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 Wejan (les débuts d'une entrée dans le monde de la fantasy)

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Coco.B
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MessageSujet: Wejan (les débuts d'une entrée dans le monde de la fantasy)    Dim 8 Fév - 20:05

Bonjoir ! ça fait un moment que je n'ai rien posté sur le site, alors je rattrape un peu cette erreur. J'ai décidé de me lancer dans la "fantasy", que je mets entre guillemets parce que je ne suis pas sure que ce texte entre dans cette catégorie. Il s'agit en tout cas du début d'un roman, dont je ne dis rien et que je vous laisse découvrir. N'hésitez pas à commenter, négativement comme positivement !

Bonne lecture !

Première élection. ¨Premier pas dans le monde de la responsabilisation. Les réformes agraires. Oui ? Ou non ? Pour sa première fois aux Urnes, Wejan avait espéré quelque chose de plus grand. L’élection de la Tête d’une des trois Communautés. Une réforme sur l’éducation. Une nouvelle loi sur l’ouverture du Rempart. Ou, mieux que n’importe quel autre vote, l’élection d’un nouveau Gouvernant. Une semaine avant l’élection, elle avait rêvé de cet honneur. Elle savait que Die Reyn, l’un des Gouvernants de la Terre n’était plus très loin de la tombe. Elle avait prié trois jours durant pour qu’il meure enfin et qu’un remplaçant soit élu. Par elle. Et les autres de la cité, bien sur. Sa mère lui avait reproché son comportement, criant haut et fort dans toute la maison qu’on ne souhaitait pas la mort de quelqu’un, que c’était inadmissible d’avoir de telles pensées, qu’on se demandait si elle avait vraiment été élevée par deux de la Pensée, etc, etc. Sa mère avait toujours quelque chose à redire, une loi morale à transmettre, une idée nouvelle qui germait dans sa tête. Et père n’était pas mieux. Tel était le fardeau d’être la fille de deux Philosophes. Gouvernants qui plus est. Mais après tout, qu’y avait-il de mal à souhaiter la mort de Reyn ? Il était vieux, trônait au Gouvernement depuis presque six ans et approchait donc de la fin de son mandat. De plus, c’était un Mortel. N’était-ce pas la finalité naturelle pour un Mortel de mourir. Et puis mère était entrée au Gouvernement en remplacement d’un Philosophe mort quelques jours avant. Mais bon, si mère décidait qu’on ne pouvait pas tirer avantage de la mort de quelqu’un alors elle avait sûrement raison. En attendant, Wejan allait voter pour la première fois une loi qui ne la concernait en rien. L’agriculture ! Quelle blague ! Elle ne comprenait pas comment on pouvait passer sa vie les mains plongées dans la terre, même dans la Terre. Quelle absurdité. La Pensée ne valait pas mieux. On passait sa vie à réfléchir sur des sujets abstraits, complexes, tordus comme une branche de yailofère. Ses parents adoraient cela, eux. Et cela faisait dix sept ans qu’ils essayaient de la convertir. Sans résultat. Ce à quoi rêvait Wejan, c’était l’Alchimie. Une matière noble, une Communauté de grands érudits, de magiciens. Au Cours, Zalab Tul, le Maître Alchimiste, leur faisait toujours des tours incroyables. Lorsqu’on rentrait, à 12 ans, au Cours, la tradition voulait qu’on voit Maître Tul transformer le plomb en or. Pour tout débutant, l’exercice paraissait formidable. Mais on comprenait vite qu’il s’agissait en réalité du plus simple de tous. Tous les secondes années étaient capables de cette prouesse apparente. A tel point que, alors qu’elle venait d’apprendre la technique, Wejan avait transformé tous les objets métalliques de la maison en or, des couverts à la table basse de la salle d’Etude. Tout ça pour que mère et père sortent de leurs gonds et lui étalent leurs réflexions sur le matérialisme, qui était d’une telle inutilité dans la cité qui donnait une telle importance aux Sciences, à la Pensée et aux apports essentiels de la Terre. Tout avait été détransformé, Wejan avait pleuré puis oublié, trop absorbée par tout ce que Tul lui apprenait de nouveau. Depuis, elle n’en démordait pas, elle serait Alchimiste. Et Mortelle. Cela aussi c’était une certitude. L’Alchimie n’était rien si on ne pouvait pas, en plus, être un Gouvernant. Elle ne voulait pas devenir une Immortelle, le front orné de cette marque bleue en forme d’épis, parquée dans une partie isolée de la cité, encore plus loin du rempart que ceux de la Terre, misérable élément dans une communauté oubliée derrière un mur. On les disait les plus grands penseurs, les plus grands scientifiques, les plus grands amis du sol fertile, mais il n’en paraissait rien. Devant elle, une Immortelle attendait son tour. Elle était âgée, sans trop. Elle portait la marque bleue au dessus des yeux. A en juger par son habit d’élection suturé par plusieurs endroits, elle ne vivait pas dans la richesse. Pauvre femme se dit Wejan. Elle est vieille et a encore plus qu’une vie devant elle ; elle est pauvre et s’avance vers une pauvreté constante ; elle est loin de tout pour toujours ; toute l’éternité, elle se lèvera de son travail quelqu’il soit une fois par mois pour aller aux Urnes. La cité changera, elle vieillira. Indéfiniment. Est-ce une vie ? Non, bien sur que non. C’est l’éternité. C’est l’Immortalité.
La pierre trouée ? Ou la pierre pleine ? Oui ou non ? L’émotion de la première responsabilisation rendait cette décision, pourtant si peu importante pour son avenir, presque angoissante. Chaque nouvelle personne qui passait aux Urnes, qui donnait son avis, qui agissait pour la Communauté, la rapprochait de ce choix qu’elle pensait ne plus pouvoir faire. Ses mains suaient. Elle ne se souvenait même plus quel était le but de cette réforme. L’eau ? Les engrais peut-être ? Le oui glissa dans l’Urne de la Jeunesse. La pierre pleine trouva la chute dans la Boite Noire. Elle venait d’accomplir son premier acte de citoyenne. Elle espérait que les prochains seraient plus calmes. Plus simples. Mère disait qu’agir responsablement, par le vote, n’était jamais chose facile. Si mère le disait alors elle devait avoir raison.

-« - Alors cette première élection ? »

Mère venait de rompre le silence habituel des repas. La responsabilisation de sa fille était d’une importance assez grande pour que le silence réservé à la salade d’atornin soit rompu.

« - Je ne sais pas. Je ne me suis pas vraiment rendue compte de ce que je faisais. Je crois que j’ai voté oui.

- Ne mentionne jamais ton vote Wejan ! C’est un choix que tu fais en ton âme et conscience et qui ne regarde que toi.

Sa feuille de salade retomba violemment dans l’assiette parmi les autres, éclaboussant sa robe de dîner de sauce aux épices. Ce genre de détail – une feuille retombant dans l’assiette -, insignifiant dans une autre demeure, annonçait ici le début d’un ouragan.

- Tu as demandé comment s’était passé l’élection, je te réponds. Que j’ai voté oui ou non ne revêt pas assez d’importance pour qu’on en fasse un tel mystère. La réforme ne nous concerne même pas.

- Toute réforme votée dans la cité est essentielle. Pour les Agriculteur, les Philosophes et les Alchimistes. Toute décision prise par le vote influence l’équilibre de la Communauté.

- Très bien, je te l’accorde. Mais tu ne m’empêcheras pas de penser que le vote n’a pas besoin d’être recouvert de confidentialité.

- Wejan… Tu as bien vu comme les Urnes sont faites ? Celle de droite recueille ton vote, celle de gauche la pierre qui s’est avérée inutile. Tu plonges au même instant les deux mains dans les boîtes, et elles sont recouvertes d’un tissu noir. Ainsi personne ne peut connaître la nature de ta décision. Parce que cette décision n’engage que toi et ne regarde que toi.

- ça m’est égal qu’on ai construit des boîtes dans une optique de secret. Le vote n’est pas quelque chose de personnel puisqu’il influence toute la Communauté. Tu l’as dit toi-même.

Les couverts avaient repris leur place sur la table. Tout mouvement avait été suspendu. Seules les feuilles de salades, tremblantes dans les assiettes illustrées avec l’histoire des Philosophes, exprimaient la tempête qui régnait quelques centimètres au-dessus d’elles. Père, lui aussi, s’était arrêté de manger. Sa fourchette, ainsi que son couteau, avaient délicatement été reposés sur la surface du meuble en bois massif. Il attendait. Comme toujours dans ce genre de situation. Il n’interrompait jamais un conflit entre Wejan et sa mère avant que ce dernier ait atteint un point critique. Il n’encourageait pas les disputes. Au contraire. Mais il concevait que c’était pour sa fille, comme pour sa femme, un moyen d’expression et de réflexion aussi efficace qu’un autre. Wejan n’était jamais aussi réfléchie que quand elle affrontait sa mère sur un quelconque sujet. Alors qu’on aurait pu attendre qu’elle contre les arguments les uns après les autres sans logique ou continuité, elle offrait toujours des réponses construites et souvent remarquables de justesse. Il les laissait faire. Telle était sa philosophie. Il n’avait pas besoin de se prouver qu’il avait le contrôle sur les femmes de sa vie. Il savait qu’il avait le contrôle. Tout comme il savait qu’elles avaient le contrôle. Chacun avait sa part à des instants et dans des situations précises. Wejan et Nivi avaient le contrôle de leur opposition.

- Le vote est personnel parce que tu le fais de ta propre et unique volonté. Tu ne montres pas tes intentions à ceux qui t’entourent. Et on n’attend pas de toi que tu le fasses.

- Et pourtant, est-ce que cela changerait quelque chose ? Qu’elles seraient les conséquences si je décidait de clamer haut et fort, avant de laisser tomber les pierres, laquelle irait dans l’Urne et laquelle irait dans la Boite Noire ? Après tout, ne serait-ce pas là une preuve que j’assume ma responsabilité entièrement en assumant ma décision ?

- Les conséquences Wejan ? Les conséquences seraient que l’on pourrait t’influencer. Or, ton choix ne doit pas être orienté par une autre volonté que la tienne. Ne vois-tu pas que des esprits mal intentionnés pourraient te pousser à prendre une décision dangereuse voire fatale pour le reste de la cité ?

- Je ne me laisserai jamais influencer !

- Tu as dix sept ans ! Que tu le veuilles ou non tu n’es pas en pleine possession de ta conscience et de tes responsabilités !

- Alors pourquoi ai-je le droit de vote ?

- Parce que la vote est une des étapes qui te mènera à l’accomplissement complet de toi-même, au travers de ton implication politique dans la Communauté. Mais tu es encore au début de ta vie d’adulte. Même pas, tu es au début de la fin de ta vie d’adolescente.

- Je suis en dernière année au Cours ! L’année prochaine j’entamerai ma préparation d’Alchimiste !

- Tu vois ? Ton assurance sans faille est la preuve de ton immaturité.

- C’est la preuve de mon ambition !

La débat s’enfonçait. Wejan était en train de perdre pied, et Nivi venait d’être reléguée au rang de mère insupportable. Il était temps pour Yroghen de reprendre le contrôle.

- Je crois que c’est suffisant pour ce soir. Non pas que je m’ennuie d’arbitrer silencieusement vos conflits d’ordre idéologique et politique, mais la salade n’est que le premier plat du dîner et cela fait déjà une demi heure que nous sommes à table. Certainement Wejan aimerait éudier dans sa chambre après le repas avant d’aller dormir. Et toi Nivi, n’oublie pas que nous devons retrouver le Gouvernement dans moins de deux heures pour le rendu de la décision sur la réforme.

Il ne s’était même pas levé. Son discours avait suffit. Sa voix apaisante avait tisser sa toile sur les deux combattantes. Le repas se fit sans qu’aucun ton ne soit élevé et sans qu’on revienne sur le vote de l’après-midi. Sur la longueur d’onde de Nivi, les décisions prises resteraient sous silence.
Wejan se trouvait dans sa chambre, plongée dans les ouvrages d’Alchimie, ressassant la dispute qui avait eu court durant le repas, lorsque Nivi entra. Elle n’était pas habituée à venir s’excuser auprès de sa fille après qu’un conflit les ait opposées. Mais la Journée de la Vie arrivait, Wejan ferait le choix entre mortalité et immortalité, ou peut-être serait-elle choisie. Et cela créait une trop grande inquiétude en elle pour qu’elle s’abstienne d’en discuter avec sa fille. Cette dernière, au premier abord, l’ignora. Autant par son âge qu’à cause de son caractère parfois trop entier, Wejan n’était pas du genre à pardonner facilement et sa capacité de bouderie était particulièrement élevée. Nivi, heureusement, savait comment la transformer en jeune-fille attentive et douce.

« - S’il te plait Wejan, arrête ça quelques minutes, j’aimerais te parler.

- S’il s’agit du vote, je promets que tu ne m’en entendras plus jamais parler.

- Il n’est pas question de ça, s’il te plait, écoute moi.

Elle avait passé son bras autour de ses épaules, ce qu’elle faisait de plus en rarement au fur et à mesure que Wejan grandissait. La nostalgie insufflée par ce simple geste d’affection maternelle, suffit à relâcher la tension bien trop palpable qui parcourait la pièce. Mère et fille échangèrent un regard, un simple contact oculaire qui leur permis de comprendre que le moment était à l’entente et possiblement à l’amour filiale. Elles se dirigèrent vers le lit où elles s’assirent. Nivi n’avait pas enlevé son bras des épaules de Wejan, au contraire elle ne les serrait que plus ardemment.

- Je t’écoute.

- La Journée de la Vie arrive. Il va te falloir faire un choix. As-tu déjà une idée de ce que tu comptes être ?

- Tu veux dire Mortelle ou Immortelle ?

Nivi perdait sa voix. La simple idée de formuler un oui de confirmation à cette question lui serrait le cœur. Elle appréhendait la réponse comme jamais elle n’avait appréhendé quelque chose.

- Mortelle.

Un souffle nouveau entra dans ses poumons. Wejan voulait rester dans la Communauté Mortelle. Elle voulait vivre. Vieillir. Et mourir.
Nivi sourit. Ses yeux verts, qu’elle avait transmis à sa fille, arboraient une nouvelle lueur de bonheur teinté de fierté. Wejan n’était pas parfaite, elle n’avait pas encore assimilé tous les principes de la vie commune et de la discipline citoyenne, mais elle comprenait qu’il valait mieux rester Mortelle. Sans qu’on ait besoin de lui dire quoique ce soit. Elle ravala ses larmes de joie, passa une dernière fois sa main sur la joue de la jeune femme – elle méritait à présent largement ce titre – et se retira. Alors qu’elle fermait la porte de la chambre, elle la vit retourner à ses livres. Elle ferait une incroyable Alchimiste Mortelle. Si elle n’était pas choisie.


La cité était en effervescence. Partout on voyait les gens déambuler, portant leurs plus beaux habits. Aux fenêtres, chacun avait sorti l’emblème de sa communauté. Un yailofère aux racines visibles, lançant ses branches tordues dans toutes les directions pour la Terre ; Un œil cerclé de lumière pour la Pensée ; et enfin, une pierre philosophale rougeoyante pour la Science. De maisons en maisons, des guirlandes multicolores se baladaient, parant la cité d’un vêtement d’Arlequin. Les quelques marchands, Mortels, autorisés à sortir du Rempart, faisaient à tous les coins de rue étalage de leurs articles exotiques. Il y avait des peaux de créatures inconnues, des pierres à l’air précieux, des mets délicats, épicés, poivrés, sucrés, rouges, verts, beiges, vivants, morts, végétaux, animaux. Tout ce dont on pouvait rêver. Aussi loin que Wejan s’en souvenait, il en était toujours ainsi durant la Journée de la Vie. Au Cours, les élèves venaient généralement déguisés et les professeurs étaient beaucoup plus laxistes. Les classes se terminaient plus tôt et le lendemain était un jour férié afin que tout le monde puisse profiter au maximum de cette fête qui semblait secouer la cité tous les ans un peu plus. La Journée de la Vie, de ce fait, était certainement la plus belle journée de l’année. Le temps était toujours opportun de jour là et de ce qu’on l’on disait, ça avait toujours été le cas. Pourtant, la Journée de la vie marquait aussi un tournant dans la vie des dernières années au Cours. C’était le jour où il serait décidé si ils deviendraient Mortels ou Immortels. Le choix ne leur revenait pas entièrement. Il était donné aux élèves la possibilité de demander à devenir Immortel. Il suffisait d’inscrire son nom sur une liste. Mais la rumeur voulait que peu ou aucun des candidats volontaires ne soit satisfaits. Autrement, les Immortels, pendant toute la Journée, se baladaient par dizaine dans le Cours, prenant des notes, observant. A la fin de la fête, en plein milieu de la nuit, ils se réunissaient et prenaient leur décision. Les étudiants choisis étaient récupérés chez eux le lendemain avec d’autre choix que de les suivre. La pratique pouvait être jugée inhumaine, mais dans la cité, on ne défiait pas une décision des Immortels. On ne les voyait presque jamais, on ne les entendait que confidentiellement au travers du vote, ils semblaient n’avoir aucune influence sur la vie de la Communauté, à laquelle il ne semblaient pas non plus appartenir. Pourtant, une fois l’an, lors de cette journée particulière entre toutes, ils avaient droit absolu sur les Mortels. Personne ne se souvenait plus d’où venait cette tradition. Mais personne ne la contestait. On considérait que le choix des étudiants de dernière année, bien que d’apparence arbitraire, était une décision qui ne devait pas être contestée au risque de contrebalancer l’équilibre de la cité toute entière. Il en était ainsi depuis aussi longtemps que les Mortels s’en rappelaient et il était susceptible qu’il en soit ainsi pour encore des générations et des générations. Aussi longtemps que les Immortels vivraient.
Toute cette activité n’affectait pas Wejan. Ou très peu. Elle aimait la fête, la liberté que ses parents lui octroyaient pour en profiter, mais elle n’y voyait pas quelque chose d’irrépressiblement excitant. Cette année, encore plus que les autres, son plaisir était jugulé par le stress d’être choisie par les Immortels. Elle ne souhaitait rien moins que de faire partie de cette communauté. Etre Mortelle. Etre Alchimiste. Surtout, être Mortelle. Dans chacune des classes qu’elle avait eu pendant la journée, elle avait vu des Immortels, attentifs, furetant, regardant partout et tout le monde, prenant des notes, enregistrant des noms, des visages, des personnalités, des caractères. Tout cela pour, une fois la nuit tombée, faire un choix qui changerait des vies entière. Un choix supposèment essentiel pour le bien être de la cité. Wejan n’aimait pas ça. Et cela s’en ressentait sur son attention et sa conversation.

« - Wejan ! Tu m’écoutes ?

- Hein ?

- Je te demande si tu veux venir avec nous ce soir à la fête.

- Oh… Oui bien sur.

Son ton, pas franchement convaincant, inscrivit la surprise sur les visages de Loar, Riem et Linia. Ses trois amis étaient habitués à ce qu’elle fasse preuve d’un peu de distance ou de réticence, mais pas quand il s’agissait de faire la fête. Linia, la première s’en inquiéta.

- Tu es sure que tout va bien ?

- Oui, ne t’en fais pas.

- Je parie que ce sont les Immortels qui t’ont volé ta bonne humeur. Moi aussi ils me mettent mal à l’aise ; surenchérit Riem. De nature plutôt réservée, le jeune-homme, attiré par une vie dans la Terre, était très impressionnable.

- On ne risque rien. Je ne vois pas ce qu’ils pourraient trouver dans un groupe de quatre bras cassés composé d’une fille de Philosophes bornée, d’une pseudo-Alchimiste, d’un paysan et d’un bouffon du roi, aussi beau soit-il.
Loar, le rigolo de la bande, avait parlé. Le moral était revenu parmi la troupe.

- Je suis d’accord avec le monstre, s’enquit Wejan, oublions ces tatoués du bocal et allons faire la fête.

Sur ce elle empoigna Loar – le monstre, qui tentait vainement de venger son honneur en boudant – Linia et Riem et les quatre amis se rendirent sur la grande place où l’événement battait son plein. Laissant derrière eux les Immortels. Et leur choix.

La Journée de la Vie battit son plein jusqu’à quatre heures du matin. La timidité de Riem fut estompée par l’alcool de prage, la beauté de Linia en attira plus d’un, Loar se répandit en blagues plus ou moins subtiles et Wejan riait et s’amusait comme jamais, la pensée de la décision des Immortels complètement disparue dans l’alcool et la danse. Alors que la fête prenait fin, les amis se tenaient sur une partie du Rempart oubliée, les pieds dans le vide extérieur, les yeux vers les ciel, silencieux et heureux. Leur dernière année était presque terminée. Chacun de son côté, ils iraient vers leur futur rêvé. Linia et Wejan vers l’Alchimie, Riem vers la Terre, Loar quelque part, peut-être poussé vers le commerce par son envie incommensurable de découvrir le dehors, l’ailleurs. Ils auraient voulu parler. L’alcool ingurgité les y aurait aidé. Mais ils ne pouvaient que regarder les étoiles éclairées par la Lune. Et penser. Penser à ce qu’ils seraient, à ce qu’ils deviendraient. Ce à quoi leurs vies ressembleraient à la prochaine Journée de la Vie. Ils se trouvaient face à un inconnu qui les surplombait de toute sa pesanteur. Leur vie pendait dans le vide comme leurs pieds. Ils pouvaient tomber, se maintenir assis, ou se lever. Certainement, il leur suffisait de choisir. Mais c’était sans compter sur les autres, sur la Communauté, sur les lois, sur les votes, sur les Gouvernants. Et sur les Immortels.
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