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 Forsaken age Chapitre 3: Ma détermination

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Amnael
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MessageSujet: Forsaken age Chapitre 3: Ma détermination   Dim 2 Aoû - 21:58

III- Ma détermination

J'ÉTAIS RESTÉE FIGÉE UN MOMENT en contemplant l'oblitorium, regardant la scène qui se déroulait devant moi comme une simple spectatrice. Le trou béant creusé à même le sol se remplissait peu à peu d'eau qui semblait provenir de l'étage inférieur par je ne savais quel mécanisme sophistiqué. J'imaginais tout un système amenant l'eau depuis une source extérieure jusque dans les sous-sols de l'appartement de Lety. Comment l'eau arrivait à remonter pour se loger dans l'oblitorium, je n'en avais pas la moindre idée non plus. Plus le bassin se remplissait d'eau, plus j'étais fascinée par ce que je voyais, pas tellement par le bassin en lui même, ça dans le fond, tous le monde pouvait le réaliser, il suffisait de faire des allers-retours pour le remplir petit à petit. Non, ce qui m'émerveillait réellement c'était le système qui apportait l'eau jusqu'ici. J'essayais également de calculer de tête combien de sceau d'eau il m'aurait fallu pour remplir tout l'oblitorium, mais j'ai très vite abandonné cette idée, d'autant plus que l'eau arrivait de plus en plus rapidement. Ainsi, en moins de cinq minutes, le bain était près. Lety se déshabilla et plongea alors tête la première dans l'eau sans la moindre hésitation. J'avais eu mal pour elle, des frissons parcoururent mon corps tout entier à l'idée d'un contact aussi brutal avec l'eau. J'étais trop dubitative pour l'imiter même si elle m'encourageait à la suivre. Je pris donc sur moi pour affronter ma peur. Je me déshabillais à mon tour, et non sans appréhension je commençais à mettre mon pied droit dans l'eau en le posant sur l'une des marches inondées prévues à cet effet.
J'avais poussé un cri en pénétrant dans l'oblitorium. Jamais de toute ma vie je ne m'étais sentie aussi heureuse et honteuse à la fois. Heureuse car, à peine j'eus posé un pied dans l'eau qu'un frémissement d'excitation remonta de la pointe de mes pieds jusqu'à ma tête en traversant tous les pores de ma peau. Par je ne savais quel miracle l'eau était à la température parfaite, ni trop chaude, ni trop froide et plus j'enfonçais chaque once de mon corps dans l'eau, plus je sentais un sentiment de plaisir monter en moi comme jamais je n'en avais ressenti auparavant. C'était comme rentrer dans un lit douillet, mais en beaucoup plus intense. Honteuse également car, je venais de crier comme l'aurait fait une gamine, et c'était des plus embarrassant, surtout que le cri était sorti tout seul. Cela démontrait à la fois mon manque de contrôle sur mes sentiments mais aussi mes origines de pauvre fille vivant dans la rue. Fort heureusement pour moi, je n'étais accompagnée que de Lety qui était déjà dans l'eau et personne d'autre n'avait assisté à la scène. Elle semblait amusée de la situation, et son coté sadique ressortait toujours dans ce genre de situation.

- Si tu racontes ça à quelqu'un, je te tue de mes propres mains, dis-je.

- Très bien, j'ajoute ça à la liste des deux interdits punis de la peine capitale, me répondit-elle amusée.

Je pouffais à mon tour, c'était la troisième fois que je menaçais de mort une princesse et j'étais toujours aussi pugnace dans mes propos, princesse ou pas princesse, il y avait des choses que je refusais. Ma première menace de mort sur sa personne était venue lorsqu'elle avait commencé à m'apprendre à faire des révérences, mes premières tentatives étaient tellement pitoyables que j'en avais honte moi même. La seconde concernait le jour où ma rage avait pris le dessus, Lety était l'unique personne sachant que j'avais laissé ma fureur prendre le dessus et sachant ce que j'avais infligé à ce meurtrier. Le général Ten en avait eu les grandes lignes, il s'était senti obligé d'enquêter sur ma vie étant donné que nous voyagions ensemble, et c'était d'ailleurs tout naturel puisque sa mission était de protéger la princesse, je ne pouvais pas lui en vouloir pour ça ; mais je ne lui avais pas spécifié chaque détails de la scène comme je l'avais fait avec Lety. Pour résumer, je refusais que l'on touche à mon honneur ou à ma dignité sans mon autorisation. Heureusement pour moi, d'un point de vue de l'honneur et de la dignité, je ne risquais pas d'être trahie avec Lety.

J'entrais alors cette fois toute entière dans l'oblitorium en prenant bien garde de conserver mes sentiments enfouis. J'avais presque craqué lorsque mes épaules furent submergées mais j'avais gardé le contrôle en me contentant de crier dans mon esprit. Cependant, mon visage rougissant m'avait tout de même trahi vis à vis de Lety qui esquissa un nouveau sourire. Elle pouvait bien se moquer de moi, en cet instant, je n'en avais strictement rien à faire. Un état de plénitude me caractérisait le plus en ce moment précis. Mes muscles mis à rudes épreuves par les longues journées de marche ne s'étaient jamais sentis aussi bien, remerciant l'eau idyllique qui allait et venait sur ma peau. Heureuse et détendue grâce à la température de l'eau qui paressait ne jamais vouloir varier, je finis même par perdre la notion du temps alors que je parlais de tout et de rien avec Lety. Lorsque notre discussion s'arrêta, je m'étais endormie sur les bords de l'oblitorium profitant de chaque moment comme si c'était le dernier mais mon sommeil n'avait pas duré bien longtemps. Lety me réveilla quelques minutes à peine après que je me sois assoupie en me disant d'arrêter d'être aussi inconsciente. Elle avait raison, j'aurais très bien pu tomber dans l'eau et me noyer alors que je dormais. Une façon bien comique de passer l'arme à gauche qui m'aurait sans doute convenue à merveille avais-je pensé sur le moment avant de remercier une nouvelle fois ma sauveuse en l'excusant pour ma stupidité. Enfin, je n'étais pas totalement inconsciente non plus. La vérité, c'est que je possédais des réflexes presque instinctif, à chaque fois que je dormais quelque part, j'arrivais toujours à me réveiller avant de chuter de ma couche. Il m'était également arrivée de m'endormir au bord de rivières pour profiter de l'air frais à l'ombre du soleil ardent, et à nouveau j'émergeais de mon sommeil avant que le drame ne se produise. C'était en parti à cause de tout cela que je ne faisais plus vraiment attention lorsque je m'endormais. Malgré tout, ayant peur que Lety trouve cela abracadabrantesque, je ne lui en avais pas touché un mot, préférant garder mon rôle de la petite idiote qui m'allait à merveille dans ce genre de situation. Je n'avais aucune envie d'être transformée en monstre de foire ni d'alimenter les commérages de la princesse, laquelle était une véritable championne dans cet art de raconter des histoires qu'elle ne devrait même pas connaître.
Je recommençais alors à parler, non pas parce que j'avais encore des choses à dire, mais plutôt pour avoir une raison supplémentaire de profiter encore plus longtemps de l'oblitorium. Chaque infime parcelle de mon être se délectait du moment présent. J'aurais voulu pouvoir rester là pour toujours. Ainsi, je me mis à poser des questions sur la création de la ville et les personnages d'Odin et de Frigg. Je ne comprenais pas pourquoi Midgard n'avait pas absorbé les autres états puisque c'était la descendance des fondateurs de Midgard et Kernheim qui avait fondé les autres états. J'appris alors que ce que j'avais pris pour la véritable histoire de Kernheim n'était en fait qu'une fable mythologique. S'il était vrai que Midgard s'était bâti par la volonté d'Odin et de Frigg, le récit sur leurs enfants n'étaient qu'un mythe purement inventé. Il n'y avait donc aucune parenté entre les familles royales des différents états. Encore une chose que je n'aurais pas deviné si Lety ne me l'avait pas expliquée à l'instant. Au vu de la passion mise dans leurs discours lors de notre arrivée en ville, je m'étais persuadée d'assister à un cours d'histoire accéléré plus qu'à un conte.

-Mais tu sais, m'affirma Lety, toutes les légendes ont une part de vérité en elles. Si l'on dit que ce sont les enfants d'Odin qui ont fondé les autres royaumes, c'est avant tout pour souligner le fait que Midgard est le premier royaume à avoir été unifié, les autres n'ont fait que suivre l'exemple de Midgard devant les succès d'un tel système.

Je comprenais vaguement l'idée, les autres états n'avaient pas été fonder par les enfants d'Odin, mais plutôt par des personnes partageant la même vision du monde que lui. Je me demandais même si cela n'était pas une invention une nouvelle fois pour glorifier Midgard et Odin pour en faire le père du monde tel que nous le connaissions aujourd'hui, mais je pris la décision de garder cette remarque pour moi. Lety me parla ensuite de son père Erman, le roi. C'était d'ailleurs la première fois que je l'entendais prononcer son nom, je me demandais même si elle l'avait fait exprès ou si elle s'en était rendue compte. Aussi étonnant que cela pouvait paraître, je connaissais à présent les prénoms de toute la famille royale alors qu'en général pour les gens du peuple, on se contente de savoir qu'il y a un roi. Le roi, c'est le roi, pas besoin de connaître son prénom, et encore moins celui de ces enfants. Les personnes plus importantes du royaume, de part leur naissance ou l'influence qu'elles possèdent devaient savoir le nom de la famille royale, toutefois je ne pouvais m'empêcher de me demander combien de personnes dans tous le royaume devaient connaître à la fois le prénom du roi et de la princesse Vrondir. Il ne devait certainement pas y en avoir beaucoup, et moi, l'une des personnes les plus improbable qui soit, je détenais cette information. Le destin continuait décidément à se moquer de moi. J'étais devenue importante à ma manière ce qui m'amusait quelque peu.
Finalement, l'eau de l'oblitorium commença à descendre en température et Lety me proposa alors de sortir, je n'en avais pas parlé, mais je commençais malgré tout à en avoir marre une fois l'excitation de la première heure passée. Nous sortîmes alors de l'eau par l'endroit même où j'étais timidement entrée au début. Je regrettais quelque peu le bassin, me demandant si j'aurais un jour l'opportunité d'y revenir. Je l'espérais, mais je n'osais pas demander, consciente de ma chance d'être ici. Je suivis alors Lety jusque dans sa chambre à l'intérieur. En général, je n'étais pas très pudique, mais la scène qui se déroulait était quelque peu gênante, même pour moi, je rigolais de ma propre bêtise, ça ne me gênait pas de prendre un bain ou de menacer la princesse, mais le fait de la regarder entièrement nue me troublait. Pourtant, même en étant gênée, la scène paraissait tellement surréaliste qu'à chaque fois que je détournais le regard, ce dernier finissait toujours par revenir sur Lety. Maintenant que nous nous étions lavées, je pouvais m'apercevoir à quel point elle était belle, ses cheveux châtains mouillés retombaient jusqu'à recouvrir sa nuque et une partie du dos. Sa silhouette n'offrait aucun défaut, même lorsqu'elle marchait l'on pouvait observer une dignité que j'étais bien loin de posséder. C'était une véritable et authentique princesse dans tous les sens du terme ce qui me laissait admirative. Une fois à la chambre, elle me tendit une longue serviette blanche dont je me saisis avec empressement. Il ne faisait pas froid dans les appartements, mais j'étais trempe de la tête au pied et le moindre courant d'air me faisait tressaillir. C'était bizarre, j'étais habituée pourtant mais il fallait croire qu'après un passage dans l'oblitorium tout mon être s'était métamorphosé. J'étais devenue plus sensible à n'en pas douter et je n'aimais pas trop ça ; mais d'un autre coté je sentais que je contrôlais bien mieux mes sentiments à présent. Je me rappelais alors ce que disait le grand Shun du repère où je vivais auparavant : « Contrôle tes sentiments et tu pourras accomplir tout ce que tu veux ! ». A l'époque je ne l'écoutais pas vraiment, mais maintenant ce souvenir remontait à la surface. Peut-être au final que toutes ces expériences m'avaient permis de grandir et de mûrir un tout petit peu.
Après m'être essuyée, mes yeux eurent le choix parmi une panoplie de vêtements tous plus somptueux les uns que les autres, il y avait tout un tas de robes, de chemises, de corsets et de pantalon, et je n'avais là le contenu que d'une armoire, je me demandais bien ce que pouvait cacher les deux autres. Par chance, j'étais sensiblement de la même taille que Lety. Je m'apprêtais alors à saisir une chemise et un pantalon mais elle m'arrêta alors.

- Tu mettras ça plus tard si tu veux, mais là tu vas devoir passer une robe sinon tu ne ferais certainement pas bonne impression lorsque je devrais aller voir mon père. J'imagine que tout ça doit bien te paraître étranger, mais vu le nombre de personnes importante qui assistent à ce genre de réunion, les commentaires vont très vite.

Je ne savais pas ce qui m'effrayait le plus, affronter la cour royale de Kernheim ou bien enfiler l'une de ces robes. J'étais quelque peu dubitative, mais je me rappelais alors de mon appréhension de l'oblitorium, tout s'était finalement bien déroulé : et puis, je m'étais résignée à ce que ma vie change du tout au tout en pénétrant la ville de Kernheim, plus encore en arrivant dans le palais. Je pris alors une profonde inspiration comme si l'air emmagasiné était capable d'effacer toutes mes peurs, cela marcha plutôt bien ce qui m'étonna à moitié. « Contrôle tes sentiments et tu pourras accomplir tout ce que tu veux » me répétais-je.

- Très bien, mais je te laisse choisir, je n'ai aucune expérience pour ce genre de choses, lui dis-je.

S'en suivit alors série de regard allant de l'armoire jusqu'à moi et de moi jusqu'à l'armoire. J'avais un peu l'impression d'être un morceau de pain sur un étalage que tous le monde pouvait observer, et le fait d'être nue n'arrangeait rien à l'histoire. Au bout d'une minute, Lety s'exclama :

- On va essayer avec celui-là !

J'enfilais alors le corset que me tendait Lety, et elle m'aida à le fermer par l'arrière. Je fus alors prise d'une quinte de toux soudaine sous l'effet de mes poumons qui se faisait compresser. Lety desserra alors rapidement le cordage. Je pris facilement une minute de plus à retrouver mon souffle avant de m'étonner :

- Il y a vraiment des gens qui portent ce genre de truc ? Je peux même pas respirer !

- Pardon, c'est ma faute, c'était un peu violent pour une première fois. Essaye plutôt celui-là, il est un peu plus grand.

Je m'exécutais de nouveau, mais cette fois Lety le serra petit à petit, ce qui me laissa le temps de me préparer psychologiquement. Nous y arrivâmes finalement, mes seins me faisaient quelque peu souffrir, mais je pouvais respirer ce qui était déjà un progrès en soit. Lety me tendit alors l'une des robes. Elle était rouge, rouge sang sans aucune fioriture. Elle me donnait l'impression d'être trop voyante et je préférais rester discrète le plus possible, puis, je réfléchis à tout ce que j'avais traversé avant d'arriver ici et j'arrivais à la conclusion que dans le fond, ce n'était peut être pas plus mal ; en plus elle mettait parfaitement ma chevelure argenté en valeur. Enfiler cette satané robe avait été une épreuve de plus, j'avais cru mourir une nouvelle fois lorsque je m'étais baissée à cause de ce corset de malheur. M'habiller s'était avéré être un véritable parcours du combattant, et pas la peine d'espérer marcher bien vite avec cet accoutrement, quand à courir il ne fallait même pas y penser. Par chance, comme la robe touchait par terre et cachait mes pieds, je n'étais pas obligée de changer mes sandales. J'étais fin prête.
Par la suite, Lety attrapa une autre tenue pour elle-même. Elle avait des teintes bleues et vertes, la robe était sobre dans sa partie haute et délicatement dentelée sur sa partie basse, j'avais par ailleurs remarqué que son ensemble était rangé le plus à gauche dans l'armoire, à l'écart des autres. Je me figurais alors qu'il s'agissait là d'une tenue importante qui ne devait être sortie qu'en de rares occasions.
Un bâillement força alors le passage de mon estomac jusqu'à ma bouche pour venir émettre un son assez grave que j'accompagnais en étirant mes bras devant moi, ce qui m'arracha une nouvelle douleur à la poitrine, mais la douleur semblait s'atténuer presque aussitôt lorsque mes bras retombèrent le long de mon corps. J'étais incontestablement fatiguée. Les longues journées de marches et l'excitation de la découverte de Kernheim dans son ensemble avaient eu raison de ma vigueur. Je n'étais pas vraiment épuisée physiquement, non, j'étais solide, il le fallait bien ; mais je sentais que mon esprit lui arrivait à sa limite après avoir assimilé tant de nouvelles connaissances. J'émis alors un sourire gêné, c'était plus fort que moi, je savais que la journée était loin d'être finie, mais j'étais au bout du bout. Lety semblait désolée pour moi, mais comme elle ne tenta pas d'insinuer quelque chose comme à son habitude, je compris qu'elle avait l'esprit ailleurs. Elle se leva néanmoins du rebord du lit sur lequel nous étions assises :

- Il faut qu'on se présente devant mon père, je suis sûre que Ten a déjà fait son rapport devant la cour, mais il voudra entendre notre version des faits ; un léger silence s'installa avant que Lety ne rajoute ; et surtout n'oublie pas, quoi qu'il arrive, gardes toujours la tête haute et suis chacun de mes mouvements !


Je devais bien me l'avouer, j'étais angoissée à l'idée de la rencontre avec le roi, normalement je n'allais pas devoir parler mais le simple fait de me trouver au coté de la princesse devant tant de monde suffisait à blesser mon coté aventurière. Je pris alors une grande inspiration dans la limite permise par mon accoutrement, puis j'expirais enfin tout l'air de mes poumons comme pour chasser mon angoisse par la même occasion. Cette méthode fonctionnait presque toujours avec moi.
C'est à ce moment là, alors que j'étais prête à partir et à suivre Lety que je fus stupéfaite. Sous mes yeux, je voyais une scène que je ne pensais jamais voir. Lety, elle qui demeurait pourtant si forte et qui semblait toujours capable de surmonter n'importe quel obstacle était en train de pleurer. Dans un premier temps, j'étais tellement surprise que je fus incapable de réagir. Comment une telle chose avait-pu arriver ? Avais-je fais quelque chose de mal ? Non, impossible mais alors pourquoi était-elle dans cet état ?

Lorsque je repris mes esprits, instinctivement, je m'étais avancée vers la princesse pour la serrer dans mes bras. Je voulais lui dire quelque chose, n'importe quoi, quelque chose qui pouvait lui remonter le moral mais je ne trouvais pas les mots pour exprimer ce que je ressentais. Je me contentais alors de cette étreinte jusqu'à ce que Lety reprenne un peu de ses moyens et qu'elle prit la parole la première :

- Je suis désolé, on dirait que toute la pression m'ait tombée dessus sans prévenir !

Je la regardais à présent de coté assise sur le lit, lui frottant tendrement le dos pendant qu'elle s'essuyait les larmes qui coulaient encore par moment. Comment pouvais-je faire autre chose, le simple fait de voir que même Lety qui semblait inébranlable pouvait craquer me faisait presque monter également les larmes aux yeux. Elle reprit alors :

- Je … , je ne te l'ai pas encore avouée, d'ailleurs peu de gens le savent, mais mon père est mourant. C'est pour ça que préparer une alliance avec Vérion était important, et mon père m'a fait confiance pour mener à bien cette mission. Comme une idiote j'ai tout fais rater.

Cette annonce fut un nouveau choc pour moi et mon esprit fatigué. Le roi était donc en train de mourir pour une raison que j'ignorais. Cependant, maintenant je comprenais la cause du chagrin de Lety, mais ce que je ne comprenais pas c'était pourquoi s'allier à Vérion était aussi important. Je n'étais pas de haute naissance et je n'avais pas été instruite plus que ça, il était donc possible que je ne soit pas en mesure de voir le tableau en entier, malgré tout je ne comprenais pas le roi. Autant Lety avait prit la tâche à cœur puisqu'il devait s'agir de l'une des dernières volontés de son père, ce que je pouvais parfaitement envisager, autant les raisons poussant le roi à demander une telle chose à sa fille me semblaient aussi obscures qu'une nuit d'hiver.

- Je peux concevoir que tu veuilles faire plaisir à ton père. Mais ce n'est pas comme si c'était ta faute si cette mission a échoué. Tu n'as pas commandité ton propre assassinat que je sache non ? Et puis, dans le fond, peut-être que ce qui devait arriver est arrivé. Regarde, si rien de tout ça ne s'était passé, nous ne nous serions pas rencontrées ; alors peut-être que tu devrais aussi voir cette tentative d'assassinat comme un signe du destin pour te faire comprendre qu'une alliance avec Vérion ne serait pas une bonne chose.

Sa réaction fut alors une autre découverte pour moi. Pour la première fois, je vis qu'il était possible de pleurer et de rire simultanément. J'étais pourtant restée sérieuse dans mon discours. A croire que j'avais dis une bêtise.

- Parfois j'envie ton ignorance, me répondit-elle. Si tu penses que je pourrais garder le trône pour moi après la mort de mon père tu te trompes lourdement. La cour n'a que faire d'une princesse, elle veut un roi fort pour tenir son rôle vis à vis des autres états. La vérité c'est que si je ne trouve pas un époux rapidement je me ferais évincée par n'importe quel opportuniste. D'ailleurs je suis prête à parier que c'est l'une des personnes de la cour qui a tenté de me faire assassiner. Pour garder le royaume, je devrais avoir l'armée de mon coté. Si je peux compter sur Ten, je doute fortement que les autres généraux de mon père m'appuie lorsqu'il sera mort. Pour résumer, si l'alliance avec Vérion échoue, Midgard s'engouffrera droit dans une guerre civile et peut-être pire encore.

Je me l'étais quelque peu imaginé à force de passer du temps à coté de Lety sans vraiment assimiler tous les aspects, mais à présent je comprenais bien mieux ce que cela signifiait d'être une princesse. Lety devait se soucier de son peuple en priorité, tout en obéissant à son père et en étant parfaitement consciente que tous les regards étaient tournés vers elle. Le palais royal que je prenais pour un modèle de vertu s'avérait être un véritable champ de bataille. Il n'y avait pas de confrontation directe, ce n'était pas une guerre et pourtant à la moindre erreur la cour était remplie de charognard prêt à mordre pour prendre le pouvoir. Je me mis alors à verser mes propres larmes lorsque je saisis la situation de Lety. Elle savait qu'elle serait critiquée et probablement conspuée pour cela, et pourtant elle m'avait ramenée avec elle à Kernheim. Je me devais de répondre à la confiance qu'elle m'apportait. En cet instant je pris alors ma décision, Lety avait affirmé qu'elle ne pourrait pas gouverner sans le soutien de l'armée. Je n'avais plus qu'une chose à faire, m'engager moi même et devenir assez importante pour apporter l'aide dont mon amie avait besoin. C'était absurde, je le savais bien, pourtant lorsque Lety m'avait demandée de l'accompagner à Kernheim, c'était tout aussi absurde. Comment pouvais-je rester de marbre face à ce genre de sentiments ? Cela ne me ressemblait pas, il n'était même pas question de dette, d'honneur ou de quoi que ce soit d'autre, c'était simplement moi, moi et ma façon d'être.
Je la serrais alors une nouvelle fois dans mes bras tout en continuant de pleurer.

- C'est toi la plus idiote de nous deux !

_________________
Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai inventé du début à la fin
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Forsaken age Chapitre 3: Ma détermination
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