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 Le nouvel Aurélius

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Princesse Alice




MessageSujet: Le nouvel Aurélius   Sam 27 Fév - 22:31

La fin est bâclée vous m'en voudrez pas, merci.
J'ai pris grand plaisir et l'augmenterai peut-être de quelques volumes, même si je pense avoir largement bouclé.
Toujours aussi génial de s'y plonger !!!

I love you

Le nouvel Aurélius

J'avais marché jusqu'à saisir au pli de ses yeux ce que je n'avais pu jusqu'alors m'offrir qu'en pensant longuement.

Aurélius vivait. Son amour inépuisable m'offrait tant de plaisirs qu'Etéocle s'était noyé à la surface des conventions.

Mais tout le trouble était là.

Comment avait-il pu compromettre un amour aussi ancien ?

Le monde semble bien souvent me le rappeler, sans crainte, puisqu'il est le fardeau puéril que sont les vertiges des Polinyces, sans teneur en amour et ne vivant qu'en dehors de la mélancolie.

Je me perds encore parfois à penser à notre splendeur, le comparant à Aurélius dans ses airs les plus tendres, pris à la lamentation de son âme dans ses positions les plus fragiles.
Sa beauté, même soustraite au vide de ses propos, acquiesce en moi comme les cymbales du petit singe automate aussi charmant qu'inquiétant, sont mes yeux en revers lisant dans un sage secret.

Comme il est aisé de voir dans les hommes le dessin de leurs habitudes, mon observation d'Aurélius me menait toujours au fracas. Et quel fracas ! Etéocle lui-même, qui aimait l'âge de mon artefact, a perdu le fil dans une masse d'impasses de vies, croisant son regard dans les murs que font les douves à son château ; du guet, rien n'était vu, tout allait en jeux de miroirs poser les certitudes sur la vitre argentée d'un temps pris à l'échafaud des valeurs et de l'engrenage. Sa liesse ne voilait pas sa crainte mais sa crainte voilait sa liesse et entretenait sa tenue.

Je me pris à pleurer, l'équivalence de mon bonheur ne désirait sombrer qu'en celui m'offrant à nouveau la vie, puisse-t-il en recevoir l'hommage vaillant ; puisqu'anciennement j'aurais prié pour qu'il en soit ainsi, dorénavant je préfère le voir dormir pour passer à son visage un moment de quiétude, espérant qu'il en trouve l'espoir de redonner l'assaut à mon âme.

Il aurait aimé donner un nouveau ciel à ma nuit, mais Polinyce a bien tenu déjà ce rôle, ne ménageant aucune halte à son avide désir de tout suppléer.

Ce dernier maniait sa langue à en creuser des avances sur le jour, m'indiquant par où Etéocle plaçait ses pions et ses monarques ; je n'eus donc peu de peine à compter ses dents, à en soulever ses paupières dont plus jamais je n'aurai la saveur.

Sur les remords que plaçaient ses frères à son allée, c'est du frêne qui enrichissait le paysage.

A son dos, je gagnai un assaut formidable ! Et assurai un bois de mille chênes-lièges tortueux prêts à une nouvelle exploitation, je refusai.

Aurélius, encore ; encore, Aurélius.

Je me repris à pleurer, il n'y avait pas de raison. C'était moi qui m'y plaisais.

Les liens ne pourraient être rompus.

J'aurais pourtant aimé subtiliser mes chairs pour rêver qu'il soit possible de me revoir à la lune cueillir quelques prunes prés de l'églantier, modifiant ainsi un parcours pour me détourner de mon éternité.

Il s’agissait bien de moi, de mes choix.

C'est bien moi qui rêve de le voir, accroupi en prière emplie d’incertitudes !

Tout le contraire de ce que je désire vraiment, ce n'est en rien ce que je souhaite.

Mon outrage ne s'autorise que pour moi-même, je n'écris mon amour que pour me maudire car il est facile de trouver Aurélius, de lui faire confiance, de le laisser pénétrer en moi. Jamais autant d'amour ne me fut donné. Ne serait-ce que par expérience ? Ne pouvant médire ce qui n'est impropre, ma retraite le sera dès lors que je serai totalement confondue à sa hauteur, dès lors qu'il n'y aura plus que concupiscence à déduire pour faire exister mon amour, dès lors que j'aurai épuisé tous les venins propres à l'amour, dès lors que j'aurai totalement embrassé de mon âme les contours de mon âme.

Il en était déjà ainsi !

Aurélius avait donc que peu de chances de trouver autre chose que cet amour ancien en moi.

Etéocle !

Je ne lui avais pourtant rien fait.

J'ai toujours mis soin à aimer purement.

Sa langue avait pu me dire en quoi j'étais insuffisante et en quoi lui-même ne se suffisait pas, en quoi le monde renvoyait une image manquée.

Je lui aurais pourtant offerte nettement, plus à lui qu'à un autre, vu la tendresse qu'il avait su partager ; et l'effort que je pourrais donner à renoncer à son amour ne vaudrait jamais celui de l'accepter.

Aurélius comprendrait-t-il un tel faste s'il n'en faisait partie ?

Mon souhait serait qu'il repose ses inquiétudes auprés de son carcan pour goûter à l'autre ou comprendra-t-il enfin qu'il est l'autre que j'ai aimé ?

Je n'ai plus à m'expliquer désormais, il reprendra les cahiers de Rimbaud à la page de "L'époux infernal" et rira en pensant à Polinyce creusant de mystères en mystères sa propre tombe, accompagné d'Alice feignant des sarcasmes pour s'amuser elle-même d'avoir pu faire coïncider "le soleil noir de la mélancolie" au Bosom de Higgs sur le ventre d'Etéocle lui assignant là où frapper pour qu'il puisse défaire les mille chaînes de son frère, pauvre sans royaume.

Aurélius, simple témoin au sourire certain, brodait ainsi à mon torse un millier de perles colorées et asseyait mon corps monstre de chairs.

C'est une alcôve sereine qui m'entoure alors : je peux apercevoir du reste du monde le malheur grandissant du manquement de leurs chers au sacrifice de vie que l'acte d'amour représente : perdus dans de viles représentations du geste, se nourrissant d'images sordides loin de la splendeur que l'art parfois leur amène.

Prend ma main et soit sage Ô mon amour !
Entends qu'il existe quelques chemins
Lointains
Sûrs
Le monde veille au sentier
Voyage au clair du temps
La joie se rue
De villes en borgnes sur les avenues
De l'hiver le printemps est venu
Clore à nos fenêtres les déconvenues
A mes yeux venues
Tes mains à mes mains
Dans un firmament menu.

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Mario
Ecrivain



MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Dim 28 Fév - 10:22

impressionnant
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Ven 4 Mar - 2:00

Aurais-je seulement pu penser qu'Aurélius pourrait entendre que je l'attendais depuis toujours ?

Que je ne savais pas quoi faire d'autre que d'attendre de mon mieux, mes haines envers les Polynices ne tenaient qu'au fait qu'ils reculaient le moment de ma rencontre avec lui ; quoique je l'eusse déjà rencontré de mon esprit, où je pensais un jour voir un garçon aimant m'approcher en me disant de ne craindre non pour lui mais pour moi ; j'aimerai ses mains, ses doigts, ses ongles, et sous ses ongles la peau repliée, puis ses paumes, ses coudes, même ses aisselles pour ses épaules, j'aimerai tout entier. Mon sommeil sera-là le serrant.

J'aimerai pour lui boire la nuit au verre, poser doucement à la table le récipient à demi plein pour lui montrer que j'ai pensé à lui, j'irai à son torse replacer un baiser pour nous accompagner à notre nouvel assoupissement.
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Jeu 10 Mar - 0:21

" [Lettre à Aurélius,]

A mentir si bien Aurelius, j'embrasserai votre peau à travers le pelage.

A votre bouche iront mes baisers, comme elle est superbe, elle ira recueillir à la mienne fleur la grande aspiration.

Je jetterai mon voile et quelques douleurs glisseront du mystère de votre sourire.

Vous avez hier testé le mien, ce fut un rêve de mieux, un accord entendu hors-système à nouveau donné, un vrai manque où tarde de vous voir à nouveau comme moi, de plus en plus beau avec ces enfants naissants les uns avant les autres de mon ventre.

J'ai entamé hier le calcul de votre audace."
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Sam 9 Avr - 14:20

II.

Aurélius avait pris de quoi encore vivre longtemps, il était d'accord avec moi. Je ne me lassais pas de le regarder à la petite fenêtre. Son bonheur assez lisse glissait en fin sourire, comme toujours.

J'oubliais alors le reste pour ne rêver qu'à sa bouche et de l'écrire m'en donnait le plaisir, par avance.

Son temps était désormais inscrit avec une facilité telle que je me demandais comment j'avais pu aimer Etéocle,  enfin... Je savais. Celui-ci en avait tellement emmagasiné la haine que je l'y voyais, simple logique.

Je gardais en moi ce plaisir sachant, encore par avance,  que j'aurai droit à son fléau tandis que Polynice dansait au feu de joie.

Ce n'était plus du désir, désapprobons-nous de ce terme disons plaisir.

Sa tête appuyait à la mienne la couverture du calme, appât, la mienne lui rendait la mouche où son cou s'allongeait le mien lâchait prise et nous nous enfermions en baisers. Les fenêtres ont du bon pour ceci. Le rêve y passe bien, puis je n'aurai de surprise au bruit de son rire.

J'ai j'eus été encore tant Aurélius était beau ! Son visage à la lumière dépassait toute ma symbolique du coude que j'avais bien avant de le voir développé pour palier à mes tristesses de ne pouvoir lui avouer mon amour. J'avais déjà mes pouces  à ses joues  et mangeais la naissance de son nez de travers pour me calmer, me calmer un peu avant de partir.


Dernière édition par Princesse Alice le Lun 11 Avr - 22:02, édité 1 fois
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Lun 11 Avr - 13:11

La symbolique  du coude est aux yeux du monde assez connue, sachez cependant qu'elle fut pour moi une découverte tardive.

J'écrivais déjà depuis longtemps lorsque je m'aperçus qu'un de mes vers, dont je m'étais moi-même étonnée en voyant à quel point je pouvais m'écrire parfois, apparaissait chez Aurélius dans un texte précédent le mien (il me semble).

L'hermétisme du vers en question m'a toujours troublée.

Ayant bien souvent les membres froid du fait d'une maladie, j'exècre à me toucher le tronc pour éviter le sursaut : "Quand son coude froid m'accouchait un poumon", l'expression y était peut-être simplement qu'en partie. Et du moment où je l'avais retrouvé chez lui, je retrouvais régulièrement, sans y prêter d'attention particulière, le sentiment d'avoir perçu ce qui me faisait moi-même autre.

L'air pris ne consistait pas à une attente, le ciel repose de lui-même sur les têtes ; sans quiétude son visage aurait eu une observation différente ; et où les plaines d'eau font de même, les champs poussent.

Les baisers, dont je n'avais (jamais dans un premier temps) été répugnée, devinrent, lors d'un évènement, la source même d'une haine. Les concordances déjointaient les murs préconstruits, sans image, et heurtaient l'ossature même de mon cœur car les choses connotaient un circuit latent totalement passé sous une chape de cris entendus de tous.

Le nœud défait avait mis à jour ce pour quoi je m'étais inscrite au monde. Feu lumière au blanc des yeux, les craintes immolées glaçaient à vif le bloc d'icebergs gisants quasi-inertes sur une mer profonde, tenus d'un cristal encore fraichement fondu. Telle, approchée du quart élevé, j'eus à ployer la trentaine de sèche masse non-transite, stockée au cadre d'un tableau nouvellement tracé : des bannières reprises et chantonnées plus que suffoquées au tintement des glaciers.

Une permission me fut donnée, d'un souffle et en posant mes mains au plus grand d'entre eux, je fus attrapée moi aussi.

Aurélius, en douceurs, me revenait.


Dernière édition par Princesse Alice le Lun 11 Avr - 22:03, édité 1 fois
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Lun 11 Avr - 22:01

III.

Je l'aime comme au premier jour.

Son souvenir est blotti à moi.

Il y a peu de mystères à éclaircir.

Et ses yeux sont à mes ovaires, de la même nature, des enfants précieux que l'on berce.

Les corps ainsi éparpillés sont autant de rambardes à saisir et  accueillent avec calme les oiseaux ; sa main me comprend, elle tend avec leur chant quelques appâts ; le tel  crépitement annonce une ouverture,  l'autre couplet entame  une sérénade offerte aux cœurs  et la fermeture est piquée à son pied pour nourrir ma stupeur.

Les silences s'enchaînaient pour cliqueter dans la nuit et le calme brodait de ses aspirations un contour subtil, une peau de dauphin.

J'allais parfois visiter la volière dont il disposait dans un coin de son jardin. Les couleurs joyeuses m'aidaient à reconnaître son amour. Certains portaient des perles, c'était selon lui une parure qui seyait bien aux volatiles ; mais j'aurai aimé ne pas en avoir pour ne pas m'y reconnaitre aussi. Lorsqu'il s'y posait pour y passer quelques temps, son rire venait résonner jusqu'à la verrière où je cuisinais.

Un jour où il y eut soudain grande pluie, je m'inquiétai de ne le voir rentrer et ce, même si je savais qu'il y avait un abri là-bas. Je partis donc le rejoindre avec quelques biscuits et un verre de lait froid. Il regretta  que je n'eus pas couvert ce verre, alors je dus lui expliquer que l'eau de pluie en nos contrées était pure et que j'avais pensé qu'il lui aurait plu d'en goûter un peu, en lui désignant d'une main les biscuits recouverts d'une cloche de faïence me venant de ma grand-mère paternelle et de l'autre main, la cigarette détrempée qu'il avait au bec.

Il la sortit pour m'embrasser et m'expliqua que cette eau pure l'avait certainement rendue moins toxique.

Comme nous continuions de palabrer sur la toxicité des choses, les oiseaux furent pris d'un stress collectif et se cognèrent dans tous les sens à leur cage. J'eus cru voir mourir Aurélius, vous auriez vu sa peine ! Mes yeux durent se fermer. Il n'a pas crié pour ne pas les affoler plus encore mais il en profita pour me serrer violemment dans un coin de l'abri, je ne pensais pas qu'il aurait pu un jour me faire ça.

M'ayant bloquée les bras d'un des siens, il lui fut plus aisé de finir son ouvrage.
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:16

Monsieur ne cherchait jamais véritablement à m’impressionner.

Mais là, il pleurait, je crus un moment qu'il m'imitait puisqu'en temps de guerre ceci m'est parfois d'usage. Il tremblait lentement et j'avais de la profondeur gardé la marque.

L'écouter était l'inscription même mise à disposition, sauf qu'il s'agissait d'un regard.

Ce regard aussi éteint fut-il, me rappela Etéocle... Si beau, m'appelant de la même sorte en insistant.

Je ne pouvais pourtant plus l'aimer, Aurélius lisait en moi.

La pluie avait cessée. Il but alors son verre de lait et en allumant sa cigarette me guimpa de son charme. Les oiseaux étaient calmés. Il lui ressemblait... Simplement, il allait le devenir.

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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:19

Crying or Very sad Sad  farao Sad  Crying or Very sad
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:20

I love you
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:30

Laughing
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:33

Stop à l'auto-troll ! On en a marre ! GRR GRRR
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:33

C'est MON topic !!!!!!!!!!!

Fuck the systèm !
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:34

Oui oui je vais prendre mes cachets !!!
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:35

Bisous Alice.
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Liam Daläa
Chef Administrateur
Chef Administrateur



MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 13 Avr - 23:46

Ca se voit que tu es allée chez le dentiste. Ca me ferait le même effet.

_________________

Je m'appelle Invité comme tous le monde.

Erik Satie



*
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http://poetesecrivains.forum-actif.net
Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Jeu 21 Avr - 12:39

Merci du com.

Very Happy

Oui et je vais avoir une couronne !!!

Et on va pas tuer la dent !

Une couronne sur une dent vivante.... YES WE CAN !

queen
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Mer 24 Aoû - 23:58

Prose aurélissienne
Réécriture prosaïque en vue de fixer mon esprit à la netteté même.
Oui.

J'avais écrit sur lui de la pointe d'un de mes orteils ; ou bien, était-ce le contraire ?
Peu vous en importe le propos mais il était bien là.
Et de menues portions de pailles immondes ne pouvaient avoir été proposées pour satisfaire une thérapie anodine.
Le sarcophage s'ornait de pierres aux éclats sublimes, je pouvais placer mes doigts à leurs rayonnements pour en distinguer les nuances nouvelles ; puisque d'un baiser tendre il avait laissé aller ses commendations profondes, ses airs distendaient de nouveaux écarts : il préférait s'estimer lui-même à sa garde.
Mon amour prenait ses aises, sa bouche tendre dévalait tout, de rien nous nous sentions encore à noyer, de la sorte, comme au ciel, puis sans arrêt neutres.










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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Sam 10 Sep - 23:46

(petit retour timide donc...)

IV.

Ceci-dit, cette eau pure, et il y avait longtemps que je n'en avais pas consommé (c'est d'ailleurs pour cette raison que j'en avais oublié les effets néfastes), laisse parfois ceux qui en boivent plus de trois gouttes dans un état de régression.

Sans qu'il s'en aperçoive, il lut du Spinoza et particulièrement son Éthique durant un an. Il enregistra toutes les pages dans son esprit. Je me lassai de ses répétitions, c'était pire que d'écouter Etéocle...
Parfois le soir, il caressait un de mes flancs en s'hallucinant. Et il divaguait. Un jour, il m'expliqua d'un air trés sérieux que la singularité d'un esprit était du à son acquisition abstraite de symptômes ne lui appartenant pas, il ne trouva pas d'exemple pour étayer son propos. Je restai persuadée de mon côté que l'esprit original, tel le sien, ne pouvait l'être que justement, par l'acquisition abstraite de symptômes lui appartenant, sans quoi, il n'aurait pu les acquérir, car on ne vole pas des symptômes on les murit ou les mime ! Il me jurait le contraire, qu'il était impossible d'acquérir des notions nous appartenant étant donné qu'elles étaient déjà nôtres ! Et que seule sa théorie était valable!

J'eus donc l'idée de préparer un plan pour le tuer.
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Princesse Alice




MessageSujet: Re: Le nouvel Aurélius   Sam 17 Sep - 20:23

Il me suffisait pour cette fois de le ramener au haut de la colline et espérant qu'il pleuve à grandes eaux, de lui faire avaler grandes gorgées de pluies ; ou bien, d'aller directement à la source le faire nager puis simuler une noyade en le faisant attirer vers moi et les profondeurs.

Dès le lendemain, alors qu'il déjeunait tranquillement, je m'approchai de lui avec un sac à dos et une tenue de randonneuse. Il me dit de suite d'un air enjoué : "Oh ! Nous allons à la "fenêtre" !". Vous comprenez lors ma stupeur... Je ne su répondre d'autre que : "Oui.", imaginant que nous prendrions un détour, ce fut pire.
J'attendis calmement qu'il finisse de dire "Au-revoir" à ses oiseaux quand des cris et un tintamarre se fit entendre vers la volière.
"Chérie ! Chérie ! Viens voir !"
Je traversais donc en courant le jardin pour me retrouver toute essoufflée là-bas, il n'y avait rien, même plus Aurélius. Tournant mes yeux à tous les angles, je cru l'apercevoir dans un coin mais le temps de tourner ma tête ailleurs il me sauta dessus m'écrasant au sol et me baisa la joue en ajouta  : "Tu as eu une si bonne idée, je voulais te faire une surprise.".
Il me tardait vraiment d'en avoir fini avec Aurélius, c'était devenu invivable.
Il ne coiffait même plus ses oiseaux, le sol était souillé de leurs fientes, de leurs plumes ou plutôt de leurs plumes et de leurs fientes.
Nous marchions donc vers la fenêtre, c'était l'automne, déjà son air colorait la forêt et Aurélius voulu me parler de poésie. Je ne pu faire autre chose que de garder le silence. "Nos mères sont plus promptes à nous dire des poèmes que nous le sommes à en faire de bons."
Là Aurélius comprit que je voulais le tuer.
- Il va pleuvoir me dit-il... laisse-moi te faire l'amour avant.
- Aurélius, j'ai tellement donné pour toi, pourquoi en arriver là.
- Ce doit être le hasard des constellations, je n'en ai rien à faire ! Aime-moi encore !
Il était tant à mes pieds que je m'enfonçai au sol pour n'en revenir qu'à mon réveil.
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