ciel se donne
et s'abandonne
quand mon coeur est le seul à battre
dans l'existence bleue

des secrets ancestraux viennent en sirènes
chanter de grandes et belles paroles sur le monde
soit ma peau et son extérieur
dans mes brasses coulées
je comprends ma puissance et ma fragilité
l'impossibilité d'être rassuré à jamais

les secrets se noient, coulent pour disparaître
au retour sur les rivages
le bruit qui parvient de nouveau (car le large fait silence)
possède chaque fois une saveur de chaleur sinistre
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mer 13 Aoû - 23:12

J'ai imprimé tes poèmes en fraude à partir d’Elévation jusqu'à la première poésigraphie, j'ai tout lu dans le train et un peu dans la voiture, vu que mon estomac n'y voit pas d'inconvénient.
Bon du coup, mon imprimante crie un peu famine, espèce de Victor Hugo !
Mais c'est vraiment plus cool de lire sur du papier. Et je ne regrette pas d'avoir imprimé ces poèmes. Ça m'a permit de les partager, la mère de Gudule en a lu et apprécié certains (surtout le XXII°).

Je promets quelques bribes de commentaires inutiles, bientôt.

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Mer 13 Aoû - 23:47

Merci de faire partager mes poèmes...j'attends vos commentaires avec plaisir.
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Lun 18 Aoû - 16:31

J'ai apprécié beaucoup de tes poèmes. Je ne vais parler que de quelques-uns.

L'élévation, une fois passé le vertige de lecture est vraiment chouette. (Je l'ai chanté au piano pour voir. C'est facile à chanter, juste un peu court.)

Pour ton poème sur le refus de l'inspiration, il est très bien écrit. Les phrases répétés sont très subtilement placées. J'ai un peu de mal avec certains retours à la ligne, mais dans l'ensemble, tout est bien découpé. Après, sur le fond, j'ai envie de dire que c'est facile de prétendre refuser l'inspiration quand on a une Muse. Smile

Le poème de Platoon-poète, est bien fait aussi. Les phrases semblent sortir directement de la bouche de Platoon. Je suis en désaccord avec ces deux vers : "car ils sont lucides et donc blasé/ Les grands hommes", mais être en désaccord avec Platoon, ne me surprends pas trop.

Les deux textes suivants sont pas mal, j’apprécie le côté "poème d'anticipation" du premier, et j'ai moins apprécié le deuxième, à part ces deux vers : "Tous les genres littéraires jusqu'au parpaing posé sur un chantier" et "les yeux toujours ouverts, la tête tranché en deux sur le vif-réel" ce sont des images qui me plaisent.

Comme je disais le XXII° à particulièrement plu à la mère de Gudule, il me plait aussi. Il est beau et touchant.

La "Métensomatose" et "Pantoun" sont remplis de belles images colorées, j'adore la fin du premier et le début du deuxième.

Je passe à quelques poèmes qui par le suite ont le plus retenus mon attention :

Les traveaux de nuit, ce poème est assez marrant.
Le Nid d'amour est particulièrement charmant, le poème suivant aussi, je le trouve très beau.
La Gentille Petite Réclameuse fait un très beau portrait aussi. (Criant de vérité si je peux me permettre.)

Tes deux derniers sont sympa. Dans le LII° on dirait que tu parles d'une petite sœur.

Voilà mais commentaire sont brefs et inutiles, mais je voulais les faire. Merci pour le partage de tes textes. Continue ainsi !

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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 21 Aoû - 9:58

LIV. Métiers


Nous tapons dans les soirées éteintes
sous une plage tendue de lampions en feu
des airs pour l'assemblée d'étoiles cardiaques
celles qui palpitent comme de grands cils blancs

penchées sur la bonne tenue du monde
la mer en miroir des galaxies
nous sert un alcool d'algues fermentées
les rochers aux visages dévorés par les vagues

elle reste là, offerte, contenue, dans le sable de nos encres
les grains épars de feuilles poussées par le vent

il y a, à cet endroit, toute une population
marginale et majoritaire

les antiquaires du réel vendent leurs meilleurs moments
les collectionneurs de crépuscules
bavardent en échangeant les cieux dans des boîtes
les machinistes de l'âme réparent un deuil de famille
les guides de contemplation dévoilent des paysages secrets
à savourer l'Instant de la Nature
les gastronomes du rêve mettent la nuit en sauce aigre-douce
dégustation de beignets fourrés à la lunaison, encore chauds
des cheminots font rouler les petits trains sur la migration de nuages
ils relâchent au fond de leurs pipes des vapeurs voyageuses
les vétérans de l'enfance racontent les marelles en guerre
tandis qu'une pianiste lances des bulles de note bleue
les terrassiers et les quaterbeers déplient leurs comptoirs
au moment où l'homme d'entretien lustre les constellations
un vieux professeur fait valser ses plantes grimpantes
puis court vers un cours de cracheur de feu, deuxième année
les marins chantent les escales de leurs amours
suivis par des jazzmen défoncés à la trompette
et quelques bluesmen qui entament Eternity of Life
auprès des soleils capturés pour le barbecue
Nos oniristes ont déposé des invités prestigieux, une diva-chat de contrebande.

On attendait le ministre de la Poésie
mais il n'est pas venu
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MessageSujet: Re: Poèmes en fraude   Jeu 21 Aoû - 12:04

Oui, je rejoins Liam sur le fait qu'on ait à faire à des poèmes denses, ils sont sympas je trouve.

Ya toujours de jolis vers, aprés si je devais faire une critique, en me basant sur mon avis perso, si j'écrivais ces textes, je l'ai déjà dit en plus, j'épurerai pour rendre des poèmes plus "higth tech", ils le sont c'est pas le truc (celui du trésor, le deuxième de l'avant dernière série est sympa et moderne, c'est du Hugo moderne on va dire), c'est pour laisser un commentaire.

Au large
la pensée s'arrête et seul
compte les mouvements.

Si le ciel bat mon coeur
et m'abandonne
au mât de l'existence bleue
aux secrets ancestraux des sirènes
-belles paroles brassées vers le monde
en silence-
le corps donné aux affres
nous ramène une nouvelle fois
aux portes du trésor.


 Very Happy 
En vous remerciant pour votre compréhension, veuillez accepter mes salutations,

Melle Alice LAMACHE.

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