Bienvenue à l'Académie !
 
AccueilPortailFAQAnnexeNos partenairesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Forsaken age Chapitre 4: Un champ de bataille calme

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Amnael
Administrateur Graphiste
Administrateur Graphiste
avatar


MessageSujet: Forsaken age Chapitre 4: Un champ de bataille calme   Lun 11 Jan - 2:09

IV- Un champ de bataille calme







DEUX GARDES SE TENAIENT DEVANT NOUS, leurs carrures forçaient le respect. Les armes n'étaient pas tolérées à l'intérieur du palais et pourtant ces deux là tenaient fermement une hache chacun. Je trouvais cela étrange de rencontrer des gardes armés à cet endroit là, après tout si j'avais été un assassin je n'aurais eu qu'à me débarrasser des deux molosses pour me procurer une arme et attenter à la vie du roi. D'un autre point de vue, c'était une sécurité supplémentaire en cas d'intrusion et cela me rassurait tout de même un peu. Je n'étais vraiment pas à l'aise sans mon couteau à proximité et la présence de deux gardes d'élites m’apaisait un tant soit peu.
En nous voyant approcher, le premier s'inclina respectueusement, le second en fit de même, puis il se redressa et entreprit d'ouvrir la porte de la cour royale qu'il gardait.


  • La princesse Vrondir ! Annonça t-il d'une voix forte de façon à ce que l'assemblée réunie dans la salle ne manque pas l'entrée de Lety.



Il s'inclina alors de nouveau et Lety avança par l'ouverture. Je la suivis tant bien que mal en faisant bien attention de ne pas trébucher sur ma robe tout en gardant la tête droite comme Lety me l'avait conseillée. L'épreuve s'avérait délicate pour moi qui était encore novice. Heureusement, sur le chemin menant des appartements de la princesse à la cour, j'avais eu tout le temps de m'entraîner pour minimiser les dégâts. Je n'allais pas courir de sitôt, mais j'arrivais à marcher convenablement ce qui représentait déjà un exploit d'un point de vue personnel. Une fois rassurée sur ma cadence, j'entrepris de regarder discrètement ce qui m'entourait.

Tout était beaucoup plus sobre que ce à quoi je m'attendais. L'allée centrale sur laquelle nous marchions était délimitée par un tapis bleue orné de vert émeraude sur les cotés. Sur la droite et la gauche, l'ensemble des personnalités de la cour présente nous fixaient du regard. Certains étaient assis sur des bancs, d'autres étaient debout, d'autres encore, plus proche de l'estrade centrale où trônait le roi, avaient droit à un siège personnel.
Je ne percevais pas le contenu des conversations, mais notre irruption dans la salle avait soulevé une vague de discussions en tout genre. J'étais tout de même amusée de voir que pas une seule personne présente dans la pièce ne rechignait à s'incliner au passage de Lety. Paradoxalement, l'idée que l'une de ces personnes pouvaient avoir joué un jeu dans la tentative d'assassinat de Lety me donnait envie de vomir. Je vouais une haine profonde vis à vis de ce genre de personnage, avenant de face et n'hésitant pas à te poignarder dès que tu as le dos tourné. Pourtant, l'ironie de la situation voulait que l'on ne pouvait rien y faire. Nous ignorions même si l'une de ces personnes avait réellement été impliqué, et pourtant à en croire Lety, plus de la moitié des personnes ici présente devait vouloir sa tête.

Plus nous avancions, plus j'essayais de trouver un indice, de lire les émotions sur le visage des gens, mais je ne voyais rien transparaître. Celui qui avait fait ça, s'il était présent dans la cour ne s'était pas trahi. Constatant que la tâche était vaine, je pris la décision de me concentrer sur ce qui se trouvait non pas à coté de moi, mais devant moi. Le roi nous observait également, attendant que nous arrivions au niveau de l'estrade. Ten était là, assit sur l'une des places que j'avais repérée un peu plus tôt. Un autre homme était debout devant l'estrade et notre arrivée soudaine avait semblé interrompre son discours.
A la vue de la princesse, il s'agenouilla devant le roi avant de rejoindre son propre siège tout en affichant un air quelque peu frustré. Cette sensation inhabituelle d'avoir tous les regards braqués sur moi ne me dérangeait pas ce qui me surprit moi-même. Il est vrai que j'étais habituée à attirer l'attention à l'époque où je volais encore dans la rue, mais dans le cas présent ce n'était rien de comparable, auparavant c'était totalement volontaire alors que cette fois, la seule présence de Lety suffisait à me mettre en valeur. Dire que je désirais rester la plus discrète possible, c'était de toute évidence peine perdue. Je ne me sentais réellement pas à ma place dans cet endroit, mais j'étais capable de suivre la princesse n'importe où, grâce à cela, j'étais en mesure de garder un semblant de dignité et la tête haute. Tellement haute que je finis par me retrouver face au roi et avant même de m'en être rendue compte, j'avais plongé mes yeux dans les siens. Ses iris avaient une coloration sombre et me regardaient fixement sans sourciller à tel point que son simple regard suffisait à lire à travers moi ce qui me donnait l'impression de me retrouver totalement dévêtue au milieu de cette cour royale. Puis, je finis par réaliser que je regardais le roi et immédiatement j'entrepris la plus soignée des révérences que j'avais apprise jusqu'ici. J'espérais secrètement qu'il n'ait pas pris ma stupidité pour de l'irrespect sans quoi la protection de la princesse ne me serait pas d'une grande aide. Je restais courbée, la tête inclinée en attendant le moindre signe me disant de me redresser. D'un unique regard, le roi avait réussi à me faire perdre confiance mais d'un autre coté, il avait suffit d'une seule voix pour me remettre d'aplomb.


  • Père, le simple fait de vous revoir en bonne santé suffit à disperser toutes mes craintes. Cependant je dois m'excuser d'avoir failli à la tâche que vous m'aviez confiée et j'accepterai n'importe quelle punition pour cela !



Si la voix de Lety avait eu l'effet positif de me redonner un peu de contenance, ce que je venais d'entendre me mit hors de moi. Pourquoi devait-elle s'excuser et même être punie pour cela ? Jusqu'à preuve du contraire, c'était Lety que l'on avait essayé d'éliminer et cela uniquement parce qu'elle était l'héritière du royaume. S'il y avait ici une personne qui se devait de s'excuser c'était plutôt le roi mais je fus bien avisée pour une fois de garder ces pensées pour moi.
Il y eut alors de nouveau chuchotement au sein de l'assemblée, mais j'étais bien trop obnubilée par la présence du roi pour être en mesure de discerner ne serait-ce qu'une phrase au milieu de ce chahut silencieux. D'un simple geste de la main, le roi mit alors fin à toutes les conversations. A présent, j'osais à peine le regarder, de peur de recroiser non intentionnellement son regard. Le silence qui s'en suivit dura presque une minute. Une minute qui parut durer une éternité et durant laquelle Lety menait son propre combat, soutenant et même affrontant son père de face sans sourciller. J'étais éperdument admirative de sa force intérieure. Le silence fut enfin rompu.


  • Que tous le monde sorte !



Je mis quelques secondes supplémentaires à comprendre que cette voix appartenait au roi. Je m'étais laissée surprendre par le ton qui en émanait, à la fois calme et posé mais empreint d'une autorité indiscutable. Lentement, chacune des personnes qui étaient présentes commença à quitter l'assemblée. L'homme que nous avions interrompu fut l'un des derniers à sortir, suivi par Ten qui fermait la marche. Il me fallut encore quelques secondes pour m'apercevoir que la salle était désormais vide, il n'y avait plus que le roi, Lety et moi-même. Je n'avais pas bougé car Lety m'avait dit de la suivre sans faute, cependant, l'idée de rester présente me paraissait tellement absurde que je m'inclinais de nouveau et commençait à repartir en direction des portes.


  • Non, pas vous jeune fille ! Déclara de nouveaux la même voix qui cette fois réussie à me surprendre.



Un long tressaillement me parcourut de haut en bas lorsque je compris que le roi s'adressait à moi. Je devais vraiment avoir l'air d'une idiote dans ce monde que je découvrais à peine. Puis, les portes de fermèrent enfin, me laissant définitivement seule, enfermée avec la royauté de Midgard. Le silence s'installa de nouveau pendant presque une minute jusqu'à ce que le souverain finisse par reprendre l'initiative.


  • Ah ! Tout ce protocole et ces formalités finiront par avoir ma peau un jour ou l'autre. Ces réunions du conseil sont une telle corvée. Mais assez parlé de ces absurdités qui ne nous intéressent pas. Je suis content que tu ailles bien Lety, quand à vous jeune fille, je ne saurais jamais assez vous remercier d'avoir sauvé la vie de ma fille. Je suis votre débiteur.



Entendre ce changement d’intonation dans la voix du roi m'avait de nouveau choqué. Le coté calme et posé qui inspire confiance était toujours là, mais je ne ressentais plus aucune autorité dans ses mots. Puis, je mis du sens sur ses paroles, je venais d'être remercié par l'homme le plus puissant de Midgard. Après tout, il y avait de quoi, j'avais sans le savoir probablement sauvé plus que la vie de Lety mais aussi l'avenir de Midgard et pourtant, la simple idée de repenser à ces paroles me mettait mal à l'aise. Je ne savais pas grand chose de ce que cela signifiait qu'être de sang royal, mais j'étais quasiment sûre qu'un roi ne devait jamais s'abaisser à ce genre de discours. C'était d'ailleurs l'une des choses pour lesquelles je pensais Lety différente de son père, mais apparemment, tout comme Lety le roi était obligé de jouer un rôle en public, tout du moins c'est ce que j'imaginais. Gênée, je finis par prendre la parole à mon tour avant que la pression ne me fasse perdre mes moyens une énième fois.


  • N'importe qui aurait fait la même chose, je vous l'assure majesté.



Je plongeai alors mon regard dans celui de Lety, comme pour y chercher une nouvelle source de courage, et le sourire qu'elle me rendît fonctionna à merveille.


  • Peut-être, ou peut-être pas, dans tous les cas, vous avez sauvé ma fille et je vous remercie. Qui plus est, le général Ten m'a raconté tout votre voyage et m'a assuré que vous étiez devenues assez proche, est-ce bien vrai ?




  • J'ai une dette, affirma Lety, et c'est pour ça que j'ai proposé à Alexia de venir au palais. Mais c'est vrai qu'au cours du voyage j'ai appris à la connaître et inversement. Lety marqua alors une pause, comme si elle cherchait ses mots, puis, ne trouvant pas d'autre façon, elle dit en rougissant légèrement. C'est mon amie.



C'était la première fois que j'écoutais Lety parler de moi à quelqu'un, et inconsciemment je m'étais mise à vibrer intérieurement. Ces paroles étaient tout sauf vide de sens. J'en aurais presque eu les larmes aux yeux. Mais je réussi à me contenir, après le plaisir charnel de l'oblitorium je contrôlais bien mieux mes sentiments.


  • C'est tout ce que je voulais entendre. Dit le roi. Je ne veux pas vous offenser en vous accordant une récompense, mais je vous pris de l'accepter tout de même. Pour vos services rendus à ma fille, j'augmente de deux votre rang de noblesse. Vous serez désormais autorisé à vivre à Kernheim comme n'importe quelle autre dame de la cour. Avec cela, comme vous êtes orpheline, s'accompagnera une dote pour vous aider à trouver un prétendant digne de votre nouveau rang. Par ailleurs, j'apprécierai que vous acceptiez de vivre dans les appartements de ma fille. Elle a toujours été réticente à avoir de la compagnie, mais s'il s'agit de vous, je suis certain qu'elle Lety en sera enchantée.



J'en avais réellement le souffle coupé, c'était beaucoup, mais alors beaucoup trop. Le père de Lety avait parlé de noblesse, je savais que la noblesse était découpé en rang, mais je n'en savais rien de plus, à quoi bon lorsque l'on est en bas de l'échelle se préoccuper des privilèges des autres ? Puis, venait la partie qui me choqua le plus, où l'on me parlait presque de mariage, que l'on me fournirait tout ce dont j'avais besoin lorsque j'en aurais besoin. Je saisis alors mon courage à bout de bras et je regardai pour la première fois volontairement le roi de face.


  • Je vous suis infiniment reconnaissante pour ces présents, mais, sauf votre respect et même avec toutes les meilleures intentions du monde, je ne serais jamais une dame de la cour. Quand on a passé autant de temps que moi dans la rue, il y a des choses qui ne peuvent pas changer. Je suis capable de jouer la comédie, mais pas à longueur de temps, et un jour ou l'autre, l'une de mes maladresses finiraient par déteindre sur votre fille et je ne pourrais pas me le pardonner. Par contre, j'ai vu en arrivant au palais qu'il y avait une école militaire. Ma vie s'est toujours résumée à me battre, c'est pourquoi ce que je veux obtenir, je l'obtiendrai comme je l'ai toujours fait, en combattant.



J'espérais ne pas avoir été trop audacieuse, le souverain m'avait offert un titre et des richesses et je les avais refusées tout en demandant autre chose. Pourtant, c'était tout sauf un caprice de ma part, j'étais vraiment sérieuse sur ce point ce qui me ressemblait pourtant assez peu. Lety me connaissait et ne fut donc pas surprise de mes paroles, même si elle semblait quelque peu attristée. Le roi, quand à lui continua à me fixer du regard. Il me jaugeait dans tous les sens du terme, et cette fois je me devais de ne pas détourner le regard, il fallait qu'il puisse voir la sincérité de ma détermination.


  • Et bien, jeune fille, vous êtes une véritable énigme. N'importe qui aurait accepté sans demander son reste, mais je peux maintenant voir que vous êtes loin d'être n'importe qui. Pardonnez-moi de vous avoir mal jugé. Je peux comprendre votre point de vue, je dirais même plus, je le trouve admirable étant donné que je possède le même. Aussi étrange que cela puisse paraître, je n'ai jamais considéré mon titre comme un un simple droit de naissance. J'ai toujours tout fait pour le mériter. J'accepte donc votre demande, votre rang de noblesse sera tout de même augmenté, car les orphelins n'ont pas le droit d'intégrer l'armée. Vous choisissez là une voie bien inhabituelle pour une femme ma chère, mais je suis certain que vous êtes la première à le savoir.



C'était donc fait. Avec l'appui du roi, je pouvais enfin intégrer l'armée. Cette décision, je l'avais longuement mûrie. Je voulais tirer un trait sur mon ancienne vie, sans pour autant la renier. J'avais la chance d'être dans un royaume où l'ascension sociale ne faisait pas de différence entre les hommes et les femmes. Bien entendu, l'armée devait être à quatre-vingt-dix-neuf pour cent d'hommes, mais ce n'était pas cela qui allait me décourager pour autant. En y repensant, peut-être qu'en rencontrant Lety pour la première fois j'avais enfin réussi à lever le mauvais sort qui s'était abattu sur moi depuis ma naissance.

Cette fois, je ne pus pas retenir mes larmes et je remerciai le père de Lety qui venait de me donner l'opportunité de bâtir mon propre futur.  

_________________
Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai inventé du début à la fin
Revenir en haut Aller en bas
 
Forsaken age Chapitre 4: Un champ de bataille calme
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le Champ De Bataille, avec OVS
» Au Champ de Bataille
» Champ de bataille "modulaire" GW
» Sainte-Opportune du Bosc et le Champ de Bataille
» UNE VISITE ... sur le champ de bataille de Lobbes - Part I

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Poètes et écrivains du Monde :: 
Fictions & Romans
 :: Fantasy
-
Sauter vers: