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 happy poetry

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Mario
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MessageSujet: happy poetry   Dim 19 Juil - 1:38



Sur la route encore
les faucheuses d'étoiles, sous tous les climats, prennent leur pause
une nuit de plus, une nuit passée
près des champs ronronnants, à minuit
des feux de camp font tourner les vinyles
tassent les averses imaginaire, du pied
s'enivrent au bord des machines, avec des liqueurs crépusculaires,
millésimes poétiques, affichées Château Apocalypse
à boire en dernier recours, au dernier souffle, à l'ultime brise fraîche
sur la route encore
à rameuter les brigands, les orphelins de l'absolu
les prédateurs échappés de prison
les mendiants d'azur, les apatrides des cieux
ceux qui s'endorment dans les fossés jalonnés par la pluie
les fermes, les foins, les voitures, les HLM, les quais de gare
stations de métro silencieuses, celles qui patientent à la nouvelle aurore
les paumés du système, les antis et les ultras,
tous leurs crachats, j'invoque la haine et le dégoût
l'horreur et les ecchymoses à trop se frotter
la chair dans la lutte forcée, la marche métrique
sur la route encore
des arbres se plient pour camoufler ma voix
quand j'insulte les morts qui se reposent au champ paisible
pour enfin ! enfin se taire, se tenir comme du bétail à l'ombre
couché dans l'herbe grasse
obéissez, mes aïeux ! je relève de l'enfant-Star
né des étoiles, élevé au lait maternel et frais des galaxies
joueur dans les comètes, cavalier solaire au grand galop cosmique
ensemençant, graine insolente, dans la terre, le feu, le gaz,
où les glaciers forment des villes titanesque de fonte
le feu purifie mes muscles, mes narines y soufflant
des exhalaisons de tous les possibles
sur la route encore
à psalmodier la fin de la simple poésie
l'erreur de tous les mouvements poétiques, société
tyrannique, dans le diktat du concept fondateur
dire pour mieux croire, la vérité, son absence
le silence partagé, revenu par le rythme de la course
comme reviennent les cent pas dans la chambre
où sont collées au mur les insomnies légères et folles
mansarde miraculeuse, entre l'art et le besoin
à tutoyer l'écriture, l'aimer comme la plus fidèle des femmes
en secret, écrit sur un papier plié en quatre
puis s'endormir à la 25ème heure dans la joie poétique
la jouissance entière, essentielle
sur la route encore
à chanter avec les vagabonds, les hommes-sandwichs
les femmes-papillons, les pupilles rimbaldiens
le vers en rire, le vers-délire, l'humour fou comme remède à l'existence
la quotidienne qui nous tue
sans message d'avertissement sur mon paquet de Lucky
ils respirent, médicalement assistés, sur les graviers
chauffés au soir romantique, les prières aveugles, sur les berges de la ville
pour approcher, emporté mystérieusement, dans un vol fabuleux
à l'école buissonnière des métaphysiques
par l'univers à disposition de nos sens éveillés
aussi fragiles, aussi doux, aussi travaillés que du verre en fusion
sur la route encore
dans le relâchement du plus grand éclat de rire volontaire
qui s'envole, se développe ; il se nourrit de nids de phénix
sur les hauteurs où l'on marche sur les rayons du soleil,
des refuges pour les anges, dans les cavernes des derniers ermites
pour signer, trace odorante sur la neige, l'happy poetry
rieuse heureuse de se savoir en vie, bien-portant, malgré tout
sur la route encore
à ouvrir toutes les cloisons faisant des ristournes sur les putains
ramasser les mégots grésillant encore sur les trottoirs
photographier dans l'âme les pochoirs libertaires des mégalopoles
le corps tagué de la patience de l'horloge
et parler tous les langages dans l'artisanat poétique
former le son nouveau, le son du créateur
pour faire émerger, au choc dual de la marche,
en frottement perpétué comme un crime,
le rire final de toute la création
pied-de-nez mystique aux sandales avachies
il irait, cahin-caha, s'affoler dans les gréements des voiles survivantes
dans les soutes des porte-conteneurs qui franchissent les détroits
dans les rouages des clochers, et ceux des véhicules klaxonnants
embrasser la dernière vierge des villages
la prendre contre une porte cochère, le talon dressé
briser la lourdeur des paupières, enflammer sa chevelure
et tout le poil de l'homme hirsute
sauvage réclamant, à la fin de l'étape,
le confort et le soin de la société retrouvée
sur la route encore
le rire rejoint le cantique des bergers solitaires
dans une polyphonie répercutée contre les flancs du monde
qui s'achève, flottaison douce, en parfum sonore
elle aide l'aveugle, hilare, le fait avancer
entre les troncs remplis de grillons carnassiers
entre les halls des usines à stylo,
océan asséché, sel malade,
qui reflète l'espace où s'abreuvent les enfants du jour
les bois des Rois plongés dans la ronde des astres
une autoroute d'espoir passé devant les hagards
au musée de l'histoire de l'être, fatigués de bouger, dans l'amour immobile,
cargaison lâchée, immense, dans les entre-pores
sur la route encore
où l'horizon à la mer se marie dans la couleur
la terre n'a plus de fin dans la houle, tapis des pas
les nuages au large forment le Nouveau-Monde
des hauteurs de coton, des pâturages éphémères
propres à recevoir le repos délirant du promeneur éternel,
des prairies verticales, des îles flottant dans l'azur
où la pensée en balade cabote de ciel en ciel
bateau, danseur, galérien, poémeur, amant, fou, phare,
le voyageur devient, au gré des métamorphoses aléatoires
pour finir entre quelques bouchots, finir en christ escroc
tendu en l'air au ras de la vase tiède
pour que la route, en face de l'eau, dans le fracas du sel
fasse apparaître le miroir fracassé du rire
sur la route encore.
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: happy poetry   Sam 5 Sep - 0:31

Après avoir lu ce genre de texte aussi dense le lecteur est nécessairement en train de subir les conséquences létales ou quasi létales d'une overdose d'images poétiques.
J'aurais bien vu ce texte en prose, tant qu'à y être.

J'aimerais bien entendre Shadow le rapper.

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Erik Satie



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Mario
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MessageSujet: Re: happy poetry   Ven 11 Sep - 15:48

je préférerais l'entendre sur la radio du siècle, voire une polyphonie dessus

quant à la prose, c'est marrant, j'y réfléchissais en ce moment avec Ynos, pour faire des textes hybrides, mais ça demande plus d'exigences
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Liam Daläa
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MessageSujet: Re: happy poetry   Ven 11 Sep - 19:10

Ah... les textes hybrides...

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MessageSujet: Re: happy poetry   Ven 11 Sep - 22:45

je partage tes suspenpoints
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MessageSujet: Re: happy poetry   

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happy poetry
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