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 polar rimé

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Mario
Ecrivain
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MessageSujet: polar rimé   Mer 27 Mai - 21:19

damné par l'amnésie cueillie comme un vent frais
régulier, raclant la peau des nuages bas
s'étalent des suées soudaines de souvenirs
sur le chemin des retours
avec des fanfares ordinaires, braves bandes sonores
augmentées de garçons brutaux
ils répètent les mêmes phrases, ces phrases
routinières dans la certitude du pas, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


une prière sur le dos rond d'une voiture
adressée ça et là, aux recoins moins éclairés de l'Espace
d'une nuit verte et blanche, une nuit négresse chaude
dont les tresses font goutter un lait de fécondité maladive
un chant balancier au creux de ses hanches
qui transforme pour l'aveugle les formes en cantatrices
pour les manchots bavards, les poètes pris en flag, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


les quais confondus, les cimes arpentées des toits de zinc
n'ont pas eu raison de ma patience d'enfant gâché
voisin des pianos improvisés sur le pavé d'une parisienne
frôleur des formes obscures camouflées par les sons
au lavage de l'arête des falaises, les courbes molles des cuvettes
tous les goûts exécrables et les dégueulis esthétiques
funambule sur les lignes du tarmac pour les âmes expirantes
quand les frontières s’injurient encore, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


Le temps laisse les minutes passer en cortège bruyant
pour souligner le jour particulier du dérisoire
de toute existence, et la pensée, et l'action, les paroles
groupées dans le défilé autour de la Sainte Vanité
autour du commerce florissant des poignées de main
Échange de fluides, tambourinements écœurés ou étouffés
oubliés, sinon tendus comme des pendus dans la sensation, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


Le long d'une promenade avec ma folie hypertrophiée
peuplée d'êtres extatiques, impurs au regard
déambulatoire de spectres, carnaval jusqu'au précipice
à la bordure étendue de quelque feu de camp solitaire
dans la joie rutilante quand survient l'hallucination légère
douce, tentatrice, un visage de femme outragée
et qui en redemande, crachant ses hontes sanguinolentes
peintures sublimes d'un univers formé par le cri, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


Il est clair à mes visions que l'homme structuré
est un chantier d'étoiles, l'inachevé final de la chair
l'imperfection de soi à supporter dans le roulis de l'eau
l'incomplet battement que soutiennent, tendres piliers,
esclaves dociles, les lettres qui s'étendent, prétendent à la beauté
aussi lointaines, si éloignées, abandonnées, livrées, virginales
subsistant dans leur état, liquides, aériennes, maîtrisées, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


Échappé des bagnes mondains, pris dans le flot des consciences
les souliers passés près de ces rois qui abdiquent en silence
au plus près des haies des plus beaux champs de lunes
collé aux briques chaudes de nos usines à beautés froides
parcs à pensées, champs de course pour les enfants savants
dîner joyeux parmi les cannibales, les mutins, les pianos à bretelles,
que réveille le lampiste stellaire, toujours en pleine révolution, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


A travers l'exil du sommeil qui abaisse le cil
j'ai fermé le monde dans le boudoir des aventures
laissé reposer mon corps au plancher souple des criques d'azur
chanté dans l'écume l'ivresse du sel qui embaume la vie
en regardant, les yeux plongés dans l'abysse, les ultimes bulles
de mes rêves en descente, emportés par la houle verticale, sacrifice
pour les sirènes boulimiques qui se bâfrent sans vergogne
mannequins requins au fond des cours marines, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


Quelques poèmes hurlent depuis les tombeaux ventriloques
coulent entre les mailles du filtre, entre les dents fermées, délivrés,
somnolents à l'auberge du ciel une fois prononcés, cultivés hors-sol
dans la terre des airs sémantiques, œuvres paisibles du soir
aux bienvenus des radios hystériques, psalmodiant une vérité
pour des oreilles vieillies en fût, des silences ardents, et puis moi
finalement voltigeur entre les sons cubiques et les formes du prisme
justement présent pour encore quelques minutes d'avance, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


On a parlé, à mon miroir, de l'Inconnu sans majuscule
du voyage qui te déniaise, des transports exotiques
des musiques qui fondent sur la gueule pour te retourner la langue
te faire flancher la queue dans l'arrière-banquet d'un bordel portuaire
six mois de maladie au palpitant pour une fille aux seins universels
divertissements pour poètes, chansonniers, boscos, mineurs de fond,
bourgeois engoncé dans un haut-de-forme bien trop bavard
cigare aux accents de fleurs, un potager des senteurs sales
monocle, queue de pie fendue, maquillage de trottoirs, talons brisés, et puis moi
je poursuis mon attrape-rêve


J'ai aimé, peut-être, des violeurs de princesses dans un spectacle de nô
pendant une représentation magique qui a duré toute une année
le spectacle est vivant et la vie est une comédienne
pour peu que le siège soit seulement doux comme une chair familière
alors les décors peuvent brûler, tout le monde sous mes souliers peut disparaître
- je l'ai souhaité – dans un bruit moelleux d'apocalypse…
l'oreille tendue entendrait les rumeurs des bombes tombant du paradis
les sirènes des chiens en voie d'écorchement, et puis moi, finalement, moi
je poursuis mon attrape-rêve
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Princesse Alice

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MessageSujet: Re: polar rimé   Ven 29 Mai - 10:47

C'est le poème de Eve ou j'hallucine elle l'a pris !!!

mdr
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Mario
Ecrivain
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MessageSujet: Re: polar rimé   Ven 29 Mai - 13:58

c'est possible je partage volontiers mes lettres
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MessageSujet: Re: polar rimé   

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polar rimé
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